Lors du septième cycle de négociations menées sous l'égide des États-Unis, la délégation libanaise a exigé d'Israël qu'il divulgue le nombre et les conditions de détention des prisonniers libanais détenus en Israël, rapporte An-Nahar.
En réponse, la délégation israélienne a demandé des informations sur le sort de onze Juifs disparus ou tués au Liban depuis les années 1980, ainsi que la restitution de leurs dépouilles. Parmi eux figure notamment le navigateur israélien Ron Arad, disparu en 1986.
Selon An-Nahar, l'un des principaux quotidiens libanais, farouchement anti-Hezbollah, Israël a fondé sa demande sur les dispositions de l'accord-cadre exigeant des efforts pour localiser et rapatrier les personnes disparues. Les autorités libanaises ont toutefois affirmé que cette demande était impossible à satisfaire compte tenu des capacités limitées de l'État.
Des sources ont indiqué à Asharq Al-Awsat que la délégation israélienne « a exigé la restitution des dépouilles des Juifs libanais tués pendant la guerre civile et des informations sur le sort des Juifs libanais disparus durant ce conflit, notamment dans les années 1980 », ainsi que des informations sur Ron Arad « ou la restitution de sa dépouille ».
Ces mêmes sources ont insisté sur le fait que le gouvernement libanais « ignore tout des dépouilles des Juifs, et ignore tout de Ron Arad », accusant Israël de formuler ces exigences pour « justifier son refus de coopérer sur le dossier des détenus libanais et pour embarrasser l'État libanais, qui ne dispose d'aucune information » à ce sujet, a ajouté le site.
Des sources libanaises ont accusé Israël de mener une « politique de diversion délibérée » visant à éviter toute discussion sur les 34 détenus libanais qu'il prétend détenir et à détourner l'attention de ce qu'elles considèrent comme des violations israéliennes au Sud-Liban, notamment des actions contre des positions de l'armée libanaise.
Parmi ces détenus, dix sont des terroristes du Hezbollah, trois étaient emprisonnés en Israël, deux sont des infirmières disparues alors qu'elles accompagnaient des terroristes du Hezbollah, et les 21 autres sont des civils, rapporte Asharq Al-Awsat. Une liste obtenue par le site indique que neuf personnes ont été arrêtées pendant la guerre qui a éclaté en mars, tandis que 22 l'ont été entre octobre 2024 et février 2026.
Par ailleurs, le journal Al-Akhbar, affilié au Hezbollah, rapporte qu'Israël a également soulevé la question d'un nombre important de Juifs décédés et enterrés dans des cimetières juifs à Beyrouth et à Saïda. Avant la guerre des Six Jours, des milliers de Juifs vivaient au Liban, perpétuant une présence juive séculaire dans le pays. Selon Ynet, la population juive du Liban a culminé entre 12 000 et 20 000 personnes.
Par ailleurs, une source diplomatique libanaise a indiqué à Al Mayadeen, chaîne proche du Hezbollah, qu'aucune nouvelle session de négociations entre le Liban et Israël n'était prévue le mois prochain.
Dans le même temps, Asharq Al-Awsat a rapporté que le Liban et Israël s'étaient entendus pour poursuivre les discussions.