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Blog : Torah-Box

L'argent dans les couples : Les vrais défis à relever

Comment l’argent s’invite-t-il dans la vie d’un couple ? Divergences, priorités, vision de la réussite… autant de sujets qui peuvent saper, ou au contraire sublimer, une relation. Valérie Halfon, spécialiste reconnue de la gestion budgétaire, partage des clés concrètes pour retrouver l’harmonie.

Si l’argent constitue l’un des facteurs principaux de divorce, ce n’est pas une fatalité. C’est ce que nous explique Valérie Halfon, conseillère en gestion de budget et auteure de plusieurs livres sur les effets de la surconsommation. Depuis 15 ans, elle accompagne les familles dans leur processus d’assainissement de leurs finances et donne de nombreuses conférences sur le sujet à travers le monde. "Les problèmes d’argent dans les couples proviennent presque toujours de divergences entre l’homme et la femme sur la façon d’employer l’argent", nous explique-t-elle d’emblée. La bonne nouvelle ? "Les solutions existent !", nous assure-t-elle. Elle répond à nos questions, sans tabou.

Qui dépense plus, les hommes ou les femmes ?

(Rires) De ma longue expérience auprès des familles, je peux dire que le stéréotype selon lequel les femmes seraient dépensières et les hommes économes est faux. Il existe un large éventail de personnalités, parfois c’est l’homme qui est économe et la femme dépensière et parfois, c’est l’inverse. En revanche, souvent il y a une dissonance entre ce que le couple dépense et ses priorités réelles.

Comptes communs ou comptes séparés ?

Il n’y a pas de règle fixe à ce niveau ; j’ai connu des couples qui avaient un compte commun et qui se disputaient constamment autour des questions d’argent, et des couples qui avaient des comptes séparés et pour qui tout allait bien, et inversement. Certes un compte commun permet d’avoir un regard global sur toutes les dépenses et des comptes séparés entraînent parfois des comptes d’apothicaires dans le couple, ce qui est évidemment néfaste. Mais ce que je prône en premier lieu, c’est de former une équipe avec un objectif commun, de prendre conscience ensemble de la situation financière et des besoins de la famille pour ensuite réajuster en fonction de nos valeurs. 

Se restreindre ou se faire plaisir ?

Dans la Paracha de Vayichla’h que nous lirons bientôt, on voit que ‘Essav dit : "Je possède beaucoup", tandis que Ya’akov Avinou dit : "J’ai tout". Cette différence de conception face à la réalité matérielle est fondamentale. L’un ne manque de rien, même s’il n’a pas tout, l’autre accumule les richesses sans direction ni but. J’ai rencontré un jour un couple qui était sur le point de passer sous la ‘Houppa et qui souhaitait des conseils pour mettre au point un budget prévisionnel en vue de leur future vie commune. Tous deux travaillaient déjà, gagnaient bien leur vie et planifiaient d’acheter un appartement. Le problème ? Elle dépensait près de 800 euros par mois en shopping vêtements ! Lui aussi aimait s’offrir toutes sortes de gadgets, bien qu’en quantité moindre. Lorsque nous avons mis au point leur budget, il leur est très clairement apparu qu’à ce rythme, ils ne pourraient atteindre leurs objectifs que bien plus tard que ce qu’ils désiraient. D’elle-même, la jeune femme a décidé de diminuer ses dépenses de sorte à pouvoir épargner en vue d’un apport pour leur futur appartement. Se fixer un objectif et s’y tenir – c’est ça, la clé de la réussite.

Avancer ensemble ou faire cavalier seul ?

Premièrement, se souvenir qu’en tant que couple, on forme une équipe avec des objectifs communs. Deuxièmement, l’argent que l’on a doit être destiné à un usage clair. On voit dans la Torah que Ya’akov Avinou, alors qu’il fuyait de devant ‘Essav, revient en arrière pour récupérer des fioles oubliées en chemin. Nos commentateurs s’interrogent sur cette démarche étonnante. En réalité, les fioles de Ya’akov étaient destinées à un usage bien défini ; elles avaient donc une importance en elles-mêmes et c’est pourquoi notre Patriarche tenait à les récupérer. Lorsque notre argent a un but bien précis, tout devient beaucoup plus clair. Or souvent les gens commettent l’erreur de prendre les outils – leur argent – pour une fin en soi.

La paix dans le couple ou la paix avec son banquier ?

On ne devrait pas accuser l’autre de trop dépenser à tout bout de champ. Qu’est ce qui est le plus important : 10 euros ou notre Chalom Bayit ? Alors bien sûr, tout cela est vrai dans la limite de ce qui est raisonnable. Si l’on est marié à une personne qui fait des dépenses compulsives, qui est addict aux jeux d’argent, etc., alors il est impératif de se faire aider par des professionnels. Mais outre ces cas extrêmes, il est important de comprendre que la paix dans le couple doit primer sur les calculs financiers.

Faire confiance à l’autre ou faire confiance aux chiffres ?

Je vais vous répondre avec une histoire. J’ai connu un couple qui se disputait sans cesse autour des questions d’argent. Lui travaillait et gagnait bien sa vie, tandis qu’elle avait un petit salaire. Son mari lui donnait chaque fois des sommes pour les besoins de leur foyer : courses, factures, frais de scolarité, etc. Or lorsqu’ils sont venus me consulter, le mari s’est plaint que sa femme demandait sans cesse de l’argent sans qu’il ne sache pourquoi elle avait tant de dépenses. De son côté, elle lui reprochait d’être trop regardant sur les dépenses du ménage. Ensemble, nous avons bâti un budget clair, auquel ils se sont tenus et les tensions se sont grâce à D.ieu apaisées avec le temps. Que s’était-il passé en réalité ? Il s’est avéré qu’en l’absence de visibilité sur leurs dépenses, le mari avait l’impression que sa femme lui soutirait sans cesse de l’argent alors qu’en fait, ses dépenses étaient tout à fait justifiées et raisonnables pour un foyer moyen. Il suffisait de coucher les chiffres sur papier et de les observer de manière réfléchie et rationnelle. Car la clé de la réussite, c’est aussi de regarder les chiffres. Les chiffres ne mentent jamais. Beaucoup de gens ont l’impression de trop dépenser ou au contraire de très peu dépenser et en observant les chiffres, on découvre que c’est l’inverse. 

En conclusion, je dirais en tant que conseillère financière que s’il faut bien évidemment faire confiance aux chiffres, faire confiance à son conjoint est tout aussi important !

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

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Dernière mise à jour, il y a 7 minutes