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Blog : Torah-Box

Pourquoi le juif dérange...

Il y a des choses qui, si on les regardait un instant sans filtre idéologique, apparaîtraient dans toute leur absurdité. Comme celle-ci : un peuple minuscule, qui ne représente qu’un deux-millième de l’humanité, a offert au monde plus de 20 % des Prix Nobel. Il soigne, il enseigne, il pense. Il a donné Einstein, Freud, Jonas Salk, Baruch Blumberg, Daniel Kahneman, Niels Bohr. Il ne vous convertit pas, ne vous colonise pas (malgré les idées reçues !), ne vous menace pas. Et pourtant — il dérange. Mieux encore : il déclenche une fureur planétaire dès qu’il ose affirmer sa légitimité, son droit à l’existence, ou son refus de disparaître.

Pourquoi ? Pourquoi tant de hargne contre un peuple qui, dans sa majorité, ne réclame qu’une chose : qu’on le laisse vivre selon ses convictions ? Pourquoi ce besoin, presque hystérique, de scruter chacune de ses actions, d’exiger de lui une perfection qu’on n’attend d’aucun autre ?

Peut-être parce qu’en le discréditant, en traquant la moindre de ses aspérités, l’Occident tente de se convaincre de la validité de son propre modèle. Un modèle qui s’effrite à vue d’œil, un modèle qui détruit ce qu’il touche. Et Israël, lui, persiste à croire. En D.ieu. En la famille. En la vie. C’est insupportable.

Posons-nous cette question : et si la haine d’Israël était devenue la dernière idéologie structurante de l’universalisme post-moderne ? Un universalisme sans racines, qui veut l’amour sans règles, la paix sans la morale, l’humanisme sans l’éthique.

Dans un enseignement visionnaire le Rav Kook[1] écrit :« L’amour de l’humanité sans Torah finit toujours par mener à la haine d’Israël. »

Pour le Rav, c’est là que réside le cœur du problème : le choc entre deux conceptions irréconciliables. D’un côté, la Torah qui enseigne la soumission de l’homme à une volonté divine supérieure. De l’autre, une modernité qui cherche à placer l’homme au centre de tout, sans transcendance, sans limites. Ce refus de toute autorité supérieure conduit inévitablement à rejeter Israël, qui incarne l’idée même d’un ordre moral venu d’ailleurs.

Le Sinaï, naissance de la haine ?

Tout commence là. Là-haut, sur cette montagne perdue. Le monde aurait dû se réjouir : un peuple accepte, librement, une loi supérieure, morale, exigeante mais libératrice des bas instincts de l’homme. Et pourtant, dit le Midrach[2], c’est ce jour-là que la haine des nations pour Israël est née. Les Sages déduisent cela du nom que porte le lieu du don de la Torah Sinaï, dont la racine de Sina - la haine.

À ce moment précis, quelque chose s’est joué dans l’histoire du monde : un peuple a dit « Na’assé Vé-nichma », nous ferons et nous comprendrons. Il a accepté de ne pas être son propre maître. De se soumettre à une vérité extérieure, transcendante. C’est là que tout a basculé.

Le monde moderne peut tolérer la sagesse juive, le génie juif, l’humour juif. Mais pas la loyauté juive. Pas la fidélité à une loi qui vient d’ailleurs. Celle-là, elle est perçue comme une offense permanente. Une diminution de la liberté perpétuelle et un poids constant pesant sur les épaules de l’Occident.

Racisme, élection et contresens moral

Dans les dîners parisiens, les colonnes du Guardian ou les couloirs des campus américains, on entend cette rengaine : « Le peuple juif se croit élu, donc il est raciste ». En réalité, rien n’est plus éloigné de la pensée juive.

Le Meiri, au XIVe siècle déjà, l’écrivait noir sur blanc : tout être humain qui reconnaît un ordre moral, qui agit avec justice, est digne de respect. La Torah ne rejette pas les peuples, elle rejette la cruauté, l’idolâtrie, la déshumanisation. Elle ne condamne pas l’Autre — elle protège l’Homme de devenir une bête.

Mais cela, on ne l’enseigne plus. On préfère accuser Israël d’arrogance pour justifier sa marginalisation. On préfère dénoncer la loi juive plutôt que de la comprendre. Et dans le doute, mieux vaut la faire taire…

L’universalisme liquide : tout aimer, sauf ce qui résiste

L’universalisme, au départ, était une aspiration noble : reconnaître en tout homme une étincelle divine, un poème original écrit par le vécu et le cœur. Mais aujourd’hui, il est devenu un rouleau compresseur. Il ne supporte plus les frontières, les différences, les hiérarchies. Il veut une humanité unie… dans l’oubli de ce qui la structure. Il brime les opposant à son idéologie sacrée comme le fichisme détruisait l’étranger.

C’est ainsi que des slogans se vident de sens. « Love is love », mais n’osez surtout parler d’amour conjugal traditionnel. « My body my choice », sauf quand il s’agit de circoncision ou de pureté familiale. « Freedom of religion », mais pas pour ceux qui prient vers Jérusalem…

L’universalisme aime tout… sauf ce qui s’ancre. Et Israël, justement, est enraciné. Dans une langue, une terre, une loi. Et fier de son identité. Insupportable !

Torah et morale : la lumière qui gêne les yeux

Rav Dessler, dans Mikhtav Mé Eliahou,[3] enseigne que les événements ne sont pas des hasards, mais le langage à travers lequel la Providence s’adresse à nous. Celui qui ne cherche pas à les lire reste sourd à la volonté divine. En revanche, celui qui sait les décrypter s’élève. Ce principe n’est pas nouveau. Le Midrach[4] rapportant les coulisses de l’exil égyptien, écrivait :

« Plus on les affligeait, plus ils se multipliaient et s’étendaient », car D.ieu disait : « Plus on les opprimera, plus Je les élèverai ».

L’adversité, dans la vision juive du monde, n’est pas une impasse mais un tremplin. C’est souvent dans l’oppression que se révèle la mission. Là où le monde moderne voit une crise, la Torah y discerne un appel. C’est précisément dans les secousses que l’on doit se tenir debout, et non se diluer dans la confusion ambiante.

Et comment ne pas élever sa conscience, comment ne pas raffermir sa fidélité à la Torah — cette Torah qui tranche avec impartialité entre le bien et le mal — lorsqu’on observe l’hypocrisie déconcertante de l’Occident ? Un monde qui se dit éclairé, mais qui ne réagit que selon la direction du vent idéologique et de la pression électorale face à laquelle il travestit ses valeurs. Un monde qui accuse ceux qui se défendent et absout ceux qui massacrent.

Un monde contre un soldat israélien défendant un kibboutz, et reste silencieux devant un massacre de civils par des barbares. Un monde qui condamne une riposte, mais pas un viol collectif. Un monde qui manifeste contre une démocratie, mais applaudit des régimes qui lapident les femmes ou pendent des chanteurs innocents sur la place publique.

Et tout cela, au nom de l’amour universel.

L’ennemi du jour : le patriarche

Le vrai coupable, dans cette pièce, c’est la figure du père. Le père qui transmet. Le prophète qui affirme. Le Rav qui tranche. L’homme qui n’a pas honte de sa mission. Ce sont ces figures-là que l’universalisme veut effacer.

Or la Torah les conserve. Elle ne les absolutise pas, elle les sacralise. Elle encadre la paternité, elle élève la maternité, elle différencie sans hiérarchiser en dignité. Le Maharal, dans Netivot Olam et Be’er HaGola, décrit la femme comme source de vie, puissance intérieure, gardienne du mystère et spirituellement plus élevée que l’homme…

Mais pour le monde moderne, c’est trop. Il faut des genres interchangeables, des structures effondrées, des familles décomposées. Et le Juif, lui, persiste à bénir sa femme le vendredi soir, à poser les Tefilines chaque matin, à nommer son fils comme son grand-père. Il s’inscrit dans un passé le reliant sans cesse à cette Révélation historique.

Il faut donc le faire taire.

L’Europe post-7/10 : entre déni et trahison

Dans les rues d’Europe, en 2023, on crie « mort aux Juifs » avec des keffiehs et des iPhones. Des « élites » expliquent que c’est la faute… d’Israël. En France, les actes antijuifs explosent : de 436 en 2022 à 1 676 en 2023 (CRIF). En Allemagne, plus de 5 000. Au Canada, au Royaume-Uni, les chiffres doublent. Aux États-Unis, plus de 9 300 incidents recensés. Mais alors, où sont passés les beaux principes de nuance, de complexité, d’anti-discrimination ? Pourquoi ces gens si prompts à distinguer entre islamistes et musulmans, entre extrémistes et pratiquants, refusent-ils catégoriquement de faire la même séparation entre Israël et les Juifs, ou entre l’armée et les civils ? Pourquoi cette grille de lecture s’éclipse-t-elle dès qu’il s’agit du peuple juif ?
On nous parle d’inclusion, mais c’est bien l’exclusion quasi systématique du Juif qui est redevenue, tranquillement, socialement acceptable.

Hélas ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont aussi des visages, des enfants cachés, des synagogues barricadées, des murs tagués. Ce sont des adolescents juifs insultés à l’école, des mères qui retirent leur étoile de David, des habitants qui cachent leur Mézouzot, des professeurs sommés de se taire. Et des rabbins qui osent à peine dire que le Hamas est un groupe terroriste.

Revenir à l’essentiel : renouer avec D.ieu et avec nous-mêmes

Alors non, nous n’avons pas à devenir plus présentables, car cela aussi n’a pas sauvé les Juifs d’Europe en 1945. Nous avons à redevenir plus vrais.
Nous n’avons pas à séduire ce monde, mais au contraire nous devons nous purifier de son influence. Il est temps de retrouver notre lien vivant avec D.ieu, de revenir à nos valeurs, à notre Torah, à notre pudeur, à notre fidélité.
Il est temps d’avoir honte… non pas d’être Juif, mais d’avoir un jour voulu plaire à ceux qui nous méprisent.

Nous devons raviver notre fierté d’appartenir à ce peuple. Regarder nos ennemis dans les yeux, et leur dire sans trembler :

Oui, nous représentons ce que vous détestez. Et ce que vous détestez, c’est la vie. C’est la vérité. C’est la vertu.
Vous glorifiez le chaos. Nous portons la lumière.
Vous appelez à la mort. Nous sanctifions le Nom de Celui qui fait vivre.

Même seuls, nous continuerons le combat. Non par haine, mais par fidélité. Non par orgueil, mais pour la gloire de D.ieu, et pour l’avenir de ce monde qui, même lorsqu’il nous vomit, a besoin de nous plus qu’il ne le sait.

Conclusion

L’universalisme sans Torah est un bain tiède où l’âme se dissout. Il promet la paix, mais produit l’effacement. Il parle d’amour, mais condamne ceux qui osent dire « non ». Et quand Israël refuse de se fondre, il devient l’ennemi.

Mais nous ne sommes pas là pour plaire. Nous sommes là pour porter. Une voix. Une promesse. Un témoignage. Le monde n’aime pas cela ? Tant pis.

Car au Sinaï, nous n’avons pas reçu un diplôme de vertu. Nous avons reçu une mission. Et cette mission, elle ne se négocie pas.

 

[1] Orot, §4

[2] Traité Chabbath 89

[3] vol. I, p. 41

[4] Chémot Rabba 1:12

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 38 minutes