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Blog : Torah-BoxRav Eliahou Dessler : Sa vie, son enseignementÀ l'occasion de la Hiloula de notre maître Rav Eliahou Dessler, l’équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement quelques anecdotes de sa vie. Que son mérite protège tout le Klal Israël, Amen ! Rabbi Eliahou Eli’ézer Dessler (1892–30 décembre 1953) est considéré comme l’un des plus grands maîtres de Moussar (éthique juive) selon la méthode de Kelm au XXème siècle. Rav en Angleterre avant d’être nommé guide spirituel à la Yéchiva de Poniewicz, il est également l’auteur du célèbre ouvrage de pensée juive Mikhtav Mééliahou. Une enfance à l’ombre des géants du Moussar Rabbi Eliahou naît en 1892 à Homel (aujourd’hui en Biélorussie). Il est le fils de Rabbi Réouven Dov Dessler, principal disciple du fondateur de l’école de Moussar de Kelm, Rabbi Sim’ha Zissel Ziv, surnommé le Saba de Kelm. Sa mère, ‘Hanna Freidel, était la petite-fille du fondateur du mouvement du Moussar, Rabbi Israël Salanter. Jusqu’à l’âge de 14 ans, le jeune Eliahou est instruit par des professeurs privés, avant d’être envoyé étudier à la source même du mouvement de pensée, la Yéchiva de Kelm, sous la direction de Rabbi Tsvi Hirsch Braude, gendre du Saba de Kelm. Dès son plus jeune âge, Rabbi Eliahou a fait montre de dons intellectuels et moraux d’exception. Cette période laissera une empreinte indélébile sur le jeune homme, qui considèrera toute sa vie qu’il est un enfant de la Yéchiva de Kelm. Il reçoit l’ordination rabbinique (Sémikha) de son oncle, Rabbi ‘Haim ‘Ozer Grodzinski, l’une des plus grandes autorités spirituelles de la communauté juive lituanienne. Exil vers l’Angleterre En 1920, Rabbi Eliahou épouse Bluma, fille de Rabbi Na’houm Zeev Ziv et petite-fille du Saba de Kelm. Au sein de la grande famille, d’autres beaux-frères sont aussi des figures importantes de la méthode Kelm. Il aura deux enfants : son fils Rabbi Na’houm Zeev Dessler, qui deviendra plus tard fondateur de l’Académie hébraïque de Cleveland, et sa fille ‘Hanna Freidel, qui épousera Rabbi Eliahou Yéhochoua’ Gledtsahler. Après avoir refusé une proposition d’occuper le poste de juge rabbinique à Vilna, Rabbi Eliahou accompagne son père en Angleterre en 1928 pour des soins médicaux. Sur place, il accepte un poste de rabbin — d’abord dans le quartier East End de Londres, puis à Dalston. Il y fonde une Yéchiva dans laquelle il dispense lui-même des cours à des élèves venus de divers horizons. Au début des années 1940, il rejoint le Kollel de Gateshead comme Machguia’h (guide spirituel), convaincu que ce rôle lui permettra d’avoir un plus grand impact sur l’étude du Talmud et du Moussar. En parallèle, il tient la tête d’un Talmud Torah où étudient pas moins de 400 élèves. À la même période, il contribue également à la création d’un séminaire de jeunes filles à Gateshead, où il dispense des cours de pensée juive aux femmes et jeunes filles de la communauté. ‘Alyah en Erets Israël En 1947, à l’invitation de Rabbi Yossef Chlomo Kahaneman, Rabbi Eliahou devient guide spirituel à la grande Yéchiva de Poniewicz. Il monte définitivement en Israël en 1949 et s’installe à Bné Brak. Les cours de Moussar qu’il dispense à la Yéchiva acquièrent une renommée qui dépasse de loin les frontières d’Erets Israël. Jusqu’à aujourd’hui, ils sont étudiés dans l’ensemble du monde des Yéchivot. Son épouse décèdera deux ans plus tard en 1951 et sera inhumée au cimetière de Sanhédria à Jérusalem. Peu après, en 1953, à l’âge de 61 ans, Rabbi Eliahou Dessler meurt subitement d’une crise cardiaque et est enterré au cimetière Chomré Chabbath de Bné Brak. Le Mikhtav Mééliahou (Lettre d’Eliahou) Après sa mort, plusieurs de ses élèves, dirigés par Rabbi Aryeh Carmell et Rabbi ‘Haïm Friedlander, s’attachent à rassembler les enseignements de leur maître et à les compiler dans une œuvre magistrale en 5 volumes : le Mikhtav Mééliahou. Le livre est publié entre 1955 et 1997. Cette collection de lettres, discours et enseignements sur l’éthique et la Émouna reflète les idées centrales du mouvement du Moussar. Traduit en plusieurs langues, il s’agit d’une des œuvres de pensée juive les plus largement étudiées dans les Yéchivot modernes. L’enseignement de Rav Dessler, qui s’est diffusé dans l’ensemble du monde juif et a profondément influencé les écoles de pensée moderne, se distingue par une large maîtrise des sources classiques, y compris de la littérature ‘hassidique, et explore des concepts clés de la pensée juive tels que le "point de libre-arbitre" — la sphère limitée où l’homme exerce sa liberté de choisir. Une grande sensibilité Les histoires qui circulent au sujet de Rav Dessler révèlent une personnalité d’une grande sensibilité spirituelle. Avant que la Rabbanite Dessler ne le rejoigne à Bné Brak, Rav Dessler prenait ses repas à l’orphelinat créé par le Rav Kahanman pour les survivants de la Shoah. Mme Munk, qui dirigeait la cantine, avait l’habitude de montrer sa grande estime pour le Rav en lui gardant de côté une friandise ou un autre plat de choix qu’elle ne servait pas aux autres. Ce traitement de faveur mettait Rav Dessler extrêmement mal à l’aise, et il demanda plusieurs fois à Mme Munk de s’abstenir de le faire. Un jour, alors qu’il entrait dans la cantine, Rav Dessler vit un jeune garçon courir en direction de la sortie. Il l’arrêta et lui demanda pourquoi il fuyait. Il s’avéra que le jeune garçon avait volé une cerise laissée de côté pour le Rav Dessler. Quand il réalisa ce qu’il s’était passé, Rav Dessler alla voir Mme Munk et lui dit : "Soit je mange exactement la même chose que tout le monde, soit je ne peux pas continuer." Rav Dessler traitait ses élèves avec le plus grand respect. Quand ces derniers venaient lui rendre visite à ‘Hol Hamo’èd, il s’écriait : "Quel honneur que vous soyez venus me rendre visite !" Puis il sortait d’une vieille armoire des coupes d’argent et un peu de vin. "J’ai concocté ce vin moi-même, leur disait-il, et je ne le sors que pour mes invités les plus importants." Rav Dessler était tellement désireux d’honorer les autres qu’il faisait tout son possible pour éviter de demander aux autres de faire quelque chose pour lui. Après le décès de son épouse, ce fut un élève nommé Chalom Ullman qui fut chargé de le seconder à la maison. Mais c’était à peine si le maître acceptait que son élève ne lui prépare une tasse de café ! De même, il déclinait ses offres de cirer ses chaussures en l’honneur de Chabbath ou de l’aider à la fabrication du vin pour le Kiddouch. À la Yéchiva, on avait pris l’habitude de plaisanter en disant que c’était davantage Rav Dessler qui servait Chalom Ullman que l’inverse. Un enseignement du maître : des fautes qui deviennent des mérites ?! "Un niveau plus élevé est celui de la personne qui fait Téchouva par amour… Et plus il approfondit son regret et reconnaît la gravité de la faute, plus sa reconnaissance envers le Saint béni soit-Il est grande. Par amour, il s’attache davantage à D.ieu… En effet, puisque c’est la faute qui l’a conduit à ces prises de conscience, alors celui qui revient par amour — dont la Téchouva est grande car elle naît de la reconnaissance des bontés de D.ieu — voit ses fautes transformées en mérites. Étant donné que c’est la faute qui l’a élevé à un tel amour, D.ieu, dans Son immense bonté, les considère comme des mérites." (Rav Eliahou Dessler, Mikhtav Mééliahou, Yom Kippour – Souccot, Discours sur la Téchouva) Dans son Mikhtav Mééliahou, le Rav Dessler nous révèle un principe sublime de la pensée juive : il existe une forme de retour vers D.ieu si élevée que même les fautes passées peuvent se transformer en mérites ! Il s’agit de la Téchouva accomplie par amour. Lorsque l’homme revient vers D.ieu par crainte – crainte de la faute, du jugement ou des conséquences –, ses fautes sont certes effacées. Mais lorsqu’il revient par amour, lorsqu’il prend pleinement conscience de la bonté infinie du Créateur, de la patience et de la miséricorde qu’Il lui a accordées malgré ses erreurs, alors il atteint une dimension tout à fait différente : ce ne sont pas seulement les fautes qui disparaissent, mais celles-ci deviennent elles-mêmes des mérites. Comment le comprendre ? Rav Dessler nous enseigne que c’est précisément la faute qui a conduit la personne à cette prise de conscience, à cet amour et ce lien renouvelés avec D.ieu. Sans la chute, il n’y aurait peut-être jamais eu ce réveil. La faute devient alors, a posteriori, un élément du cheminement spirituel. Attention, cette transformation ne repose évidemment pas sur une banalisation de la faute ni sur une justification du péché. Au contraire, elle naît d’une compréhension empirique de ce que la faute a provoqué en l’homme comme éloignement du divin. Mais justement, c’est précisément cette lucidité qui va ouvrir la porte à un amour décuplé, autrement plus authentique et mûri. L’homme découvre alors que D.ieu ne S’est en fait jamais détourné de lui. Il réalise que, malgré ses égarements, il a été porté et accompagné. Cette conscience fait éclore en son cœur un amour puissant, un désir de proximité authentique, qui dépasse largement la simple peur de la sanction. Ainsi, dans la Téchouva accomplie par amour, la faute cesse d’être uniquement un passé embarrassant à occulter. Elle devient au contraire le point de départ d’une connexion plus forte et sublime avec le Créateur. Le Rav Dessler enseigne que, par la bonté divine, D.ieu considère alors ces fautes comme des mérites, puisqu’elles ont permis à l’homme d’atteindre un niveau spirituel qu’il n’aurait peut-être jamais atteint autrement. C’est là l’un des enseignements les plus merveilleux du maître du Moussar : rien n’est jamais perdu, même l’égarement de l’homme peut devenir le catalyseur de son élévation. Ajouter votre commentaire !
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