La visite du pape François à Jérusalem sous haute sécurité

8000 policiers israéliens, appuyés par des forces spéciales en civil, investiront dimanche la Vieille Ville.
Passer la publicité Passer la publicitéLa Vieille Ville de Jérusalem, véritable «cauchemar sécuritaire» aux yeux des responsables israéliens, sera placée dimanche sous un cataplasme policier visant à prévenir tout incident lors de la visite du Pape au Saint-Sépulcre. Quatre artères entourant l'édifice seront totalement fermées au public tandis que 8000 policiers, appuyés par des forces spéciales en civil, seront déployés dans la cité et aux alentours. «Des unités de démineurs doivent passer avec des chiens dès samedi soir pour inspecter notre magasin avant de poser des scellés sur les portes, que nous ne serons autorisés à rouvrir que lundi matin», explique George, vendeur dans un magasin d'articles religieux au cœur du quartier chrétien.
Prenant acte de l'insistance du Souverain Pontife à ne pas utiliser de voiture blindée, les responsables israéliens ont décidé d'élargir la «zone stérile» mise en place sur son passage. «Le Pape n'a peur de personne, a expliqué le nonce apostolique en Israël, Mgr Giuseppe Lazzarotto. Il vient prêcher, annoncer et demander la paix.» Un exercice auquel les chrétiens de Jérusalem seront peu nombreux à assister, dans la mesure où les trois événements religieux inscrits à son programme sont fermés au public. «On ne pourra même pas le voir arriver à cause des mesures de sécurité», déplore Alfred Raad, un commerçant dont le père et le fils, à l'instar du Pape, se prénomment François. «Après ses bains de foule en Jordanie et à Bethléem, le Saint-Père va visiter une ville fantôme où les chrétiens seront interdits de sortie», dénonce Hind Khoury, ex-déléguée générale de Palestine en France.
En réponse au patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, qui a ironisé sur ce luxe de précautions en évoquant «une overdose de sécurité», un diplomate israélien déplore sous couvert de l'anonymat la controverse naissante, dénonçant «l'hypocrisie» de ces critiques. «Certaines particularités de cette région nous amènent à considérer que la sécurité du Pape ne doit pas être prise à la légère, indique-t-il, mais rien ne lui sera imposé qui n'ait pas été approuvé par les services de sécurité du Vatican.»
La police israélienne semble notamment avoir renforcé la surveillance des extrémistes juifs soupçonnés d'être impliqués dans la récente recrudescence d'actes de vandalismes antichrétiens ou islamophobes. Selon le décompte opéré par la police israélienne, plus d'une vingtaine de méfaits ont été perpétrés depuis le début de l'année. L'église de Tagbha, édifiée à l'endroit où Jésus aurait multiplié les pains, a été profanée fin avril. À Nazareth, l'évêque Giacinto-Boulos Marcuzzo a reçu une missive le menaçant de mort tandis qu'à Jérusalem, le graffiti «Mort aux Arabes, aux chrétiens et à tous ceux qui haïssent Israël» a été inscrit sur un édifice propriété du Vatican.
Le Shin Beth a décidé d'assigner à résidence, jusqu'à mardi, plusieurs activistes soupçonnés de vouloir perturber la visite du Pape. Deux d'entre eux sont domiciliés dans une école talmudique située aux abords du Cénacle, où François doit célébrer une messe lundi après-midi. «Toutes sortes d'individus extrémistes distillent un climat de tension autour de cette visite, a assuré dimanche le chef de la police israélienne, Yohanan Danino, avant de promettre: Nous ne succomberons pas à ces pressions et nous ne les laisserons pas faire.»
D Malone
le
... qu'est ce qu'on s'en fout !!!
LUCIE ORNIAC
le
TREMBLEMENT DE TERRE EN TERRE SAINTE
Samedi matin, un séïsme d'une magnitude 4.1 s'est produit en Israël, sans gravité de ce côté. Alors que le pape François poursuit sa visite aujourd'hui à Bethléem, un important dispositif de sécurité est mis en place afin de prévenir d'éventuels débordements ou actions venant de groupuscules extrémistes en particulier. Cette visite marque un signe fort pour le peuple palestinien qui apprécie la venue du pape François directement sur ses terres. C'est donc avec une grande émotion que doit se dérouler cette journée programmée mais sous haute tension. Côté israélien, le pape est attendu comme "le messie" puisqu'il va se rendre, en hélicoptère lundi à la rencontre des dirigeants et effectuer des prières, hautement symboliques devant le mur des lamentations. A la fin de sa "tournée" en terre sainte, François a souhaité tenir une conférence de presse, dès son retour à Rome. A l'heure où les français se demandent encore s'ils vont aller voter ou pas aux Européennes, seule la météo pourrait peser dans le poids de la balance. Car, de toute évidence, ces élections n'ont rien d'un "rassemblement" propre à instaurer une quelconque paix politique.