De tous les théâtres d'opérations de ces trois dernières années — de Gaza à la Syrie, en passant par la Cisjordanie et le Liban — la bataille de la crête d'Ali Taher a été la plus complexe à remporter, a déclaré mercredi au *Jerusalem Post* le lieutenant-colonel « M », commandant de l'unité des forces spéciales Egoz.
L'opération visant à s'emparer de la crête, située à la lisière de la zone contrôlée par Tsahal dans le sud du Liban, a duré plusieurs mois ; des dizaines de terroristes — estimés à une cinquantaine — s'étaient retranchés dans le réseau de tunnels jusqu'à ce que l'armée israélienne en prenne le contrôle le 3 septembre.
Tsahal a baptisé « Ciseau de flammes » l'opération destinée à détruire les 14 galeries du site, qui s'étendaient sur une longueur totale d'environ 5,4 kilomètres.
Le lieutenant-colonel « M » a expliqué au *Post* que les défis rencontrés étaient multiples.
Comment une unité d'élite de Tsahal a-t-elle remporté la bataille de la crête d'Ali Taher ?
Tout d'abord, il a souligné que l'ascension de cette crête, culminant à 600 mètres, était extrêmement ardue et ne comportait que très peu de sentiers.
Cette configuration a facilité la tâche du Hezbollah, qui a pu piéger les voies d'accès menant à son repaire souterrain.
Par ailleurs, « M » a indiqué que le nombre de drones explosifs lancés contre les forces spéciales Egoz était sans précédent.
Le capitaine « D », de l'unité d'élite Yahalom (spécialisée dans la guerre souterraine), a précisé au *Post* que la zone entourant le repaire du Hezbollah, ainsi que l'intérieur de celui-ci, étaient truffés de caméras de surveillance et de divers engins explosifs improvisés, à courte et longue portée. Ainsi, un intrus pouvait se croire en sécurité après avoir franchi un premier piège, pour finalement tomber victime du suivant.
« M » et « D » ont tous deux souligné que la topographie du site, parsemée d'énormes blocs rocheux, représentait un défi particulier ; toutefois, les unités Egoz et Yahalom ont su relever ce défi pour ouvrir la voie aux renforts et faire sauter l'ensemble du complexe.
Enfin, les deux officiers ont évoqué l'importante contribution de l'Iran à la conception technologique et tactique de ce complexe, faisant de ce dernier un site unique dans le sud du Liban.