Le président américain Donald Trump a averti lundi soir que les États-Unis pourraient, si nécessaire, frapper le site nucléaire iranien de « Pickaxe Mountain » en l'espace d'une heure, tout en se disant convaincu que Téhéran était disposé à parvenir à un accord diplomatique.
Dans un entretien accordé à Sean Hannity sur la chaîne Fox News, M. Trump a réitéré sa détermination à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
« Nous ne pouvons pas laisser l'Iran — une nation maléfique, responsable de la mort de nombre de nos concitoyens (l'élimination de Soleimani en est un exemple) — se doter de l'arme nucléaire. Et nous ne le permettrons pas », a déclaré M. Trump.
Interrogé sur l'éventualité de nouvelles frappes militaires, le président a laissé entendre que les États-Unis pourraient rapidement cibler les infrastructures nucléaires iraniennes restantes.
« Nous avons neutralisé tout leur potentiel nucléaire. Il faudra peut-être nous en prendre à "Pickaxe [Mountain]", mais ce n'est pas un problème. Nous pouvons le faire — littéralement, en une heure — quand nous le voulons, au moment où nous le décidons. »
M. Trump a par ailleurs réfuté l'idée que la confrontation actuelle avec l'Iran puisse être qualifiée de « guerre », arguant que l'absence de combats prolongés, combinée à la forte pression économique exercée sur Téhéran, distingue la situation actuelle d'un conflit militaire conventionnel.
« Qu'est-ce qu'une guerre, au juste ? Une guerre implique des combats. Pensez à la Première ou à la Seconde Guerre mondiale... Quand nous a-t-on vus, pour la dernière fois, engagés dans des combats contre eux ? Il se passe des mois entiers. Nous discutons. Ils ne sont pas en position de force pour négocier. Leur économie s'effondre à cause de nous. Ils subissent une inflation de 301 %. Ils n'ont plus d'argent. Ils ne paient plus leurs soldats ni leurs forces de police. Nous ne sommes pas en guerre. »
Le président a affirmé que les opérations militaires américaines avaient infligé des dommages considérables aux forces armées iraniennes, notamment à leur marine, tout en soulignant qu'une solution négociée demeurait, selon lui, envisageable. « C’est une guerre très feutrée. Nous leur avons porté un coup dur — vraiment très dur — qui a neutralisé leur marine : 159 navires ont été mis hors de combat. Mais on ne peut pas vraiment parler de guerre en cours. Cela pourrait arriver s’ils ne parviennent pas à un accord, mais ils tiennent absolument à en conclure un ; il y a donc de très bonnes chances que nous parvenions à un accord », a-t-il déclaré.
L’interview de Trump a été diffusée quelques heures après que le *Wall Street Journal* a rapporté que les forces américaines avaient mené une frappe, lundi, sur l’île iranienne de Qeshm, dans le cadre d’une campagne — jusqu’alors tenue secrète — d’opérations militaires limitées contre des cibles iraniennes.
Un haut responsable américain a par la suite confié au site *Axios* qu’un avion de combat américain avait détruit un lance-missiles sol-air sur l’île, après que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a tiré un missile antiaérien depuis cette position. Ce responsable a qualifié l’opération d’acte de légitime défense.
Selon le *Wall Street Journal*, Washington mène depuis plusieurs semaines des frappes de moindre envergure contre l’Iran, sans toutefois les rendre publiques. Des responsables américains ont décrit certaines de ces opérations comme des mesures défensives visant à empêcher l’Iran de menacer les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Un responsable a précisé que l’administration avait délibérément évité de communiquer sur ces attaques, afin d’éviter de donner l’impression qu’elle envisageait de reprendre des opérations de combat à grande échelle.
Plus tôt lundi, avant la parution de ces informations, Trump avait écarté l’idée qu’un nouveau conflit de grande ampleur puisse survenir à la suite des élections de mi-mandat de mardi.
« Nous avons eu une guerre avec l’Iran. Nous avons gagné », a déclaré Trump aux journalistes. « Je ne sais même pas si l’on peut parler de guerre, étant donné qu’aucun combat n’a eu lieu depuis des mois. »
Il a par la suite exprimé son optimisme quant à la possibilité que des négociations aboutissent à un accord permettant la réouvertue du détroit d'Ormuz et la fin du programme nucléaire iranien, soulignant que la baisse des cours du pétrole témoignait d'une certaine confiance dans une issue diplomatique.
« Les prix du pétrole CHUTENT VERTIGINEUSEMENT — en recul de près de 10 dollars le baril, un record — car les gens estiment qu'il n'y aura pas de guerre avec l'Iran. L'Iran souhaite parvenir à un règlement, et ce, dans les plus brefs délais. C'est tout à fait envisageable ! » a écrit Trump sur Truth Social.