La Palestine menace de remettre la Cisjordanie à Israël

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Le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a menacé de dissoudre les autorités de Cisjordanie si les négociations de paix avec Israël restaient dans l’impasse, rapporte le New York Times. Il explique en effet que les échecs des pourparlers compliquent le travail du gouvernement palestinien dans cette zone, écrit jeudi 24 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a menacé de dissoudre les autorités de Cisjordanie si les négociations de paix avec Israël restaient dans l’impasse, rapporte le New York Times. Il explique en effet que les échecs des pourparlers compliquent le travail du gouvernement palestinien dans cette zone, écrit jeudi 24 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Ces insuccès répétés nuisent même tellement à l’image et à l’autorité du pouvoir central que ce dernier est prêt à confier la gestion de la Cisjordanie à Israël. En parallèle le Fatah – parti dirigé par Abbas - et le mouvement islamiste du Hamas ont convenu de la formation d'un gouvernement, de la tenue d’élections et de la légitimation des islamistes au pouvoir dans la bande de Gaza.

"Si les négociations échouaient nous dirions au gouvernement israélien : voici l'Autorité que vous avez saignée à blanc. Vous pouvez la prendre", a déclaré Mahmoud Abbas. Israël devrait alors prendre en charge la sécurité, la santé, l'éducation et le bien-être économique des Palestiniens en Cisjordanie.

2,5 millions de Palestiniens vivent sur ce territoire. Israël ne serait sûrement pas ravi de recevoir un tel cadeau, dans la mesure où ce territoire a un fort potentiel de natalité et serait alors en situation de vacance de pouvoir. Dans ce cas, Tel-Aviv devrait mettre une croix sur le principe de "deux Etats, deux peuples" et se concentrer sur le bien-être des Palestiniens et la sécurité des Israéliens.

La déclaration du dirigeant palestinien précède d'une semaine le "jour J" pour le Proche-Orient : le 29 avril, date qui marque la fin du cycle de neuf mois de négociations où l'on attendait d'Israël et de la Palestine des accords concrets. Les Israéliens ont refusé de relâcher le dernier groupe de prisonniers palestiniens, l'Autorité palestinienne a déposé à l'Onu une requête pour adhérer à 15 agences et traités internationaux - par conséquent le processus de paix a été remis en question. Cette fois, Tel-Aviv et Ramallah négocient sous l'égide des USA la prolongation des consultations au-delà du 29 avril. Mais ils ne parviennent toujours pas à rapprocher leurs positions et on ignore s'ils réussiront à trouver un terrain d'entente.

Abbas a déclaré qu'il était prêt à poursuivre les négociations après le 29 avril si les Israéliens relâchaient le dernier groupe de prisonniers palestiniens, acceptaient de consacrer ces trois prochains mois à la question des nouvelles frontières et suspendaient la construction de colonies.

Ce n'est pas la première fois qu'Abbas menace de dissoudre les autorités qu’il contrôle et de remettre à Israël les clés de la Cisjordanie. Cependant, selon une source proche des négociations, le dirigeant palestinien n'a jamais été aussi près de prendre une telle décision. Dans le même temps, cette idée n'est pas soutenue parmi les dirigeants de l'Autorité. Le politologue palestinien Khalil Chikaki pense que la déclaration d'Abbas est un "cri au secours" et un "signe de désespoir" dans une situation où Israël ne montre aucune compassion envers Abbas, en situation difficile. En réalité, le dirigeant palestinien a 79 ans et n'a pas de successeur : l'idée d’une dissolution de l’Autorité palestinienne n'est donc pas si infondée qu’il n’y paraît. Ghassan al-Khatib, porte-parole du gouvernement palestinien, a déclaré que cela n'avait "aucun sens" : "il s'agit d'une manœuvre rhétorique d'Abbas". Par ailleurs, l’Organisation de libération de la Palestine a l'intention d'étudier le 26 avril les mesures à prendre en cas d'échec des négociations avec Israël. La dissolution de l'administration cisjordanienne en fait partie.

Les Etats-Unis ont déjà réagi à cette nouvelle provenant de Ramallah. La porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a averti que le démantèlement des structures administratives de l'Autorité palestinienne serait inadmissible. Elle a mis en garde contre la détérioration des relations américano-palestiniennes et la suspension de l'aide financière, rappelant que très récemment la Palestine avait reçu plusieurs millions de dollars de la part des USA.

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