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Israël : Défense au Moyen-Orient

Trois ans de guerre : les données indiquent que Tsahal a frappé 100 000 cibles alors que 31 500 projectiles étaient tirés sur Israël

Trois ans de guerre : les données indiquent que Tsahal a frappé 100 000 cibles alors que 31 500 projectiles étaient tirés sur Israël - © Juif.org

Alors que le pays marquait le troisième anniversaire du début de la guerre sur plusieurs fronts, déclenchée le 7 octobre 2023, les Forces de défense d'Israël (Tsahal) ont publié mercredi de nouvelles données sur leurs opérations sur tous les fronts, allant du nombre de roquettes tirées sur Israël au nombre de sites frappés par l'armée.

La guerre à Gaza a débuté par une invasion menée par le Hamas dans le sud d'Israël, au cours de laquelle des terroristes ont semé la terreur dans des localités, lors d'un festival de musique en plein air et sur des bases militaires, massacrant quelque 1 200 personnes — pour la plupart des civils — et enlevant 251 personnes vers la bande de Gaza.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire visant à renverser le régime du Hamas dans la bande de Gaza, à détruire le groupe terroriste et à libérer les otages. Au lendemain de l'attaque du Hamas, le Hezbollah — groupe terroriste libanais soutenu par l'Iran — a commencé à mener des attaques le long de la frontière nord d'Israël, affirmant agir en soutien à Gaza ; ce conflit a par la suite dégénéré en une guerre totale. Au cours des trois dernières années, Israël a également affronté directement l'Iran à plusieurs reprises, notamment lors de conflits majeurs ayant duré 12 jours en 2025 et 40 jours plus tôt cette année. Les groupes agissant pour le compte de l'Iran au Yémen et en Irak ont ​​également attaqué Israël durant ces hostilités.

Les combats se sont largement apaisés depuis le cessez-le-feu à Gaza en octobre 2025, celui conclu avec l'Iran en avril et la trêve au Liban en juin.

Au total, depuis le début de la guerre, l'armée israélienne a déclaré avoir frappé environ 100 000 cibles, dont 65 000 dans la bande de Gaza, 28 000 au Liban et en Syrie, 4 500 en Iran et 80 au Yémen. La guerre entre Israël et le Hamas a fait plus de 74 200 morts à Gaza, dont plus de 1 400 depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas ; toutefois, ce bilan ne fait pas la distinction entre combattants et civils. L'armée israélienne estime que le bilan global établi par le Hamas est largement exact, les responsables de Tsahal évaluant à deux ou trois le nombre de civils tués pour chaque terroriste abattu.

Tsahal a déclaré avoir tué plus de 24 000 combattants à Gaza, ainsi qu'environ 1 600 autres terroristes à l'intérieur d'Israël lors de l'offensive du 7 octobre.

Selon les données de Tsahal, depuis l'attaque du 7 octobre, l'armée a éliminé quatre dirigeants de la branche armée du Hamas, 17 commandants de brigade (ou officiers de rang équivalent), une trentaine de commandants de bataillon et environ 300 commandants de compagnie.

Tsahal estime que le Hamas n'est plus l'organisation militaire et administrative qu'il était avant le 7 octobre, tout en précisant que le groupe terroriste « continue de tenter de se reconstruire et de se réarmer ».

Gaza reste scindée en zones contrôlées respectivement par Israël et par le Hamas, et les pourparlers visant à obtenir le désarmement du Hamas et la reconstruction du territoire n'ont que peu progressé.

Israël a étendu son contrôle sur la bande de Gaza durant le cessez-le-feu, passant de 53 % initialement à environ 63 % actuellement. Tsahal maintient également une quarantaine de postes militaires dans la partie de l'enclave sous contrôle israélien.

En Cisjordanie, depuis le 7 octobre, Tsahal a arrêté plus de 45 000 Palestiniens recherchés pour interrogatoire, parmi lesquels figuraient des terroristes préparant des attaques imminentes. Plus de 1 100 Palestiniens ont été tués sur ce territoire par les forces israéliennes ou des colons depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne. Tsahal a affirmé que la grande majorité d'entre eux étaient des hommes armés tués lors d'échanges de tirs, des émeutiers ayant affronté les troupes ou des terroristes perpétrant des attaques. Toujours en Cisjordanie, l'armée israélienne a indiqué que ses troupes avaient saisi plus de 3 800 armes ainsi que 46 millions de shekels (15,1 millions de dollars) en espèces destinés à des activités terroristes.

Depuis le début de la guerre, plus de 31 500 roquettes, missiles et drones ont été lancés contre Israël depuis plusieurs fronts, selon les dernières données de l'armée israélienne.

Ce total inclut 10 200 projectiles tirés depuis Gaza — dont au moins 5 000 rien que le 7 octobre —, 20 000 depuis le Liban, une cinquantaine depuis la Syrie, 90 depuis le Yémen et 1 200 depuis l'Iran. L'armée n'a pas précisé combien de drones et de missiles avaient été lancés depuis l'Irak vers Israël au cours du conflit.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les roquettes — dont le nombre se compte, selon Israël, par milliers au minimum — tirées par des groupes terroristes de Gaza mais qui ont échoué et sont retombées dans l'enclave, celles tirées par le Hezbollah qui sont retombées prématurément au Liban, ni les missiles balistiques lancés par l'Iran qui n'ont pas atteint Israël.

Au total, 970 soldats, réservistes et agents de sécurité locaux ont été tués et 6 424 autres blessés dans la guerre depuis le 7 octobre. Parmi eux, 472 ont été tués et 3 004 blessés lors de l'offensive terrestre à Gaza, selon les données de l'armée.

L'armée a indiqué que plus de 70 % des soldats blessés durant le conflit avaient repris du service.

Parmi les 970 soldats tombés au combat, 85 ont été tués par des tirs amis ou lors d'autres accidents liés aux opérations militaires, selon les données de l'armée.

Par ailleurs, le ministère de la Défense a annoncé mardi que plus de 30 000 soldats et membres des forces de sécurité blessés ont sollicité des soins auprès de son département de réhabilitation depuis le début de la guerre.

Environ 63 % d'entre eux sont traités pour des troubles psychologiques, notamment le syndrome de stress post-traumatique, l'anxiété, la dépression et des difficultés liées à la réinsertion dans la vie civile.

Le ministère a indiqué que le nombre total de blessés pris en charge par ce département — toutes guerres confondues — a atteint 91 200 ; ce chiffre devrait dépasser les 100 000 d'ici 2028, la moitié environ devant souffrir de séquelles psychologiques.

Le département de réhabilitation prend en charge les vétérans blessés issus de l'ensemble des services de sécurité israéliens, et pas seulement de Tsahal.

Selon le ministère, parmi les personnes blessées depuis le début de la guerre du 7 octobre, 63 présentent un taux d'invalidité supérieur à 100 % (le niveau de gravité le plus élevé), 249 souffrent de graves traumatismes crâniens, 29 sont aveugles et 106 ont été amputées.

Les données révèlent également que les femmes représentent 8 % des membres des forces de sécurité blessés au cours des trois dernières années, tandis que 62 % des blessés sont des réservistes.

Parallèlement, l'armée a fait savoir que ses effectifs de réserve avaient augmenté d'environ 36 % depuis le début du conflit ; plusieurs nouvelles unités de réservistes ont été créées ces trois dernières années et quelque 22 000 anciens soldats ont repris du service, alors même qu'ils avaient été dispensés de leurs obligations de réserve.

Des centaines de milliers de réservistes ont été mobilisés durant la guerre. Tsahal a précisé que de nouvelles unités d'active avaient également été mises en place au cours des trois dernières années afin d'alléger la charge pesant sur les réservistes.

Cette année, les réservistes combattants devraient effectuer en moyenne entre 80 et 100 jours de service, contre une estimation initiale de 55 jours par an, en raison de « l'évolution des besoins opérationnels ». Lors d'une conférence militaire dimanche, le chef d'état-major adjoint de Tsahal, le général de division Eyal Zamir, a déclaré que l'armée achevait ses enquêtes sur l'offensive du 7 octobre, « consciente de l'ampleur du désastre, mais aussi de la nécessité de ne pas s'y enliser ; il nous faut plutôt apprendre, en tirer des leçons, les mettre en œuvre et aller de l'avant ».

« L'une des leçons majeures du 7 octobre est la nécessité d'élargir la marge de sécurité. Nous devons structurer les forces de Tsahal pour faire face aux défis et aux menaces sur plusieurs théâtres d'opérations. La taille de Tsahal constitue notre profondeur stratégique », a-t-il affirmé, selon un compte-rendu de ses propos publié par l'armée.

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