L’Albanie a finalisé, au cours du week-end, son accord de participation à la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza. Des officiers de liaison albanais devraient être déployés dans la région en novembre, selon un communiqué du « Board of Peace » (Conseil pour la paix), une instance soutenue par les États-Unis.
Cette avancée constitue un nouveau pas, modeste, vers la constitution de la force multinationale chargée de patrouiller dans la bande de Gaza, dans le cadre du plan de paix en 20 points du président américain Donald Trump. La mise en œuvre de ce plan est toutefois largement au point mort, en raison de désaccords portant sur le désarmement du Hamas, le retrait des troupes israéliennes et les modalités de déploiement de cette force.
L’accord, signé vendredi lors d’une cérémonie en présence du commandant de l’ISF, le général de division américain Jasper Jeffers, et de hauts responsables albanais de la défense, engage l’Albanie à fournir un « soutien aux opérations de sécurité » ainsi que des « capacités de planification opérationnelle » pour la mission de l’ISF à Gaza. Le « Board of Peace », chargé de superviser le plan pour Gaza dans l’après-guerre, n’a pas précisé les effectifs que l’Albanie compte engager, ni la date à laquelle ils pourraient entrer dans la bande de Gaza.
Par ailleurs, le ministère de la Défense du Kosovo a indiqué cette semaine au *Times of Israel* qu’il était prêt à déployer des troupes à Gaza, précisant toutefois que leur arrivée dépendait de la capacité de l’ISF à les accueillir.
La contribution prévue par le Kosovo comprend une équipe de déminage (EOD – *Explosive Ordnance Disposal*), un commandant de contingent faisant office d’officier de liaison, ainsi que du personnel supplémentaire, a précisé le ministère dans une réponse écrite, sans toutefois indiquer l’effectif total du contingent.
« L’équipe de déminage du Kosovo est prête et sera déployée dès que l’ISF sera en mesure de l’accueillir. Le calendrier du déploiement sera fixé par l’ISF, en coordination avec les autorités compétentes et en fonction de l’état de préparation de la mission », a déclaré le ministère. Il a ajouté que des forces partenaires avaient assuré la formation du personnel kosovar en mai, faisant suite à une visite de reconnaissance effectuée le 26 avril à Gaza par une équipe de la Force de sécurité du Kosovo, destinée à évaluer la zone où ses troupes devraient opérer.
« Les missions spécifiques confiées au personnel kosovar seront définies en coordination avec l’ISF, au fur et à mesure du développement de la mission », a conclu le ministère. Le 7 septembre, le Kosovo a officiellement signé son accord de participation avec le « Board of Peace » (Conseil pour la paix) et l’ISF (Force internationale de sécurité), rejoignant ainsi le Maroc, le Kazakhstan et d’autres pays ayant engagé des troupes au sein de cette force ; le déploiement de l’ISF a toutefois subi des retards répétés.
Une petite délégation de soldats kosovars est arrivée en Israël en juillet — un mois après l’arrivée d’une délégation similaire en provenance du Maroc — dans le cadre des préparatifs préliminaires de la mission.
Un responsable du « Board of Peace » a indiqué la semaine dernière au *Times of Israel* que près de 500 membres du personnel marocain avaient également suivi, depuis fin août, une formation dispensée par l’ISF.
Ces préparatifs s’intensifient malgré l’incertitude persistante quant à la date à laquelle l’ISF commencera ses opérations à Gaza. Selon le plan soutenu par les États-Unis, l’ISF a pour vocation de contribuer à sécuriser les zones évacuées par les troupes israéliennes, de soutenir le processus de désarmement, de former la police palestinienne et de protéger les opérations humanitaires, tout en facilitant l’installation d’un comité de technocrates palestiniens chargé de gouverner le territoire.
En juillet, le cabinet de sécurité israélien a approuvé un cadre juridique autorisant l’entrée limitée d’un contingent d’environ 200 soldats internationaux, sous réserve d’une nouvelle autorisation de la part d’Israël. Initialement, cette force devait assurer la sécurité d’une zone humanitaire pilote, envisagée dans le secteur de Rafah, au sud de Gaza.
Cependant, aucun déploiement opérationnel n’a eu lieu, le « Board of Peace » peinant à obtenir l’aval d’Israël sur plusieurs points clés du plan, notamment l’installation d’une base de l’ISF près de la « Ligne jaune », du côté de la bande de Gaza contrôlé par Israël.
La semaine dernière, le responsable du « Board of Peace » a exprimé l’espoir que les progrès s’accéléreraient après les élections israéliennes de cette semaine, précisant que le « Board » continue de collaborer avec les autorités israéliennes malgré les pressions politiques liées au scrutin.
Des désaccords subsistent entre Israël et le « Board » concernant l’ordre chronologique des retraits israéliens et de la reconstruction de Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu soutient que le Hamas doit être totalement désarmé et Gaza démilitarisée avant toute avancée, tandis que le « Board » préconise un retrait progressif, conditionné à un désarmement vérifié.