English Version Force de Défense d'Israel sur Internet
Inscription gratuite
AccueilInfos IsraelBlogs Juifs et IsraéliensVidéo IsraelOpinions : monde Juif et IsraelLe MagTOP SitesLa BoutiqueJuif.org TV

Blog : Torah-Box

L'autorité parentale ? Une affaire de couple

L’éducation n’est ni l’affaire exclusive d’une mère ni celle d’un père. C’est une dynamique qui se construit à deux, dans la cohérence, le respect mutuel et le soutien. Quand l’un affaiblit l’autre, c’est toute l’autorité parentale qui vacille. Quand les deux avancent ensemble, l’enfant se construit sereinement...

Un enfant monte sur une table. Son père, dérangé par cette attitude, le reprend : "On ne monte pas sur la table dans cette maison", dit-il fermement. L’enfant s’apprête à obéir… jusqu’à ce que sa mère intervienne : "Mais laisse-le, il ne fait que s’amuser."

Entre les 2, mon cœur balance

L’enfant regarde alors ses deux parents. Qui écouter ? Maman semble avoir le dernier mot… Alors il reste sur la table, désobéissant au père.

L’enfant est pris dans un conflit de loyauté. Il doit choisir entre papa et maman. La mère, en contestant l’autorité de son mari devant l’enfant, le dénigre.

Ce type de scène, si elle se répète, crée des dommages silencieux : l’autorité du père s’érode, et l’image de la mère devient ambivalente. Personne ne sort gagnant : ni le père, ni la mère, ni l’enfant.

Savoir reprendre sans se contredire

Autre situation. Un enfant renverse un vase en jouant au ballon dans le salon. Le père, excédé, crie fort. L’enfant part en pleurant. La mère, au lieu de le reprendre immédiatement devant l’enfant, attend que le calme revienne. Puis, en privé, elle lui dit doucement : "Tu y es peut-être allé un peu fort... Il ne l’a pas fait exprès, et il était effrayé." Le père retourne voir son fils, et lui rappelle la règle. Ensemble, ils ramassent les morceaux du vase.

La mère n’a pas cherché à avoir raison, mais à préserver l’unité parentale. Il arrive que bien souvent, en tant que parents, nous fassions des erreurs. Nous ne réagissons pas toujours de la meilleure manière car, après tout, nous sommes humains. Ici, l’enfant ne garde ni colère, ni rancune : le lien a été réparé.

Se remettre en question et savoir s’excuser est un enseignement en soi. Il apprend à l’enfant que les erreurs se réparent et que l’autorité peut rester ferme tout en étant humaine. Vous lui apprenez par la même occasion que des excuses peuvent permettre de renouer les liens lorsqu’on a blessé quelqu’un. Attention toutefois à ne pas inverser les rôles : un parent ne doit pas être en position de s’excuser constamment face à l’enfant.

Tous différents, tous complices

Peut-être que vous n’auriez pas réagi de la même manière que votre conjoint. Peut-être que sa réaction vous semble maladroite. Mais le contredire devant les enfants fragilise la parentalité tout entière. Il vaut mieux en parler ensuite, à huis clos.

Faire front commun, c’est montrer une solidité. Et les enfants détectent les moindres failles. Ils n’hésiteront pas à venir les tester encore et encore.

Un couple parental uni offre un cadre sécurisant. Chaque parent a besoin de l’autre pour briller dans son rôle, dans un soutien mutuel qui nourrit l’éducation.

Valoriser l’autre, même en son absence

Je vois parfois des mamans se plaindre que le papa n’est jamais présent. Évidemment, s’il est toujours dehors avec ses amis, c’est une autre affaire à régler… Mais lorsqu’il est absent dans le cadre de ses devoirs, du travail, etc., il n’en est pas moins un père. Or il arrive qu’un père soit souvent absent : travail, responsabilités, déplacements. Ce n’est pas pour autant une raison d’effacer son autorité. La mère peut dire "Papa ne serait pas d’accord que tu fasses ça, je lui en parlerai." Ou encore : "Papa serait fier de toi, je le lui dirai."

Elle peut aussi expliquer à ses enfants l’importance du rôle de leur père à l’extérieur, et le valoriser. La mère devient ainsi garante de l’autorité du père. Ainsi, l’enfant continue de sentir la présence éducative des deux parents, même si l’un est momentanément absent.

Et inversement, un père présent physiquement mais absent émotionnellement, peu investi, distant, est bien plus destructeur qu’un père en déplacement mais aimant et attentif lors de ses retours.

Autorité partagée, éducation enrichie

Peut-être que cela vous paraît maladroit. Peut-être que vous auriez fait autrement. Mais c’est justement en faisant différemment que cela amène un plus. L’éducation est une affaire de parents. Elle se compose à deux. Chacun avec ses différences, ses sensibilités, ses réactions. Ce sont ces nuances qui enrichissent le foyer, tant que l’un ne sabote pas l’autre.

Ensemble, dans l’écoute et la cohérence, les parents bâtissent une autorité qui structure sans écraser, qui élève sans diviser.

Orilia Korchia, psychologue clinicienne

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 8 minutes