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Blog : Torah-Box

Bikour 'Holim - Plus qu'une visite : un acte qui retire la maladie

Quel est l’impact réel du Bikour ‘Holim sur le corps et sur l’âme d'un patient ? Quand la présence humaine devient un véritable soin…

Le Bikour ‘Holim, un acte médical d’une valeur unique

Beaucoup se rappellent de cette terrible soirée de décembre 2001. Alors qu’il célébrait le mariage de la fille de sa secrétaire à Sarcelles, le Grand-Rabbin de France Joseph Sitruk s’effondre soudainement. Frappé par un très grave accident vasculaire cérébral, Rav Sitruk est emmené en urgence à l’hôpital tandis que les médecins préviennent la famille qu’il n'a que 1% de chances de survivre la première nuit après l’attaque.

Mais les prières de tout le monde juif, francophone et au-delà, l’accompagnent, et transformeront, selon les mots du Rav, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, en celui de "la piété salle de prière". Après 26 jours, Rav Sitruk se réveille. Petit à petit, il reprend ses esprits, sa parole et toutes ses facultés mentales, et attribue ce miracle aux milliers de prières récitées pour sa guérison. Il se voit comme un "survivant de la prière".

C’est alors que vient lui rendre visite, comme un vieil ami qu’il est effectivement, Mr Jacques Chirac, Président de la République française. Le président, qui avait préparé sa visite, aura ce mot mémorable : "Monsieur le Grand-Rabbin, dans votre tradition, on dit que celui qui rend visite à un malade lui retire un soixantième de sa maladie. Avec moi, c’est 60 millions de Français qui vous rendent visite."

Dans cette chambre d’hôpital, il n’y avait ni tribune ni drapeaux, seulement un maître de Torah et un ami, qui était aussi chef d’État. La phrase de Chirac, à la fois affectueuse et profondément républicaine, disait tout simplement : "Nous sommes là avec vous et la France a besoin de vous encore longtemps."

Rendre visite au malade lui fait-il vraiment du bien ?

Nous pouvons retrouver cette notion du soulagement de la douleur d’un malade, lors de la visite qu’un autre Yossef, Yossef Hatsadik, fit à un autre "Ya’akov", Ya’akov Avinou. On nous dit que l’on annonça à Yossef Hiné, "voici que ton père est malade". À l’entrée de Yossef, Ya’akov se renforce et s’assoit à la tête de son lit, Hamita. Nous nous émerveillons alors avec le Alchikh Hakadoch qui note que la valeur numérique de Hiné, 60, est passée à celle de Hamita, 59, avec la visite de Yossef. C’est bien ce que nous enseigne le Talmud : si quelqu’un partage le même Mazal que le malade (comme Yossef qui a traversé les mêmes épreuves que son père), sa visite peut le libérer d’un soixantième de sa maladie, passant de 60 à 59. (Nédarim 39)

Essayons ensemble de comprendre comment une simple visite peut aider un malade et le soulager en partie...

Au XIXème et au début du XXème siècle, les hôpitaux transformaient les malades en quasi-prisonniers, limitant les visites à un rare instant hebdomadaire. Le visiteur est un élément perturbateur, voire un vecteur de contamination. Seul le Dr Max Sandraczki, fondateur en 1872 de l’hôpital pédiatrique de Jérusalem, osa penser que "non seulement l’enfant est malade, mais la famille tout entière", installant des lits pour les parents auprès des petits. Conception visionnaire, elle précéda de loin notre époque où familles et amis sont vus comme des associés à la guérison du patient.

La Torah, dans sa profonde sagesse, a encore plus d’avance : un disciple bien-aimé de Rabbi ‘Akiva tomba gravement malade ; les sages délaissèrent son chevet, mais le maître, touché par sa détresse, s’y rendit avec tendresse. Il nettoya la maison et le mit à l’aise. Honoré et revigoré par sa venue, l’élève s’écria : "Rabbi, vous m’avez rendu la vie !" (Nédarim 40)

C’est le premier rôle de la visite : prendre soin du malade, l’encourager, et se soucier de combler tous ses besoins pour accélérer sa guérison. Rav Its’hak Hutner, se basant sur le Radak, explique que le terme Bikour ‘Holim n’est pas seulement une visite mais provient de Bikoret, vérification où l’on vérifie l’état et les besoins du patient.

Le second rôle est encore plus profond : Rav Dimi nous enseigne que celui qui rend visite au malade lui insuffle la vie, car cela poussera le visiteur à prier pour sa guérison. D’après le Ramban, il s’agit même de l’essentiel de la Mitsva.

On prendra soin de prier pour ce malade en l’incluant parmi tous les autres malades d’Israël. En sa présence, il n’est pas nécessaire de mentionner le nom du malade et la prière peut être récitée en toute langue, vu que la Présence divine se trouve à la tête de chaque malade.

Allô ?

Pour pousser plus loin notre réflexion, il est intéressant de juger la valeur d’un appel téléphonique comme humble remplaçant d’une visite aux malades.

Le Rav Elyashiv remarque qu’en l’absence d’une vraie rencontre, l’émotion n’est pas au rendez-vous et l’on ne saurait prier convenablement pour le malade. Il est difficile aussi de l’aider à distance. Si l’on peut considérer cela comme de la Guemilout ‘Hassadim, de la bienfaisance, comme l’écrit Rav Acher Weiss, on ne peut appeler cela du Bikour ‘Holim.

À l’opposé, pour le Rav Its’hak Hutner, cité plus haut, il est évident que même par une conversation téléphonique, on peut accomplir la Mitsva de Bikour ‘Holim, car tout acte qui allège sa souffrance entre dans cette Mitsva, et il n’y a aucune différence entre une conversation téléphonique et une autre intervention pour porter secours au malade.

Au final, de nombreux décisionnaires comme Rav Moché Feinstein, Rav ‘Ovadia Yossef, Rav Chlomo Zalman Auerbach ou encore Rav Its’hak Weiss dans son Min’hat Its’hak, tranchent que même si une visite est préférable et permet d’accomplir la Mitsva parfaitement, en cas de difficulté particulière, un appel téléphonique permettra d’accomplir la Mitsva de façon partielle, car certains aspects sont bel et bien accomplis.

La Mitsva de Bikour ‘Holim est toujours une des caractéristiques de la communauté juive dont nous pouvons être fiers. Les fraternités de Bikour ‘Holim, ardentes sentinelles au chevet des malades, sont attestées dès 1335 à Saragosse, et  s’épanouirent en Europe au XVème siècle, sans oublier les cercles féminins des "femmes Tsadkaniot", les femmes justes. À leurs côtés, veillait la Koupat Bikour ‘Holim, caisse réservée à cette Mitsva, afin de régler médecins, apothicaires et sages-femmes en lieu et place des démunis souffrants.

Divine Mitsva

C’est aussi par cette Mitsva que le peuple d’Israël proclame sa ressemblance avec le Tout-Puissant. En effet, nos Sages expliquent que : "Vous marcherez à la suite de l’Éternel votre D.ieu" (Dévarim 13, 5) signifie : puisqu’on ne peut pratiquement suivre la Chékhina, il convient d’imiter les voies d’Hachem. Puisqu’Il visite Avraham lors de sa maladie, nous aussi, nous rendons visite aux malades. (Sota 14a) Cette Mitsva figure même parmi les actes dont l’homme savoure les fruits en ce monde, tandis que le capital subsiste intact pour l’autre monde.

Ainsi, de Rabbi ‘Akiva au Grand-Rabbin Sitruk, la Mitsva de Bikour ‘Holim relie l’homme à la Présence divine : une visite n’est pas un simple geste, mais un souffle divin qui ranime l’âme et défie les ténèbres de la peur et de la maladie. Par la tendresse et la prière, nous pouvons guérir ce que la médecine seule ne saurait accomplir.

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Dernière mise à jour, il y a 59 minutes