Passer la publicité
Passer la publicité

La bombe de Nétanyahou à l'ONU rassure les Israéliens

Benyamin Nétanyahou, à l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi à New York. LUCAS JACKSON/REUTERS

Le premier ministre israélien éloigne la perspective d'une attaque surprise contre l'Iran dans les prochains mois.

Passer la publicité
Passer la publicité

Correspondant à Jérusalem

Le discours de Nétanyahou à l'ONU a paradoxalement soulagé l'opinion israélienne. En fixant une ligne rouge qu'il ne permettrait pas au programme nucléaire iranien de franchir, et en expliquant que l'Iran serait sans doute en mesure d'entamer la construction d'une bombe à l'été 2013, le premier ministre israélien a momentanément mis fin aux spéculations sur la possibilité d'une attaque surprise dans les prochains mois. «On peut en déduire que les risques qu'Israël lance une frappe préventive contre l'Iran dans un futur proche se sont réduits, et sont actuellement proches de zéro ; certainement pas avant les élections américaines de novembre et probablement pas cet hiver non plus», explique dans une tribune du quotidien Yedioth Ahronoth, Ron Ben-Yishai, spécialiste des questions de défense.

La prestation de Nétanyahou à la tribune de l'ONU, traçant au feutre cette ligne rouge sur une bombe de dessin animée a suscité une floraison de détournements humoristiques sur Internet. Représenté en personnage de Tex Avery ou en Docteur Folamour, selon les cas, Nétanyahou a au moins réussi à faire entendre son message. Message principalement adressé aux États-Unis. Washington s'était inquiété ces derniers mois des préparatifs de l'État hébreu, dépêchant successivement en Israël des responsables militaires et du renseignement pour des entretiens confidentiels. Nétanyahou, qui avait tenté publiquement de forcer la main d'Obama, lui demandant de fixer un ultimatum à l'Iran, calme ainsi la polémique, et lève les incertitudes sur la position israélienne.

260 kg d'uranium enrichi à 20 %

Mais si les risques d'une conflagration majeure au Moyen-Orient se sont momentanément éloignés, les clarifications de Nétanyahou n'ont rien résolu, et la nouvelle échéance qu'il a fixée n'est pas si éloignée. Selon Nétanyahou, le seuil critique sera atteint lorsque l'Iran aura réussi à produire les 260 kg d'uranium enrichi à 20 %. La seconde phase serait celle de l'enrichissement à 70 %. À partir de là, quelques mois pourraient être suffisants pour transformer cette matière fissile en 30 kg d'uranium enrichi à 93 %, nécessaires à la construction d'une bombe atomique.

Or Israël et les États-Unis divergent quant aux moyens d'empêcher l'Iran d'atteindre ce stade fatidique. Alors que Washington continue de favoriser la diplomatie et les pressions sur Téhéran, Nétanyahou a répété qu'il ne croyait pas à l'efficacité des sanctions internationales, malgré un rapport interne israélien qui établi leurs effets dévastateurs sur l'économie iranienne. Reste donc l'option militaire d'une attaque contre l'Iran, que le premier ministre israélien voudrait voir brandie par son allié américain. Au cas où Washington refuserait de se lier par un ultimatum, la question de savoir si Israël pourrait y recourir reste donc entière.

LIRE AUSSI:

» Nétanyahou: «L'Iran aura la bombe l'été prochain»

» Les Français d'Israël ne voient pas la guerre arriver

» Obama défend l'Amérique et met en garde l'Iran

Passer la publicité
Passer la publicité
Passer la publicité

La bombe de Nétanyahou à l'ONU rassure les Israéliens

S'ABONNER

Partager via :

Plus d'options

S'abonner
Passer la publicité
Passer la publicité
44 commentaires
  • Allegra Fausto

    le

    Un grand moment comique ! Netanyahu rejoint Kadhafi dans le club très select des chefs d’Etat qui se sont ridiculisés à la tribune de l’ONU. Même les Israéliens se moquent de leur premier ministre et de son dessin niveau CP.

  • LUDOVIC00100005

    le

    Un message choc venant de Moscou, pourrait faire réfléchir l'occident trop naïf, sur le plan militaire, coïncidant avec le discours de B.Nétanyahou: L'usine de Votkinsk produit en série le missile balistique intercontinental embarqué Boulava depuis quatre ans, a annoncé jeudi à Votkinsk l'ingénieur en chef et directeur technique de l'usine Roudolf Kouzine. Il se pourrait que la Russie en possède des centaines, ce fameux missile le plus redoutable au monde. Comme il a fallut aux USA de découvrir à la fin de l'URSS, que l’arsenal soviétique était composé de plus de 500000 têtes nucléaire, et non 16000

À lire aussi