Deux soldats de Tsahal ont été tués dans des incidents distincts survenus dans le sud du Liban au cours du week-end, a annoncé l'armée samedi soir. Les combats avec le groupe terroriste Hezbollah se poursuivent malgré la trêve de principe en vigueur entre Israël et le Liban.
Le capitaine Shahar Gamla, 23 ans, commandant adjoint d'escouade au sein de l'unité Egoz de la brigade commando, originaire de Natur, a été grièvement blessé par un drone du Hezbollah jeudi soir, a indiqué l'armée.
Transporté à l'hôpital, il a succombé à ses blessures samedi matin.
Dans un incident distinct survenu vendredi, le sergent Ohad Yaari, 21 ans, du bataillon Shaked de la brigade Givati, originaire de Rehovot, a été tué par un tir accidentel présumé dans le sud du Liban, a ajouté l'armée.
Tsahal a précisé que les circonstances de l'incident font l'objet d'une enquête de la police militaire.
Ces incidents meurtriers surviennent alors qu'Israël poursuit ses bombardements intensifs sur le sud du Liban. Samedi, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé environ 150 infrastructures du Hezbollah dans la région au cours du week-end.
Selon Tsahal, les cibles comprenaient des dépôts d'armes, des centres de commandement, des lance-roquettes et d'autres infrastructures.
Plus tôt samedi, l'armée a ordonné l'évacuation massive d'une grande partie du sud du pays, demandant aux habitants de se réfugier au nord du fleuve Zahrani avant les frappes de Tsahal contre le Hezbollah dans la région.
L'hôpital Hiram de Tyr, dans le sud du Liban, a annoncé qu'une de ses infirmières avait été tuée lors d'une frappe alors qu'elle se rendait à son travail.
L'armée israélienne a également mené plusieurs frappes dans l'est du Liban, selon les médias d'État libanais.
Le Hezbollah a quant à lui affirmé avoir ciblé des troupes israéliennes dans le sud du Liban, ainsi qu'une position d'artillerie près de la frontière israélienne. Les sirènes ont retenti toute la journée dans le nord d'Israël en raison des attaques de drones en cours.
Par ailleurs, un drone appartenant vraisemblablement au Hezbollah a frappé une zone proche des forces israéliennes dans le sud du Liban, a annoncé l'armée samedi soir. L'incident n'a fait aucun blessé.
De son côté, le chef d'état-major de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a quitté le Liban samedi pour le Pakistan, où il devait rencontrer son homologue pakistanais, a indiqué l'armée libanaise. Selon une source citée par l'AFP, cette visite est liée aux négociations plus larges entre l'Iran et les États-Unis.
Dans un communiqué, l'armée a précisé que M. Haykal « a quitté le Liban pour la République islamique du Pakistan, à l'invitation de son homologue pakistanais, le maréchal Syed Asim Munir ».
Une source proche du dossier a confié à l'AFP que la visite de M. Haykal était « liée à la médiation pakistanaise visant à résoudre » les différends entre les États-Unis et l'Iran.
« Le Liban est un acteur crucial des négociations », a ajouté la source, sous couvert d'anonymat.
Munir est le principal négociateur d'Islamabad entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre, dans laquelle le Liban a été entraîné lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'assassinat, le 28 février, du guide suprême iranien par les États-Unis et Israël.
Israël a riposté par une vaste campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre, et les échanges de tirs avec le Hezbollah se poursuivent malgré un cessez-le-feu en vigueur.
L'Iran insiste pour que le Liban soit inclus dans tout accord avec les États-Unis visant à mettre fin à la guerre régionale. Mais le président libanais Joseph Aoun a déclaré, dans une interview accordée à CNN et diffusée vendredi, que l'Iran devait cesser de s'ingérer dans les affaires du Liban, qui a entamé ses propres pourparlers directs avec Israël.
« Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre », a-t-il déclaré. « Vous n'avez pas à vous ingérer dans nos affaires. »
« Ils utilisent le Liban comme monnaie d'échange dans leurs négociations avec les États-Unis. C'est inacceptable », a-t-il ajouté.
Une nouvelle trêve conditionnelle a été annoncée cette semaine à Washington par des émissaires libanais et israéliens. Elle exigerait du Hezbollah qu'il cesse les hostilités, se retire des abords de la frontière israélienne et que l'armée libanaise se déploie dans de nouvelles « zones pilotes » où elle exercerait un contrôle exclusif.
Le Hezbollah a cependant rejeté cet accord, exigeant un retrait total des forces israéliennes du territoire libanais.