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Blog : Torah-BoxGrand Dossier "Le Bita'hon" - Laisser les commandes à D.ieu en toute confianceDans un monde où tout vacille, le Bita’hon nous apprend à confier notre chemin à D.ieu. Il s’agit d’un véritable art de vivre : se libérer des craintes, agir sans dépendre des autres et des regards extérieurs, trouver la paix intérieure. En allant chercher dans l’œuvre millénaire ‘Hovot Halévavot de Rabbénou Bé’hayé, découvrons comment la raison et la confiance totale en D.ieu peuvent se réconcilier pour transformer la peur en force et le doute en certitude. Les racines profondes du Bita’honLa prière, l’étude et les bonne œuvres sont la clé de voûte du judaïsme mais le Bita’hon en est certainement l’un des piliers centraux. Il représente tout à la fois un idéal, une vertu et une obligation. Mais qu’est-ce que le Bita’hon au juste ? De la confiance ? De l’optimisme ? De la quiétude ? De l’estime de soi ? De l’assurance ? Un sentiment de bonheur ? Un abandon à D.ieu ? Oui, mais pas seulement… Pour bien cerner cette notion, il faut aller à la source et puiser dans un livre célèbre qui fait autorité en la matière. Il s’agit du ‘Hovot Halévavot (les devoirs du cœur), un "classique" du Moussar, la littérature éthique, écrit par Rabbénou Bé’hayé Ibn Pakouda. L’ouvrage se compose de dix parties ou portes (Ché’arim), dont la quatrième est consacrée au thème du Bita’hon. D’emblée, l’auteur y souligne l’utilité de cette qualité. Le Bita’hon donne la paix de l’âme et stimule la confiance en D.ieu, telle la nécessité qui oblige un serviteur à tout attendre de son maître. Qui ne s’abandonne pas à D.ieu se livre à tout autre que Lui ; qui s’abandonne à tout autre que Lui n’est plus sous la Providence divine et reste livré à l’objet de son attente. Le Bita’hon conduit à ne servir que D.ieu et à ne rien attendre de personne ; il délivre du souci de plaire à chacun et donne le courage d’exprimer ses opinions sans rougir. Il permet de balayer son cœur des sujets mondains et de l’unifier pour la soumission divine. Bref, il est paix et quiétude, dans l’esprit du verset : "Il me fait reposer dans de verts pâturages. Près des eaux paisibles Il me conduit." (Téhilim 23) Voici la définition du Bita’hon selon Rabbénou Bé’hayé : "Le Bita’hon est ce qui, par essence, donne la paix de l’âme. Celui qui s’abandonne doit s’appuyer sur celui en qui il met sa confiance. Il a la certitude que son fondé de pouvoir fait ce qui est bon et convenable dans les affaires qu’il lui remet […] et fait non seulement ce à quoi il est tenu, mais encore, par sollicitude et générosité, ce dont il n’est pas obligé." Comme toutes les vertus que prône le judaïsme, le Bita’hon s’acquiert à force de réflexion, de pratique et d’habitude. Le procédé est simple : il faut réfléchir aux causes qui font qu’un homme se confie à l’autre, et les appliquer au Créateur pour ne se confier qu’à Lui seul. L’auteur a recensé ces causes, et elles sont au nombre de sept : un homme connaît la tendresse et l’amitié que quelqu’un lui voue, alors son esprit se repose sur cet ami avec une entière confiance ; s’il constate en lui une amitié effective, prévenante et une sollicitude constante, alors sans aucun doute le Bita’hon s’enracine ; l’ami doit être fort et invincible, sans quoi le Bita’hon ne saurait être entier ; l’ami doit connaître ce qui est le plus utile à son confident et ne pas ignorer la voie de son bonheur ; l’ami doit être aussi l’unique gouverneur de la vie de l’autre, depuis sa naissance jusqu’à sa vieillesse ; la vie du tout abandonné doit être si bien livrée à l’ami que personne d’autre ne peut lui faire du bien ou du mal, l’atteindre ou le préserver du mal, si ce n’est l’ami lui-même ; enfin, l’ami doit être d’une générosité et d’un amour absolus, sans fin ni rupture.Or, quand on réfléchit à ces sept qualités, on constate qu’elles n’appartiennent quasiment à aucune créature, mais nous les trouvons toutes réunies dans le Créateur. En effet : D.ieu est la source même de l’amour et de la tendresse ; Il est prévenant et prodigue constamment ses bienfaits à l’homme ; Il est plus puissant que toute puissance, nul ne peut récuser son décret : "Comme la pluie et la neige descendent des cieux, n’y retournent pas sans avoir fertilisé la terre et fait germer les plantes […] la parole de D.ieu ne retourne pas à Lui sans effet." (Yéchayahou 55, 10-11) ; le Créateur connaît, plus que tout autre, les voies du salut de l’homme car il est son œuvre ; le Créateur veille providentiellement sur la vie de l’homme ; rien n’échappe à sa vigilance ; Il n’oublie et n’abandonne ni les petites ni les grandes choses ; aucune créature ne peut faire du bien ou du mal à l’homme sans que le Créateur ne l’ait voulu : "Ne comptez pas sur les nobles, sur le fils de l’homme qui ne sait pas secourir. Son souffle périt, il rentre en terre." (Téhilim 156) ; l’on peut observer l’infinie bonté du Créateur pour l’homme, toute la grâce dont il le comble gratuitement : "Tu as multiplié, D.ieu, Tes merveilles, Tes desseins en notre faveur. Je voudrais […] les proclamer, mais ils sont trop nombreux." (Téhilim 40). Vivre le Bita’hon au quotidien"Celui qui m’a fait naître dans ce monde à un moment donné, ni avant, ni après, est Celui qui retient ma nourriture pour me la donner au jour, à l’instant qu’Il sait être le plus salutaire pour moi..." Après avoir étudié ce qui amène l’homme à se confier au Créateur, l’auteur explique comment l’on applique le Bita’hon à tous les domaines de la vie. En d’autres termes, comment l’on passe de la théorie à la pratique. C’est sans doute la partie la plus importante du portique car elle contient la "recette". L’homme doit se confier à D.ieu dans toutes les catégories de ses activités. Elles sont au nombre de sept : soins du corps, subsistance, rapports familiaux et sociaux, préceptes qui ne concernent que l’homme, préceptes qui lui incombent vis-à-vis de la société, rétribution des actions, béatitude éternelle. Voyons cela de plus près. 1. Soins du corps : le Botéa’h (le tout abandonné) sait que personne ne dispose de sa vie ou de sa mort, de sa santé ou de sa maladie, des besoins de son corps (nourriture, vêtements, habitation etc.). Ils sont tous réglés par la seule volonté divine. Pour autant, l’homme ne doit pas se mettre en danger sous prétexte qu’il s’en remet à D.ieu. Nos Sages le disent : "Un homme ne doit jamais s’exposer à un danger en pensant : 'Un miracle me sauvera', de peur qu’aucun miracle ne survienne." (Chabbath 32b) Ni rester passif. Il doit au contraire œuvrer et faire tout son possible, mais avec la claire certitude que les causes intermédiaires – les efforts, les moyens déployés pour obtenir le résultat – n’ont d’efficacité que par le décret d’Hachem. De même pour la santé et la maladie : l’homme doit s’en remettre à son Créateur et s’efforcer de se maintenir en forme par des moyens naturels et des remèdes efficaces. Et quand il le faut, consulter un médecin. C’est ce que D.ieu Lui-même ordonne, en obligeant celui qui a blessé son prochain à le soigner jusqu’à guérison complète (Chémot 21, 19). Il faut cependant prendre garde à ne pas s’abandonner aux causes intermédiaires – le médecin, le traitement, le diagnostic etc. – car elles n’agissent ou ne nuisent que sur l’ordre de D.ieu. Il est même possible à D.ieu de guérir une maladie par un moyen qui semble plus néfaste que le mal. Élicha’ assainit des eaux imbuvables en y mêlant du sel (Mélakhim II 2, 19). Moché adoucit des eaux amères en y jetant une branche qui, d’après nos Sages, était de l’amer laurier-rose (Chémot 15, 25). En revanche, Assaf fut châtié pour s’être confié aux seuls médecins, lors de sa maladie, et n’avoir pas recherché D.ieu (Divré Hayamim II 16, 12).Car "Lui seul blesse et sauve." (Iyov 5, 18). 2. Subsistance : l’homme œuvre pour ses affaires, son commerce, son métier, ses fonctions publiques ; il fait toutes sortes d’ouvrages et se livre à mille travaux qui ont pour but d’amasser de l’argent et d’accroître son bien-être. Si sa subsistance lui est accordée par le moyen d’une cause déterminée, il ne doit pas s’abandonner à elle car elle ne lui donne pas plus de bien qu’il n’en préexistait dans le plan divin. Il ne doit donc pas se réjouir ni se complaire dans cette cause, mais seulement rendre grâce au Créateur qui agrée son effort et ne renvoie pas au néant ses peines et ses œuvres. "Heureux est-il de [pouvoir] manger du travail de ses mains." (Téhilim 128, 2). Le paysan doit labourer sa terre, l’ensemencer, la sarcler, l’arroser, s’il le peut, mais s’abandonner au créateur pour qu’Il donne les fruits et préserve la récolte. Si jamais la subsistance vient à faire défaut, le Botéa’h doit dire en son cœur : "Celui qui m’a fait naître dans ce monde à un moment donné, ni avant, ni après, est celui qui retient ma nourriture pour me la donner au jour, à l’instant qu’Il sait être les plus salutaires pour moi." Alors naîtra le chant de louange du roi David : "Je veux T’exalter, ô mon D.ieu […] Toi qui, ouvrant Ta main, rassasies à souhait tout ce qui a vie." (Téhilim 145). 3. Rapports sociaux. Tout homme se trouve placé dans cette alternative : soit il est solitaire (sans famille), soit il est membre d’une famille, entouré de ses proches. S’il est seul, il doit se consoler en D.ieu et s’abandonner à la toute-puissance divine. Il doit sentir combien l’âme est aussi une étrangère dans ce monde, et se rappeler que ceux qui ont des liens ne les ont que pour un temps... S’il a une femme, des parents, des amis, il doit faire confiance à D.ieu et s’efforcer d’accomplir chacun de ses devoirs à leur égard, rechercher leur bonheur et leur être fidèle en toute chose. Dans le même temps, il ne doit attendre d’eux aucune récompense, ne désirer aucun honneur, aucune louange, mais seulement accomplir la volonté de D.ieu à leur égard. S’il agit sincèrement au nom du Ciel, il sera loué, grandi à leurs yeux et atteindra la félicité dans le monde futur. 4. Préceptes qui ne concernent que l’homme. Nous savons que l’accomplissement des Mitsvot ne prend tout son sens que s’il réunit trois facteurs : libre choix d’accomplir telle Mitsva, volonté d’agir selon ce choix, et effort manifeste pour le réaliser concrètement. Bien sûr, il serait absurde de s’en remettre à D.ieu dans ce domaine, puisqu’Il nous a dotés du libre-arbitre : "Voici, J’ai placé devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie afin que tu vives." (Dévarim 30, 19) Néanmoins, il ne nous est pas toujours donné de concrétiser nos intentions dans les actes que le judaïsme prescrit, et c’est là qu’il convient de s’en remettre à D.ieu, car il est certes en notre pouvoir de choisir et tenter d’accomplir une Mitsva, mais le résultat n’est pas toujours garanti. Si les causes échappent à notre volonté de parfaire l’acte sacré, nous aurons au moins le bénéfice de notre choix et de notre volonté. Par exemple : tel homme souhaite se consacrer exclusivement à l’étude de la Torah mais sa condition ne le lui permet pas. Son intention aura tout de même été agréée. 5. Préceptes qui incombent à l’homme vis-à-vis de la société. Ce sont les Mitsvot telles que la charité, le prélèvement des dîmes, les bonnes actions, les bonnes paroles, le respect des parents etc. Là aussi, la voie droite est de concevoir mentalement tous ces actes, de vouloir les accomplir et d’agir de toutes ses forces mais, pour le reste, se confier au Créateur. Il faut chercher à se rapprocher de D.ieu seul, ne pas avoir pour but d’acquérir du renom ou de la gloire. Il faut agir en toute discrétion et cacher ses efforts à qui ne doit pas les connaître. 6. Rétribution des actions. Elle s’effectue ici-bas et dans l’au-delà. Une bonne action peut être récompensée sur terre seulement, ou dans le ciel, ou sur terre et dans le ciel à la fois. Les modalités de cette récompense ne nous sont pas connues. L’abandon à D.ieu pour la récompense qu’Il accorde dans ce monde et dans la vie future, est de croire en la justice divine, d’avoir une foi parfaite, la foi d’Avraham qui lui fut comptée à mérite ; c’est une confiance irréductible dans le triomphe de la bonté divine sur la terre des vivants. 7. Béatitude éternelle. Nous arrivons enfin aux grâces que D.ieu accorde à ses élus dans le monde futur. Elles sont indicibles et c’est pourquoi elles ne sont pas clairement exposées dans la Torah. Là encore, la voie droite du Bita’hon, c’est de s’attacher aux causes qui font atteindre à l’homme les degrés de la sainteté. Le chemin n’est pas facile. Il faut de la soumission, de la patience au temps des épreuves, de la force devant la tentation. Mais l’on est assuré de réussir, et la récompense sera extraordinaire : "Jamais on n’entendit, jamais oreille ne perçut, ni œil ne vit, hormis Toi, ce que Tu réserves à ceux qui te sont fidèles." (Yéchayahou 64, 3) Comment l’homme confiant se distingue des autresL’homme qui a confiance en D.ieu s’occupe des choses du monde afin d’amasser sa provision de route pour le voyage de l’au-delà. Il ne perd jamais de vue le but de son existence. Il est indéniable que le Bita’hon confère à l’homme une aura et un charisme particuliers. Sa compagnie est agréable et réconfortante. Il se distingue des autres hommes sous divers aspects : Le Botéa’h (l’homme confiant) sait louer son Créateur dans le bonheur comme dans le malheur ; celui qui n’a pas de Bita’hon exulte quand ses désirs se réalisent mais s’irrite du sort contraire. Le Botéa’h est serein et tranquille, l’autre vit dans l’angoisse constante, le souci perpétuel, une tristesse sans répit. Le premier ne s’appuie jamais sur les causes intermédiaires mais s’en sert pour obéir à D.ieu. S’il en retire un avantage ou écarte un préjudice, il n’en loue que D.ieu seul. Le second s’occupe des causes intermédiaires en croyant qu’elles peuvent lui être nuisibles ou utiles. Il s’épuise en elles. Le premier consacre son superflu à ce qui est agréable à D.ieu, avec générosité et bon cœur car tout vient de Lui. Le second est avare de son argent et le garde pour lui-même. Il n’a de souci pour D.ieu que lorsque sa richesse disparaît et qu’il reste seul. Le Botéa’h s’occupe des choses du monde afin d’amasser sa provision de route pour le voyage de l’au-delà. Il ne perd jamais de vue le but de son existence. L’autre ne se confie pas à D.ieu mais s’abandonne aux causes intermédiaires et ne pense pas à sa fin. Le premier est aimé par les hommes les plus différents, ils ont confiance en lui sachant qu’il ne leur fera aucun mal. Et lui-même a confiance en chacun puisqu’il sait que son bonheur ou son malheur ne sont dans la main ni au pouvoir d’aucun être créé. "La grâce environne qui se confie dans D.ieu." (Téhilim 32). Mais personne n’aime l’autre, l’esclave du monde, qui est envieux, jaloux, et accuse l’univers tout entier de son malheur. "L’homme tortueux ne trouve jamais le bonheur." (Michlé 17, 20) Enfin, le premier ne s’attriste jamais lorsqu’un de ses désirs reste inaccompli ou qu’un ami lui fait défaut. Il ne s’inquiète pas du lendemain car il ignore l’heure de sa mort. Il remet en D.ieu son sort. L’autre gémit sans cesse sur son sort ; il perd ses amis, ses désirs lui échappent. Il entasse des richesses comme s’il devait vivre éternellement. Les écueils à éviterLa confiance en D.ieu grandit à mesure que s’élève la connaissance de Son règne et s’approfondit la foi en Sa providence généreuse... Rabbénou Be’hayé conclut ce portique en ajoutant ceci : ce qui altère le Bita’hon ou lui fait obstacle, c’est essentiellement l’ignorance, le défaut de connaissance, de méditation, d’observation. En effet, celui qui ne comprend pas la clémence de D.ieu pour Ses créatures, la manière dont Il les gouverne et leur accorde ses bontés, celui qui ne s’applique pas à observer la Providence divine, et enfin celui qui n’étudie pas et ne se renseigne pas sur les préceptes divins, ne peut pas cultiver le Bita’hon. La conclusion est donc celle-ci : la confiance en D.ieu grandit à mesure que s’élève la connaissance de Son règne et s’approfondit la foi en Sa providence généreuse. Voici : l’enfant s’abandonne tout d’abord au sein qui l’allaite ; puis il rapporte sa confiance à la mère qui veille sur lui. Lorsque son esprit se développe, il découvre que celle-ci s’appuie sur le père, alors lui aussi s’en remet au père. Quand il avance un peu dans la vie, il s’appuie (à tort) sur sa force ou son travail. Mais lorsque sa raison s’affermit et qu’il constate combien elle est imparfaite, combien elle dépend de D.ieu, alors il met sa confiance en D.ieu et en Lui seul. Et il chante avec le roi David : "Tout comme le cerf brame près des cours d’eau, ainsi mon âme brame vers Toi, ô D.ieu. Mon âme a soif de D.ieu, quand donc irai-je paraître devant D.ieu ?" (Téhilim 42) Rabbénou Bé’hayé ibn Pakouda, la sagesse millénaireNous n’avons que très peu d’informations sur sa vie. Nous savons seulement qu’il exerça des fonctions de Dayan (juge) dans une cour rabbinique et qu’il vécut en Espagne au 11ème siècle (et début du 12ème). Sur des indices assez fragiles, les érudits le situent plus précisément à Saragosse. La tradition nous rapporte l’écho de sa sainteté. Rabbénou Bé’hayé est dénommé dans les écrits Hé’hassid, le saint. Il a été amené à écrire le ‘Hovot Halévavot après avoir constaté que la pratique habituelle de la religion était insuffisante, parfois superficielle. En préambule à son livre, il note : "J’eus le désir de faire œuvre durable et complète, de constituer un trésor caché, d’allumer un feu pour éclairer les hommes et leur montrer la voie sur laquelle s’engager. J’espérais que ma voie deviendrait celle de tous, l’accomplissement de mon dessein, un enseignement pour chacun." Comment aurais-je peur… c’est mon père ! Un récit sur le Bita’hon"Qui est concentré sur une idée fixe ne tombe pas ... Qui ancre dans sa conscience la pensée que D.ieu est un et Son nom est un, et que Lui seul dirige ses pas, ne tombe jamais !" Rabbi Mendel Futerfas était un homme très pieux, qui vénérait son Créateur et qui, de surcroît, était un érudit. Originaire de Russie, ce ‘Hassid fut exilé en Sibérie, comme tant d’autres, d’ailleurs. Et pour cause : il avait mené clandestinement des activités religieuses. De cet exil, très peu sont revenus vivants. Les travaux forcés et le froid avaient souvent raison des prisonniers. Sibérie était donc synonyme de malheur et d’épreuves. Pourtant, Rabbi Mendel Futerfas fut l’un des rares survivants, les récits et anecdotes qu’il a racontés après son incarcération sont édifiants. À des amis qui, des années plus tard, l’interrogeaient sur son courage et sa résistance héroïques, et sur ses moyens de survie, il répondit : "La foi ! La foi seule !" Mais là est toute la question, lui dit-on : comment garder la foi dans de telles circonstances ?" Rabbi Mendel fit alors un récit dont il avait été le témoin. Près d’une ville, en Sibérie, se dressaient deux collines très hautes, séparées par un vallon profond. Un non-juif s’était amusé à planter un mât au sommet de chaque colline et avait tendu une corde de l’une à l’autre. "Regardez bien", lança-t-il à la foule, "Je vais marcher sur la corde, au-dessus du précipice…" Ses amis tentèrent de le dissuader car il allait certainement à sa perte. Mais lui persista à marcher sur la corde. Or il avait exécuté parfaitement le tour et, malgré le danger et toutes les difficultés, était arrivé sain et sauf à l’autre mât. "Voulez-vous que je refasse le tour ?" On lui répondit : "Surtout pas ! Si tu as eu de la chance la première fois, tu pourrais bien tomber cette fois-ci." Mais il répéta la manœuvre audacieuse. À l’évidence, il maîtrisait parfaitement le numéro. Et quand il proposa de l’exécuter une troisième fois, il reçut la réponse qu’il espérait tant : "Inutile ! Tu nous as convaincus, nous savons désormais que tu en es tout à fait capable. Tu n’as rien à prouver. - Bien. Croyez-vous que je pourrais le refaire avec une brouette ? - Si tu peux garder l’équilibre sur une corde, tu le peux tout aussi bien avec une brouette ! - Vous me faites confiance", reprit hardiment le funambule. "Dans ce cas, qui d’entre vous est prêt à s’assoir sur la brouette que je ferai rouler sur la corde ?" Il ne se trouva aucun volontaire. Ou presque. Car une jeune fille consentit à s’installer au creux de la brouette. Et l’homme, encore une fois, marcha d’un bout à l’autre de la corde, en poussant la brouette chargée. Quand la fille fut descendue, la première question qu’on lui posa était de savoir comment elle avait eu le courage de se prêter à cet exercice dangereux. Sa réponse : "Comment aurais-je eu peur ? C’est mon père…" Rabbi Mendel conclut : "J’en ai tiré une grande leçon. Dès lors que je suis persuadé que mon Père guide mes pas et veille sur moi – le principe même du Bita’hon –, plus rien ne m’effraie !" Mais ce n’est pas tout. Rabbi Mendel a précisé qu’après l’événement, il avait abordé le non-juif et lui avait demandé : "Comment fais-tu pour ne pas tomber ?" Sa réponse l’avait instruit : "Quand je marche sur la corde, plus rien n’existe pour moi ! À l’instant où je fais le premier pas, je ne pense à rien d’autre qu’à la manœuvre. Je me concentre uniquement sur ce pas. Et quand je fais le deuxième pas, je me concentre à nouveau sur ce pas et sur lui seul. C’est à cette condition que j’arrive à traverser le ravin sans tomber. Si je devais laisser ma pensée se distraire de la mission, ne fût-ce qu’une seconde, je tomberais aussitôt." Rabbi Mendel remarqua : "Qui est concentré sur une idée fixe ne tombe pas ... Qui ancre dans sa conscience la pensée que D.ieu est un et Son nom est un, et que Lui seul dirige ses pas, ne tombe jamais !" Elie Marciano Ajouter votre commentaire !
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