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Blog : Torah-Box

Bo ? Le libre arbitre de Pharaon

La Parachat Bo présente les trois dernières plaies infligées à l’Égypte. La Torah affirme que lors des cinq premières plaies, Pharaon endurcit son cœur et refusa de libérer le peuple juif de son propre gré. Cependant, pour les dernières plaies, Hachem endurcit le cœur de Pharaon afin de pouvoir continuer à envoyer des plaies et montrer Ses prodiges au monde entier. Il semblerait que si Hachem n’avait pas endurci le cœur de Pharaon, il aurait libéré les Juifs de son propre chef. Or, Hachem voulait que les dernières plaies soient envoyées, donc Il lui retira la capacité de choisir. Le libre arbitre de Pharaon fut effacé et celui-ci fut « forcé » de refuser de libérer les Bné Israël. Les commentateurs se demandent comment Hachem put empêcher Pharaon de choisir, étant donné le caractère fondamental du libre arbitre dans le judaïsme. De plus, comment expliquer que Pharaon soit puni et ait reçu les dernières plaies s’il n’a pas vraiment fait le choix de refuser de libérer le peuple juif ? Si une personne n’a pas de libre arbitre dans un certain domaine, serait-ce juste de la punir pour ses mauvaises actions dans ce domaine ?

Le Rambam explique que Pharaon refusa obstinément de tirer leçon des cinq premières plaies et de ce fait, il fut puni en perdant la faculté de choisir par la suite. Ainsi, il semble que la souffrance des dernières plaies n’était pas due au refus de Pharaon de libérer les Juifs à cette époque, mais qu’il s’agisse d’une sanction pour son entêtement lors des cinq premières plaies. Le Rambam[1] nous enseigne que même si le libre arbitre est un principe fondamental dans la Hachkafa de la Torah, dans de rares occasions, si une personne refuse constamment de prendre la bonne décision, elle peut être punie en perdant complètement son libre arbitre.

Le Sforno propose une interprétation très différente. Il explique que Hachem endurcit le cœur de Pharaon précisément pour lui rendre son libre arbitre. Après la succession de fléaux qui dévasta le pays, Pharaon était sous très forte pression pour laisser partir les Juifs. S’il l’avait fait, cela n’aurait pas été par libre choix, mais plutôt par pression. Hachem endurcit donc son cœur de sorte que, même après les cinq premières plaies, il soit réellement libre de dire oui ou non. Et il décida de dire « non », parce qu’il n’avait rien appris de son expérience passée et n’avait aucun désir de faire Téchouva[2]. Selon cette interprétation, il est possible de comprendre pourquoi Pharaon fut puni et subit les dernières plaies – parce qu’il ne voulait vraiment pas admettre ses erreurs et changer de comportement, et si ce n’était son cœur endurci par Hachem, il aurait renvoyé les Bné Israël, simplement par peur de subir d’autres fléaux.

Cette explication nous donne une meilleure compréhension du libre arbitre. Si une personne prend la décision d’agir d’une certaine manière à cause de la pression extérieure, alors il ne s’agit pas d’un acte de véritable libre arbitre. Et si, comme dans le cas de Pharaon, la pression est si forte que l’on ne peut pas y résister, alors l’individu n’a aucune liberté de choix.

En quoi cette information est-elle pertinente dans notre vie ? Nous ne serons probablement jamais dans une situation de menace aussi effrayante que celle des dix plaies infligées à l’Égypte ! En outre, si nous faisons Téchouva sans regret sincère pour les fautes commises, mais plutôt par peur des conséquences de nos mauvaises actions, alors, en un certain sens, nous ressemblons à Pharaon qui se serait « repenti » par peur…

Cette idée est confirmée par la différence entre la Téchouva Mi'yira (repentir par crainte) et la Téchouva Méahava (repentir par amour). La Guémara rapporte deux déclarations apparemment contradictoires de Rech Lakich sur la force de la Téchouva. D’une part, il se base sur un verset et affirme que la Téchouva est grande, parce qu’elle peut changer les fautes volontaires (Mézid) en fautes involontaires (Chogueg). Mais d’autre part, il cite un autre verset et déclare que la Téchouva est grande, parce qu’elle transforme la faute en Mitsva. La Guémara explique que la première déclaration se réfère à celui qui se repent par peur (Téchouva Mi'yira) alors que la seconde fait référence au repentir par amour (Téchouva Méahava). Celui qui se repent par peur d’être puni mérite que ses fautes volontaires soient transformées en fautes involontaires, qui impliquent une punition moins sévère. Rav Daniel Glatstein[3] explique le processus : quand la personne commet une 'Avéra, elle ne réalise pas la gravité de la punition, et quand elle se repent par crainte de cette punition, celle-ci est considérée comme involontaire (le Chogueg inclut le cas où l’on sait qu’il s’agit d’une faute, mais qu’on ne réalise pas la gravité de l’acte).

En réalité, la personne ne se repent pas vraiment par regret de s’être éloignée de Hachem, mais plutôt par peur d’être punie. C’est en quelque sorte semblable à la situation de Pharaon (à un niveau bien moindre, évidemment). Le repentir de Pharaon était motivé par la crainte de la sanction et non par les remords du fait de son comportement.

Ainsi, l’action ou le repentir par crainte indique un manque de véritable décision, de libre arbitre de faire ce qui est juste.

Cela signifie que l’on ne se repent pas vraiment à cause de sa peine de s’être éloigné de Hachem, puisque cela ne se produit que si l’on veut agir correctement ou amender ses actions par regret sincère de s’être éloigné de Hachem.

Cet enseignement peut être appliqué dans le domaine de l’éducation (de nos propres enfants ou de nos élèves). Il est facile de les contraindre à respecter les Mitsvot avec des menaces de punition. Cela peut fonctionner à court terme, pour forcer l'enfant d’agir d’une certaine manière, mais cela lui retire en réalité, la capacité de prendre des décisions sincères et libres. Les conséquences négatives se font sentir souvent lorsque les enfants grandissent et ne sont plus vraiment sous l’autorité de leurs parents ou de leurs professeurs. Si leur lien avec la Torah et les Mitsvot est basé sur la peur de la punition, alors il ne sera pas suffisant pour maintenir les enfants connectés au judaïsme quand d’autres options, apparemment plus agréables et faciles, les tenteront. Seul un ’Hinoukh qui donne une véritable compréhension de notre relation avec Hachem et qui explique la raison pour laquelle nous respectons les Mitsvot, permet à l’individu d’avoir une base suffisamment solide pour prendre les bonnes décisions.

 

[1] Hilkhot Téchouva 6,3

[2] Sforno, Chémot 7,3. Le Séfer Ha'ikarim donne la même explication (4,25)

[3] Sur la base d’une explication de Rav Its'hak Blazer

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Dernière mise à jour, il y a 9 minutes