Des images satellites révèlent que l'Iran fortifie divers sites, se préparant potentiellement à une reprise des hostilités, a rapporté lundi le *Wall Street Journal*.
« L'Iran renforce ses défenses, mobilise ses partisans et menace d'une riposte plus vaste et plus sévère contre les États-Unis et leurs alliés du Golfe, tout en se préparant à d'éventuelles attaques américaines après les élections de mi-mandat et en cherchant à les dissuader », souligne l'article.
Ces informations surviennent dans un contexte de multiplication des rapports suggérant que les États-Unis ou Israël pourraient reprendre le combat contre l'Iran.
Le journal *Maariv* a indiqué ce week-end que les États-Unis avaient fait pression sur Israël pour mener des frappes contre l'Iran. Israël et les États-Unis doivent tous deux tenir des élections prochainement ; d'éventuelles frappes pourraient avoir une incidence sur ces scrutins.
Dimanche, PBS a rapporté que « l'Iran continue de rejeter un accord avec les États-Unis. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a déclaré que Téhéran jugeait "insuffisante" la dernière réponse américaine, alors que les efforts de négociation visant à mettre fin au conflit et à assurer la pleine ouverture du détroit d'Ormuz piétinent. »
Le tableau qui se dessine est celui d'un Iran qui s'efforce toujours de reconstituer son programme de missiles et de drones.
En mars, le Premier ministre israélien avait affirmé que la République islamique n'était plus en mesure de produire des missiles balistiques, durement touchée par les frappes américaines et israéliennes. Des estimations optimistes avaient également été avancées quant au nombre de lanceurs iraniens détruits et de missiles « bloqués » dans leurs dépôts par l'effondrement des voies d'accès.
En avril, le *New York Times* a rapporté que l'Iran procédait à la réparation de ses bunkers de missiles. Le régime a ainsi démontré sa capacité à reconstituer ses capacités militaires.
L'article du *WSJ* note également que « l'Iran a renforcé la protection autour de ses sites nucléaires et d'autres bunkers stratégiques. Le mois dernier, il a mis en place des mesures de défense passive, telles que des levées de terre de fortune autour du site de "Pickaxe Mountain" et du site nucléaire de Natanz, afin de entraver toute tentative d'incursion de forces terrestres, selon des images satellites Vantor analysées par l'Institute for Science and International Security, une organisation à but non lucratif basée à Washington. »
Le rapport cite Behnam Ben Taleblu, directeur principal du programme Iran au sein de la Foundation for Defense of Democracies. « Tant en paroles qu'en actes, la République islamique se prépare activement à la prochaine guerre », a déclaré Ben Taleblu.
L'Iran est un pays immense, environ 75 fois plus vaste qu'Israël et 150 fois plus que le Liban. Israël a peiné à vaincre le Hezbollah au Liban et à éliminer toutes les menaces qu'il représente. Cela illustre la difficulté de localiser l'ensemble des menaces iraniennes. Le nouveau rapport du *Wall Street Journal* (WSJ) est préoccupant à cet égard.
« Des images satellites montrent que l'Iran renforce des sites sensibles, notamment des installations nucléaires et des zones frontalières, afin de les rendre plus résistants aux attaques. Le gouvernement prépare également la population iranienne à une nouvelle guerre : il envoie des forces paramilitaires raconter des récits de guerre à des enfants de maternelle, fait la promotion de formations au tir de missiles antiaériens portatifs et organise des rassemblements », ajoute le rapport.
Il indique également que l'Iran est prêt à se défendre contre divers types de frappes aériennes. Le pays a probablement tiré des leçons de la « guerre des 12 jours » de juin 2025, ainsi que de la série de frappes qui a débuté en février 2026 pour se prolonger jusqu'en mai.
L'Iran continue de menacer le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Les États-Unis s'efforcent de garantir la libre circulation des navires dans le détroit et tentent d'éviter que la crise avec l'Iran n'affecte trop fortement les prix de l'énergie. Toutefois, malgré toutes les mesures prises par les États-Unis, le conflit avec l'Iran reste une situation sans issue claire.
Le *WSJ* a noté que « des responsables iraniens ont laissé entendre que leurs forces pourraient mener des incursions terrestres dans les pays voisins, selon des personnes au fait de ces avertissements ».
Le retrait des forces américaines d'Irak, le 30 septembre, pourrait offrir de nouvelles opportunités à l'Iran. Le pays pourrait tenter de s'infiltrer via l'Irak ou utiliser des milices irakiennes soutenues par Téhéran pour mener davantage d'attaques. Ces milices ont déjà pris pour cible un oléoduc stratégique en Arabie saoudite.
Bien que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) et l'Arabie saoudite aient mené des frappes de représailles en juillet, Riyad reste réticent à l'idée d'affronter simultanément les milices en Irak et les Houthis.
C'est pourquoi le rapport du *WSJ* revêt une telle importance. Il est noté que « Téhéran a, par ailleurs, averti des responsables arabes qu'il pourrait frapper des cibles régionales, notamment des installations pétrolières saoudiennes, en cas de reprise du conflit, selon certaines de ces personnes. »
L'Arabie saoudite réfléchit déjà à la manière de faire face à la menace houthie, qui a visé des aéroports saoudiens ces derniers jours, faisant des morts et des blessés.
La question est désormais de savoir si une reprise des combats par les États-Unis ou Israël donnerait de meilleurs résultats que par le passé.
L'Iran cherche à se reconstruire, ce qui implique également d'accroître son arsenal de drones. Le régime a connu un certain succès en attaquant des bases américaines dans la région ; il a accès, tout comme le reste du monde, aux informations rapportant comment ces attaques ont endommagé des installations et des avions, contraignant les États-Unis à redéployer leurs moyens.