
Les Palestiniens ont menacé, mercredi 21 août, d'engager des poursuites auprès d'institutions internationales contre la construction de nouvelles colonies israéliennes qui pourrait, selon eux, faire échouer les discussions de paix en cours. "Il ne s'agit pas seulement de points sur une carte, mais de mesures délibérées et destructrices qui visent à empêcher la création d'un Etat palestinien", a estimé Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP).
Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont revus mardi à Jérusalem, une semaine après la reprise formelle des discussions. Des premiers contacts directs sous l'égide du secrétaire d'Etat américain John Kerry ont eu lieu les 29 et 30 juillet à Washington, après près de trois ans de gel.
Les précédents pourparlers, en septembre 2010, avaient échoué en raison de la poursuite de la colonisation israélienne. Or Israël a validé la construction de plus de 2 000 logements en Cisjordanie et à Jérusalem-est peu avant la reprise à Jérusalem le 14 août des négociations directes israélo-palestiniennes.
LES ETATS-UNIS INTERPELLÉS
Les pourparlers se déroulent dans la plus grande discrétion et les Etats-Unis refusent de communiquer sur leur teneur. "Le but c'est que les deux parties se parlent. Et c'est à elles de déterminer le résultat final, pas aux Etats-Unis", a martelé la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki à propos du rôle de "facilitateur" de l'émissaire spécial américain Martin Indyk.
Mais pour Hanane Achraoui, "nous ne sommes pas prêts à commettre les mêmes erreurs en participant à des discussions en soi alors qu'Israël continue à prendre des mesures unilatérales", comme la construction de logements dans les colonies. Elle a appelé les Etats-Unis à prendre une position ferme contre la colonisation à l'exemple de l'Union européenne dont une directive publiée en juillet exclut de tout nouvel accord avec Israël, les institutions et les entreprises qui ont des activités en Cisjordanie et à Jérusalem-est annexée. En novembre 2012, une très large majorité des pays ont reconnu la Palestine comme un Etat non membre de l'ONU.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a pour sa part minimisé l'importance de la question des colonies. Selon lui la "racine du conflit a été et reste le refus constant (des Palestiniens) de reconnaître Israël comme un Etat juif et ce quelles que soient ses frontières".
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