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Blog : Torah-Box

Rabbi Its'hak Abi'hssira : Une vie et une mort pour D.ieu

À l’occasion de la Hiloula de Rabbi Its’hak Abi’hssira (fils du Abir Ya’akov), voici une brève biographie de ce grand saint. Reconnu comme un érudit et capable de prodiges depuis sa plus tendre enfance, Rabbi Its’hak vécut et mourut en sanctifiant le Nom de D.ieu. N’oubliez pas d’allumer une bougie et de prier par son mérite !

Rabbi Its’hak Abi'hssira, plus jeune fils de notre maître le Abir Ya’akov, vint au monde en l’an 1859. Dès le sein maternel, il était sanctifié et mérita une âme d’une très haute élévation, une étincelle issue de la racine de l’âme de Rabbi Its’hak Louria, le Arizal.

Selon la tradition familiale, notre maître le Abir Ya’akov s’était séparé (sans divorcer) de son épouse pendant environ sept ans, avec le plein accord de celle-ci, après la naissance de leurs trois fils et deux filles, se consacrant entièrement à l’étude de la Torah et au service divin avec une sainteté exceptionnelle. Il envisageait de maintenir cette séparation jusqu’à ce qu’il bénéficie d’une révélation particulière du Ciel lui annonçant qu’il avait la capacité de faire descendre dans ce monde une âme très élevée, une étincelle de celle du Arizal.

Il se sanctifia alors intensément afin d’attirer cette âme sublime, revint vers son épouse, et son fils né dans sa vieillesse vit ainsi le jour, qu’il nomma "Its’hak" du prénom du Arizal.

Un enfant prodigieux

Dès son plus jeune âge, Rabbi Its’hak fut reconnu comme un juste et un saint dont les bénédictions se réalisaient, et tout ce qui sortait de sa bouche se réalisait. Son grand-père lui enseignait la Torah dans la sainteté, et lui portait un amour et un respect profonds.

Un événement marquant survint alors qu’il n’avait qu’environ huit ans : à la sortie de Yom Kippour de l’an 1868 (5628), tous les membres de la communauté de Tafilalet sortirent, sous la conduite du Abir Ya'akov, pour réciter la bénédiction de la lune. Mais la lune demeurait cachée derrière les nuages.

Rabbi Ya’akov se tourna alors vers son jeune fils et lui demanda d’ordonner à la lune de se dévoiler. Rabbi Its’hak leva la tête et s’adressa à la lune : "Mon père se tient ici et souhaite réciter la bénédiction de la lune, ainsi que toute la communauté avec lui – et toi, tu te caches ?" Aussitôt les nuages se dissipèrent et la lune apparut. Le Abir Ya’akov et toute la communauté récitèrent alors la bénédiction avec une grande joie.

On raconte qu’à 12 ans, durant cette période, il étudiait auprès de son illustre père, le Abir Ya’akov. Un jour, il ne se présenta pas à l’heure habituelle de son étude. Rabbi Ya’akov envoya alors un de ses disciples pour le chercher. Celui-ci le trouva enfermé dans sa chambre, absorbé par l’écriture.

Lorsqu’il arriva, son père le réprimanda et lui demanda pourquoi il n’était pas arrivé à l’heure fixée pour l’étude. En réponse, Rabbi Its’hak lui présenta le poème "A’oufa Echkona" qu’il venait tout juste de composer. Rabbi Ya’akov lut le poème, rempli d’élans d’inspiration, de nostalgie et de désir ardent envers la Présence divine. Profondément impressionné, Rabbi Ya’akov loua la grandeur spirituelle de son fils et déclara à ses disciples que tout ce qu’ils avaient étudié ce jour-là n’égalait pas la sainteté de ce poème.

Un génie dans tous les domaines de la Torah

Rabbi Its’hak étudiait la Torah avec une immense assiduité, sans la moindre interruption, dans la sainteté et la pureté. Il bénéficiait d’un amour particulier de la part de son père, Rabbi Ya’akov, jusqu’à sa mort, en l’an 1880 (5640), alors que Rabbi Its’hak n’avait que vingt ans.

On peut mesurer la force du lien qui les unissait à travers ce qu’écrivit Rabbi Its’hak après le décès de son père, dans une lettre adressée à Rabbi Avner Hatsarfati :

"Tant que mon père, de sainte mémoire, était en vie, je ne manquais de rien. Jamais il ne m’attrista, jamais il ne rejeta ma demande et il faisait pour moi tout ce que je désirais. (…) Mon amour était gravé dans son cœur, et moi-même, je ne lui ai jamais refusé rien de ce qu’il souhaitait."

En plus de sa maîtrise de la Torah révélée, il se consacra dès sa jeunesse à la sagesse ésotérique. Son père lui permit même d’y accéder très tôt, après avoir constaté l’acuité de sa compréhension et la pureté de son être. On dit plus tard de lui qu’il connaissait les écrits du Arizal – le ‘Ets ‘Haïm et les Huit Portes – aussi aisément que l’on récite "Achré Yochvé Vétékha".

Quiconque étudie les ouvrages qu’il nous a légués, réunis dans l’ouvrage "Toldot Its’hak", ainsi que ses poèmes sacrés, constate qu’ils regorgent d’une sagesse jaillissant d’un registre à l’autre : un génie dans les domaines dévoilé et caché, un élan exceptionnel pour la proximité avec D.ieu et un service divin empreint de sainteté et de pureté.

Des années plus tard, Baba Salé raconta qu’il avait appris de Rabbi Its’hak à ne jamais se laisser envahir par la fatigue au milieu de l’étude, bien qu’ils étudiaient jour et nuit, durant de longues heures ininterrompues. Il disait : "Moi, je me fatiguais ; lui ne se fatiguait jamais, bien qu’il fût plus âgé que moi, et que moi, j’étais encore jeune."

Il avait tellement purifié son corps et son âme par le service du Créateur, par l’étude constante, les jeûnes et les ascèses, qu’il avait acquis une véritable vision prophétique : il lui suffisait de regarder le visage d’une personne pour la reprendre sur ses actes et sur les pensées de son cœur, lui énumérant tout ce en quoi elle avait fauté. En raison de cette proximité avec l’esprit prophétique, on le surnommait : "Le Prophète".

Quand Rabbi Its’hak arrêta une armée entière

Baba Salé a rapporté l’histoire qui suit : Lors de l’un de ses voyages, Rabbi Its’hak devait se rendre dans une certaine ville où le gouverneur, ennemi farouche des Juifs, imposait aux habitants juifs des décrets fiscaux extrêmement lourds. Avant son arrivée, Rabbi Its’hak envoya une lettre au chef de la communauté juive pour l’informer de sa venue.

À cette époque, lorsqu’un grand rabbin arrivait dans une ville afin de la renforcer spirituellement ou de collecter des fonds, tous les habitants sortaient à sa rencontre, l’accueillaient avec les honneurs dus à un roi, et l’accompagnaient en grande procession, au son des instruments, jusqu’à sa demeure – comme pour l’intronisation d’un Séfer Torah.

Cette fois-ci, en recevant la lettre, le chef de la communauté fut saisi de panique : comment accueillir Rabbi Its’hak selon l’usage sans provoquer la colère du gouverneur, qui risquait d’alourdir encore les décrets ? Il décida intérieurement de ne prévenir personne et d’accueillir discrètement le Rav.

Or, cette nuit-là, le Abir Ya’akov, père de Rabbi Its’hak, lui apparut en rêve et lui dit : "Comment oses-tu envisager de ne pas accueillir mon fils avec l’honneur qui lui revient ? N’aie crainte : recevez-le avec les honneurs royaux qui lui sont dus, et il ne vous arrivera aucun mal."

Au matin, le chef de la communauté informa tous les habitants qu’ils devaient sortir avec lui pour accueillir le Tsadik. Ils sortirent à sa rencontre et l’accueillirent avec une grande joie.

À l’entrée de la ville, le chef de la communauté voulut conduire Rabbi Its’hak par des ruelles secondaires, afin d’éviter la colère du gouverneur. Mais Rabbi Its’hak déclara : "Nous marcherons par la voie royale, sans nous détourner ni à droite ni à gauche." Ils continuèrent donc par la rue principale. Le chef de la communauté, inquiet, pressait Rabbi Its’hak d’accélérer pour que la procession s’achève rapidement. Mais, arrivés sur la place centrale, juste en face de la maison du gouverneur, Rabbi Its’hak s’arrêta et déclara : "J’aimerais m’asseoir et me reposer un peu du voyage".

Toutes les supplications du chef de la communauté demeurèrent vaines. Rabbi Its’hak s’assit, entouré de toute la foule, et demanda qu’on lui prépare du thé. Aussitôt, on s’empressa : on amena du bois, on fit chauffer de l’eau, etc.

Lorsque le gouverneur apprit que tous les Juifs étaient rassemblés au centre de la ville, il envoya immédiatement un détachement de soldats pour les disperser. Alors un grand miracle se produisit tel le verset de la Paracha que nous lisons cette semaine, Béchala’h : "Par la grandeur de Ton bras, ils se figèrent comme une pierre" – tous les soldats restèrent immobiles, pétrifiés, incapables de faire un pas.

On courut prévenir le gouverneur. Furieux, il ne crut pas ces allégations et dépêcha une nouvelle troupe. Mais elle aussi se figea sur place. Le gouverneur décida donc de se rendre en personne sur les lieux. Arrivé sur la place, il demeura stupéfait devant ses soldats immobiles tels des statues.

Il s’approcha aussitôt de Rabbi Its’hak, se prosterna à ses pieds, et le supplia de lui pardonner et de libérer ses soldats de cette entrave invisible. Rabbi Its’hak répondit : "J’ai entendu dire que tu fais souffrir mes frères, les Juifs. Je ne te pardonnerai pas tant que tu n’auras pas annulé tous les décrets que tu as imposés contre eux."

Le gouverneur répondit : "D’accord, je les annule." Rabbi Its’hak poursuivit : "Je n’accepte tant que tu n’auras pas approuvé ici et maintenant que tu abroges tout, que tu les autorises à rouvrir leurs commerces et que tu les aides." Le gouverneur s’assit aussitôt, écrivit tout ce que Rabbi Its’hak lui dicta et signa de sa main. Ce n’est qu’alors que Rabbi Its’hak ordonna aux soldats de partir. Ils semblèrent sortir d’un profond sommeil et s’enfuirent.

Pour les Juifs, ce fut une immense délivrance !

Vivre et mourir pour sanctifier le Nom divin

La vie merveilleuse et élevée de Rabbi Its’hak prit fin soudainement, alors qu’il se trouvait au sommet de sa force et de sa splendeur. Il fut tué ‘Al Kiddouch Hachem, en sanctifiant le Nom divin.

C’était un vendredi, veille de Chabbath, Parachat Béchala’h, le 14 Chevat 1912 (5672) ; il n’avait alors que 52 ans.

Il expliqua qu’il attendait volontairement les pillards arabes qui projetaient d’attaquer les Juifs de la ville voisine de Gourama, et qu’il préférait recevoir leurs coups à leur place, afin que les criminels renoncent à leur projet de pogrom. Ainsi sauverait-il de nombreux Juifs et mourrait-il en sanctifiant le Nom divin.

C’est précisément ce qui lui arriva : il donna sa vie ‘Al Kiddouch Hachem et, ce faisant, sauva les Juifs de la région.

Cela rejoint étroitement ce que rapporte la Guémara (Brakhot 61b) au sujet de Rabbi ‘Akiva : tandis qu’il était exécuté en sanctifiant le Nom divin, il disait : "Toute ma vie, j’ai attendu que ce verset ‘de toute ton âme’ se présente à moi pour que je puisse enfin l’accomplir."

Rav Méir Chalom Busso

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Dernière mise à jour, il y a 28 minutes