Face à l'opposition politique, le président libanais Joseph Aoun a défendu mercredi l'accord structurel récemment établi avec Israël, affirmant que la voie pacifique de l'État est le seul moyen pragmatique d'éviter un conflit armé et rejetant les allégations selon lesquelles cette initiative compromet l'autonomie du pays.
« Entre la guerre et les négociations, choisissons les négociations, car nous avons déjà essayé la guerre et elle n'a abouti à aucun résultat », a déclaré M. Aoun, cité par l'agence de presse Xinhua.
Il a souligné que cet accord fournit un cadre diplomatique aux pourparlers à venir visant à obtenir le retrait militaire israélien du territoire libanais souverain, à faciliter le rapatriement des citoyens déplacés et à obtenir un soutien international.
Qualifiant l'accord de « meilleure option possible » compte tenu du contexte géopolitique actuel, M. Aoun a ouvertement mis au défi ses détracteurs de proposer une alternative viable, faisant remarquer que des décennies d'affrontements militaires n'avaient pas permis de régler les griefs de longue date de Beyrouth envers Israël.
Négocié sous l'égide d'intermédiaires américains et finalisé officiellement à Washington vendredi dernier, cet accord diplomatique vise à instaurer une structure de sécurité transfrontalière durable et à préparer le terrain pour une vaste initiative de paix régionale.
L'accord a suscité de vives critiques de la part des opposants à Aoun, et notamment du Hezbollah, organisation terroriste qui, outre sa branche armée, exerce une forte influence politique au Liban.
Le Hezbollah a refusé de désarmer, comme le stipule l'accord, et a déclaré : « Sans le Hezbollah, rien ne se fera. »
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a fermement condamné l'accord-cadre, le qualifiant d'« humiliant et honteux » et affirmant qu'il équivaut à une capitulation de la souveraineté libanaise.
« Où est la responsabilité du gouvernement quant à la souveraineté libanaise et son engagement en faveur du cessez-le-feu ? », a exigé Qassem, ajoutant que l'accord « n'a aucune légitimité ».
Bien qu'ayant accepté d'entamer des pourparlers avec Israël, Aoun a rejeté l'idée d'une rencontre en face à face avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, comme l'avait suggéré le président américain Donald Trump.
Aoun a clairement indiqué qu'un sommet de haut niveau avec Netanyahu était pour l'instant hors de question, soulignant que la cessation des hostilités devait être la priorité absolue avant toute discussion politique directe.