Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié la lettre adressée à Téhéran par le vice-président américain JD Vance de « pas positif » vers une reprise des discussions entre les deux pays, dans des déclarations faites vendredi à la chaîne Al Jazeera.
Selon le Wall Street Journal, Téhéran a reçu cette lettre mercredi, mais n'y a pas encore répondu officiellement.
« La tentative de la partie américaine d'ouvrir la porte au dialogue et, plus largement, à une forme d'entente, constitue un pas positif », a déclaré M. Araghchi au média basé au Qatar, précisant que Téhéran avait « tenu des réunions de haut niveau » au sujet de ce courrier.
Il a ajouté que l'Iran ne prévoit aucune rencontre avec des responsables américains, qualifiant les informations faisant état d'une telle réunion de « simples spéculations médiatiques ».
« Nous ne voyons pas la nécessité de rencontrer les Américains pour le moment », a-t-il affirmé. « Nos conditions sont claires, et les médiateurs poursuivent leurs consultations à ce sujet. »
Il a indiqué à Al Jazeera que les États-Unis devaient satisfaire aux conditions posées par l'Iran pour que des pourparlers, directs ou indirects, puissent avoir lieu.
M. Araghchi a par ailleurs averti que « ce serait une erreur de plus » de la part des États-Unis si leur « objectif, en envoyant cette lettre [de Vance], était de semer la discorde ».
« Nous n'écartons aucune possibilité quant au déclenchement d'une guerre, et nous sommes préparés à tous les scénarios », a-t-il déclaré. « Nous avons modernisé notre armement, remédié à nos vulnérabilités et testé de nouveaux équipements ; nos forces sont au plus haut niveau de préparation. »
Concernant le dossier nucléaire, M. Araghchi a fait savoir, toujours selon Al Jazeera, que Téhéran en était à la « deuxième phase » de l'examen des propositions formulées par les médiateurs.
« Mon adjoint se trouve actuellement au Qatar pour poursuivre les consultations », a précisé M. Araghchi. « Les médiateurs qataris et pakistanais continuent leurs échanges au sujet de nos conditions. »
Il a ajouté que l'Iran était parvenu, par l'intermédiaire de ces médiateurs, à un arrangement permettant de ramener à deux jours le délai de mise en œuvre de la proposition de Téhéran.
« Nos conditions incluent la levée des sanctions imposées à la suite du mémorandum d'Islamabad, ainsi qu'une réduction de la présence militaire américaine dans la région », a déclaré M. Araghchi à Al Jazeera. « Nous exigeons le rétablissement des dérogations sur le pétrole et le dégel de tous nos fonds, y compris ceux qui sont détenus au Qatar. » « La réouverture du détroit d’Ormuz, conformément à nos conditions, ouvre la voie à la reprise des négociations avec Washington sur les questions en suspens », a-t-il souligné.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a également affirmé que Téhéran « ne cédera pas » face aux États-Unis.
« Nous continuerons à rester fermes et à résister, et nous surmonterons cette phase difficile grâce à nos propres capacités », a-t-il déclaré.