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Blog : Torah-Box?Houkat ? Colère et Émouna« Hachem dit à Moché et à Aharon : "Puisque vous n’avez pas cru en Moi pour Me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, c’est pourquoi vous ne ferez pas venir cette assemblée dans le pays que Je leur ai donné." » (Bamidbar 20,12) Rachi explique l’expression « pour Me sanctifier » : Si tu avais parlé au rocher et qu’il eût fait sortir de l’eau, J’aurais été sanctifié aux yeux de la Congrégation… La Parachat ’Houkat relate l’un des passages les plus insondables de la Torah – l’erreur de Moché Rabbénou à Mé Mériva, à cause de laquelle il fut puni et ne put pas entrer en Erets Israël. La nature exacte de la faute de Moché est très floue, ce qui rend cet épisode difficile à comprendre, dans la mesure où les commentateurs proposent différentes explications sur cette faille et s’opposent aux opinions de leurs pairs. [1] Le Rambam estime que Moché n’aurait pas dû se mettre en colère contre le peuple et répondre à leurs demandes d’eau en disant : « Écoutez, rebelles ! Allons-nous chercher de l’eau dans ce rocher ?! »[2] Quand le peuple vit la grande colère de son chef, il se blâma, pensant avoir irrité Hachem avec sa demande d’eau alors que ce n’était pas le cas. Ainsi, Hachem dit à Moché qu’Aharon et lui s’étaient « rebellés contre Ma parole »[3] en faisant croire au peuple qu’ils avaient irrité Hachem alors que c’était faux. Le Ramban rejette vertement l’interprétation du Rambam. Il explique qu’Hachem n’a jamais fait de remarque à Moché quant à sa colère et que Sa critique ne portait donc pas sur cette attitude, mais sur le manque d’Émouna de la part de Moché qui ne crut pas assez en Hachem pour Le sanctifier. Le Ramban demande quelle est la faille de la colère. [4] Le Maharal[5] répond à cette question en abordant une autre question posée par le Mizra’hi sur Rachi. Ce dernier affirme que l’erreur de Moché fut de frapper le rocher au lieu de lui parler. Cependant, dans un autre endroit, lorsqu’il fait allusion à la faute de Mé Mériva, Rachi[6] déclare que Moché fut puni pour avoir dit : « Écoutez, rebelles ! ». Le Maharal répond que ces deux péchés sont en réalité une seule et même chose, et que leur origine est la colère. Moché s’adressa durement au peuple à cause de sa colère, et cette même colère l’incita à frapper le rocher. Si une personne fait véritablement confiance à Hachem, elle aura en permanence un tempérament calme et serein. Faire preuve d’un tempérament aussi plaisant face à la difficulté constitue un Kiddouch Hachem et prouve une pure Émouna en Hachem, quelle que soit la situation vécue. Si Moché avait réagi à la demande du peuple avec calme, faisant preuve d’Émouna et montrant qu’il était satisfait, il lui aurait enseigné une précieuse leçon de foi en Hachem. Or, en se mettant en colère à cause de leur demande d’eau, il ne montra pas, à son haut niveau, suffisamment d’Émouna pour rapprocher le peuple d’Hachem. Cette approche peut également résoudre le désaccord entre le Ramban et le Rambam. En se mettant en colère, Moché ne parvint pas à manifester suffisamment de Émouna, d’où les critiques d’Hachem à son égard. Le lien entre la colère et le manque de Émouna est mis en évidence par ’Hazal qui comparent la colère à l’idolâtrie, la Avoda Zara.[7] Une personne se met en colère lorsque les choses ne se passent pas comme elle l’avait prévu ; elle se fâche alors contre les résultats. Il s’agit d’une sorte d’idolâtrie, dans le sens où la personne s’adore elle-même, s’estime l’arbitre du bien et du mal, au lieu de se soumettre au fait qu’Hachem dirige le monde et sait mieux que lui où se trouve le bien. On peut expliquer différemment le rapprochement entre la colère et la 'Avoda Zara. Quand quelqu’un se met en colère, il perd tout sens de l’équilibre et de la sensibilité et est enclin à agir de manière stupide. Quant à l’adoration d’idoles, elle indique un manque de bon sens et une sorte de folie à penser qu’une puissance extérieure et autre qu’Hachem puisse être la source de son bien-être. Ce faux dieu n’a pas besoin d’être littéralement une idole, mais il peut s’agir d’un gain d’argent, de son patron, d’une dépendance ou de toute autre chose à laquelle on attribue du pouvoir. Moché Rabbénou, malgré son niveau sublime, succomba à la colère dont les conséquences sont dévastatrices. Puissions-nous tous mériter d’éviter ce terrible défaut.
[1] Voir Ramban, Ibn Ezra, Kli Yakar, Abarbanel sur ce verset. Le Or Ha'haïm ne propose pas moins de dix opinions différentes. Dans ce Dvar Torah, nous nous concentrerons sur les explications de Rachi, du Maharal et, dans une moindre mesure, du Rambam. [2] Bamidbar 20,10. [3] Bamidbar 20,24. [4] Ramban, Bamidbar, Chapitre 20. [5] Gour Arié, Bamidbar 20,12. [6] Rachi, Bamidbar 11,22. [7] Voir la Guémara, Chabbat 105b. Ajouter votre commentaire !
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