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![]() Interview : "Les francophones sont très demandés dans le secteur financier israélien"
Karen Sutton - (KS) : Quelles ont été les raisons qui ont motivées votre alyah ? Michael Gabay – (MG) : Pour moi c’était aussi évident que de respirer ou de me lever le matin. La question était plutôt quand et jamais pourquoi. KS: Quel a été votre parcours depuis votre alyah jusqu’à votre premier emploi en Israël ? MG : Sept années se sont écoulées entre le moment où je me suis installé en Israël et ma première expérience professionnelle. J’ai d’abord étudié au lycée internat de « Kfar Maimon ». J’ai ensuite fait un service militaire adapté aux « olim » qui comprenait,en plus d‘une année de service en uniforme, une année de « Shlichout » en France au cours de laquelle j’ai occupé des fonctions à la direction nationale du DEJJ à Paris. C’est le ministère de l’intégration et l’armée qui financent ces projets.
KS : Avoir fait votre service militaire vous a-t-il aidé à mieux vous intégrer dans le monde du travail en Israël ?
MG : Oui et non. On peut considérer que l’armée facilite l’intégration de manière générale, vous êtes confronté à des cultures et des mentalités différentes donc c’est une bonne préparation à l’entrée dans la vie active. Ce n’est cependant plus un réel facteur discriminant aujourd’hui et encore moins chez les « olim ».
KS: Comment avez-vous trouvez votre premier emploi en Israel ?
MG : Mon premier emploi en Israël je l’ai obtenu en 1998 grâce à ORS, une société de placement intérim qui s’occupait de ce type de recrutement pour la banque Hapoalim. Un ami francophone m’avait donné « le tuyau ». Il s’agissait d’un boulot d’étudiant en contrat à durée déterminé. Suite à un changement de politique salariale interne, les CDD ont été transformés en CDI et c’est ainsi que j’ai eu mon premier vrai contrat de travail en Israël. A l’époque, le français n’était pas encore aussi prisé dans les milieux bancaires israéliens. Aujourd’hui c’est clairement un avantage !
KS: Dix ans plus tard vous êtes toujours dans le secteur bancaire, quels sont les avantages et les inconvénients à travailler dans une banque israélienne aujourd’hui ?
MG : Travailler dans une banque en Israël représente un certain nombre d’avantages. La stabilité de l’emploi aussi appelée la « kviout ». Il s’agit d’un statut unique aux banques dans le secteur privé et qui garanti un emploi, une progression hiérarchique et salariale lente mais certaine au sein de l’organisation.
Sur le long terme, les salaires et les avantages sociaux ne sont pas négligeables de même que les formations que nous suivons durant notre carrière. En bref la banque investit dans ses employés.
Travailler dans une banque israélienne ne peut pas plaire à tout le monde. Il y a un coté quelque peu routinier, l’avancement au mérite une fois par an peut sembler lent et archaïque à certains.
KS : Et l’ambiance ?
Cela dépend ! J’ai travaillé dans des banques où les employés venaient de milieux sociaux très hétérogènes et loin de mes repères habituels. J’ai dû prendre la « tangente » assez rapidement. Pour moi l’atmosphère et la vie sociale au travail ne sont pas qu’une option. Aujourd’hui je travaille à l’agence Touristes et Olim de la Banque Mizrahi à Tel Aviv et je m’y sens bien. Il faut aussi prendre en compte que les centres d’investissement fonctionnent différemment des agences classiques. L’ambiance qui y règne convient bien mieux aux mentalités européennes et françaises.
KS : Avez-vous utilisé vos droits en tant qu’olé ? Quels sont-ils dans un cas comme le votre ?
MG : J’ai effectivement bénéficié de pas mal d’avantages en tant que olé. Tout d’abord j’ai eu droit à la bourse d’étude offerte par l’Agence Juive. Je n’ai donc pas eu à payer mes trois premières années d’étude. La quatrième année n’étant pas prise en charge, je me suis servi cette fois des aides données à ceux qui ont accompli un service militaire par des organismes privés auprès desquels j‘ai été dirigé par l‘unité de conseil aux soldats “libérés” rattachée au Ministère de la sécurité. J’ai aussi bénéficié des réductions octroyées aux immigrants pour l’achat de leur électroménager ainsi que des avantages fiscaux les trois premières années. Il s’agit en fait d’un crédit d’impôt dégressif qui se prolonge sur 42 mois et qui équivaut à environ quinze à seize mille shekels. Dans mon cas, ce crédit d’impôt a été repoussé par mes études, l’armée et la « chlihout ». Il faut bien vérifier ce genre de chose, il serait dommage de s’en priver !
KS : Quelles recommandations donneriez vous à un olé qui cherche un emploi dans une banque israélienne ?
MG : Tout d’abord et avant tout maitriser l’hébreu ! Il n’y a as de raccourcis a ce niveau la ! L’hébreu, l’hébreu et toujours l’hébreu.
Aujourd’hui parler français représente un avantage certain lorsque vous postulez dans une banque.
Faire un oulpan professionnel spécialisé est aussi fortement recommandé. On ne peut pas se contenter du vocabulaire appris pendant un oulpan classique. Donc maitriser l’outil financier c’est bien mais il faut avoir le vocabulaire qui va avec. Des dictionnaires spécialisés sont disponibles et sont d’un grand secours au début.
Pour travailler dans une banque en israélienne il ne faut pas hésiter à réapprendre les bases, à commencer au bas de l’échelle, ne pas avoir peur de passer à la caisse ! Etre au guichet permet dans un premier temps d’apprendre un vocabulaire très spécialisé mais sur des transactions simples. On y apprend aussi la psychologie du client israélien.
L’aliya pour moi c’est avant tout l’école de l’humilité.
Nous avons clairement des avantages en tant que français. Nous sommes plus à l’écoute, nous offrons souvent un meilleur service etc., mais il ne faut pas oublier que l’on vit en Israel. Il faut battre les israéliens à leur propre jeu. Il faut être capable de gérer aussi bien les deux clientèles…Cela arrive au bout de cinq ou six ans, on devient alors quasi indispensable : les français nous demandent en priorité mais aussi les israéliens pour la qualité du service à l’européenne que nous donnons et auquel ils s’habituent facilement.
KS : Quelles recommandations donneriez vous à un olé qui cherche son premier emploi en Israel ?
MG : Ne pas hésiter à aller travailler au guichet au début pendant l’oulpan. Beaucoup de banques embauchent des étudiants qui travaillent en renfort les dimanches et les vendredis.
Les postes de conseillers en investissement ne peuvent être occupés que par les personnes étant détentrice d‘un permis de « yoètz Ashkaot » ( conseiller en investissement) octroyé par la « Reshout lé niarot erech » (l‘équivalent de la COB française ou de la SEC américaine) et cela peut faire varier le salaire jusqu’à 50%.
Si vous briguez un poste de direction il faut parfaitement maitriser l’anglais, on a tendance à l’oublier mais c’est aussi important que l’hébreu dans le monde de la finance.
Ne pas hésiter à parler à des anciens « olé » en poste. Un français ne proposera peut être pas son aide spontanément mais il donnera un coup de pouce si on le lui demande. Le Networking c’est important, il faut « shooter » partout et voir ce qui retombe ! Karen SUTTON Directrice du moteur de recherche www.searchisrael.fr Sandra RENARD
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