Israël a exploité secrètement au moins deux bases militaires clandestines enfouies dans le désert occidental irakien pendant plus d'un an, servant de points de départ et de soutien pour des opérations militaires contre l'Iran.
Selon un rapport détaillé du New York Times, basé sur des témoignages de responsables de la sécurité irakiens et régionaux, les préparatifs pour l'établissement de ces bases improvisées ont commencé dès la fin de l'année 2024, dans le but de localiser des sites isolés pour soutenir les opérations de l'armée de l'air et des commandos israéliens lors de futures missions.
L'une des bases, située dans la région d'al-Nukhaib, aurait été découverte début mars par Awad al-Shammari, un berger local de 29 ans, qui est tombé par hasard sur le site alors qu'il traversait la région en voiture.
Selon ses proches et des commandants régionaux, al-Shammari a réussi à contacter le commandement régional de l'armée irakienne et à signaler la présence de soldats, de tentes et d'hélicoptères autour d'une piste d'atterrissage improvisée. Peu après, il aurait été abattu par un hélicoptère qui poursuivait son véhicule et l'a incendié.
Cette révélation choquante a déclenché d'importantes turbulences politiques et sécuritaires en Irak et à Bagdad, notamment suite aux informations selon lesquelles les systèmes radar irakiens avaient été désactivés pendant les combats menés sous commandement américain afin de protéger les avions américains.
Le lendemain du témoignage du berger, l'armée irakienne a dépêché une force de reconnaissance pour inspecter la zone. L'unité aurait essuyé des tirs nourris, entraînant la mort d'un soldat irakien, des blessures pour deux autres et la destruction de deux véhicules lors de frappes aériennes, contraignant la force à se retirer.
Lors de discussions à huis clos entre le chef d'état-major irakien, le général Abdul Amir Yarallah, et de hauts responsables militaires américains, les Américains auraient confirmé que les forces impliquées n'appartenaient pas à l'armée américaine, confortant ainsi l'évaluation de Bagdad selon laquelle il s'agissait de forces israéliennes.
Suite à cet incident, des commandants militaires irakiens ont été convoqués à une audition parlementaire à huis clos le 8 mars. Le député irakien Hassan Fadham a alors déclaré qu'Israël avait établi un autre avant-poste secret dans le désert occidental. Cette affirmation a été corroborée par la suite par un autre responsable de la sécurité irakienne.
Selon des sources régionales, ces bases assuraient un ravitaillement en vol crucial, réduisant considérablement les distances de vol des avions de l'armée de l'air israélienne. D'après le rapport, la base d'al-Nukhaib est désormais inactive, tandis que le statut du second avant-poste demeure inconnu.