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Blog : Torah-Box

Pourim : Le sens de la coutume de frapper en entendant le nom d'Haman

La coutume de faire du bruit lorsque le nom d’Haman est prononcé lors de la lecture de la Méguila est un Minhag ancien. Mais quelle est l’origine de cette coutume et quelle en est la signification ? Explorons cinq explications de cette pratique et analysons sa logique profonde…

Le Ché’élot OuTéchouvot Milé Dé Avot (3:13), de Rabbi Israël David Margolies Yaffe, disciple du ‘Hatam Sofer, écrit que cette coutume remonte à la Lichkat Hagazit — le siège du Sanhédrin à l’époque du Second Temple. D’autres en situent l’origine à l’époque de Rachi. En effet, le Chibolé Haleket, au nom de Rachi, ainsi que le Tanya Rabati (également rédigé par le Chibolé Haleket), rapportent qu’à la fin de la lecture de la Méguila, les gens frappaient du pied ou entrechoquaient des pierres en entendant le nom d’Haman.

Quelle est la raison profonde de cette pratique ? 

Une première explication, citée par Rabbi Yitz’hak Tirna (Séfer Haminhagim, §51), est que ces coups servent à avilir le nom d’Haman, conformément au principe : « Chem Recha’im Yirkav — Le nom des méchants pourrira » (Michlé 10,7).  Le Mateh Moché (§1006) développe cette idée et cite plusieurs sources anciennes indiquant que cette coutume était pratiquée en France et en Provence précisément pour cette raison. Il existe même une allusion (Remez) dans la Torah. Le verset :
« Vehaya im ben hakot haracha' — Et s’il arrive que le méchant mérite d’être frappé » (Dévarim 25,2), a pour dernières lettres le nom Haman. Cela suggère que l’acte de frapper symbolise l’effacement de son nom. Cependant, si la raison est « Chem Récha’im Yirkav », on peut se demander : pourquoi ne frappons-nous pas lors des lectures de la Torah évoquant Pharaon ou 'Essav ? Pourquoi cette coutume est-elle réservée exclusivement à Haman ?

Cela conduit à une deuxième explication : cette coutume accomplit la Mitsva
« Tim’hé et zé’her 'Amalek — Tu effaceras le souvenir d’'Amalek » (Dévarim 25,19).
Le Beth Yossef (690), citant le Or’hot ‘Haïm de Lunel, ainsi que le Mateh Moché, expliquent que le but n’est pas seulement de déshonorer Haman, mais de mettre en pratique la Mitsva d’éradiquer 'Amalek. Une correspondance numérique vient renforcer cette idée : l’expression « Ma’ho Emhé— J’effacerai totalement » (Chémot 17,14) a la même Guématria que « Zé Haman ».

Un niveau supplémentaire apparaît dans les écrits de Rabbi Pin’has de Koretz. Il explique que chaque Mitsva rabbinique possède une racine dans la Torah, et que lorsqu’un mot hébraïque a plusieurs significations, nous cherchons à les accomplir toutes. Par exemple, Ténoufa signifie à la fois « agiter » et « élever » ; c’est pourquoi on agite dans toutes les directions et on élève vers le haut. De même, Tim’hé ne signifie pas seulement « effacer », mais aussi « frapper ». Cela se reflète dans les Séli’hot, où Hachem est décrit comme « Ma’hé Oumarpé » — Celui qui frappe et Celui qui guérit. En frappant au nom d’Haman, nous réalisons les deux sens de Tim’hé.

Une autre raison se trouve dans la tradition de Rabbénou Yehouda Ha‘hassid, rapportée dans Assoufot Mitalmidé Ba'al Harokea’h. Il raconte qu’un noble s’étonna de cette pratique. Rabbénou Yehouda Ha‘hassid lui répondit qu’à chaque coup donné, Haman était frappé dans le Guéhinom. Lorsque le noble exigea une preuve, Rabbénou Yehouda Ha‘hassid lui montra miraculeusement une vision du Guéhinom où Haman souffrait à chaque coup. De même, le Ba'al Chevet Moussar et le Midrach Eliyahou sur la Méguilat Esther rapportent que chaque fois que nous frappons au nom d’Haman, Hachem fait subir à Haman un tourment dans l’au-delà.

Une autre approche est proposée par le Kerem Ephraïm, qui s’appuie sur le principe du Ramban de Po’el Dimyon, (action symbolique créatrice) (Béréchit 12,6) — l’idée que des actes symboliques peuvent provoquer des événements réels. Ainsi, lorsque Hachem décréta la chute de Babylone, Il ordonna à Yirmiyahou de jeter une pierre dans le fleuve. De même, le tir de flèche d’Élicha fut une mise en acte prophétique de la défaite d’Aram. Sur cette base, le Ramban explique « Ma’assé Avot Siman Labanim » — les actions des patriarches préfigurent l’avenir. De la même manière, notre frappe lors du nom d’Haman est une mise en acte symbolique de l’anéantissement futur d’'Amalek.

Le Nétivot Hamichpat (Séfer Méguilat Sétarim) applique ce principe à la Méguilat Esther, expliquant que la potence de cinquante coudées construite par Haman correspondait à sa tentative de soumettre les cinquante niveaux de sainteté aux cinquante niveaux d’impureté. Son acte était un Po’el Dimyon visant à écraser la Kédoucha. Nos frappes, à l’inverse, constituent un Po’el Dimyon dans notre combat pour éradiquer 'Amalek.

Le ‘Hida, dans Ma’hzik Berakha (Ora’h ‘Haïm 687,1), propose encore une autre explication. Il cite le Séfer Kav Vénaki, selon lequel, tout au long de l’histoire juive, divers oppresseurs ont tenté d’imiter Haman. La pratique persistante de frapper à son nom envoie un message clair : le peuple juif n’oubliera ni ne pardonnera jamais de tels ennemis. Cela pourrait constituer une protection spirituelle contre les persécuteurs futurs.

Enfin, une perspective intéressante apparaît dans les Chéélot Outéchouvot Pri Hasadé (3:42), qui rapporte que certaines communautés ont tenté d’abolir cette coutume. Il explique que même si cette pratique n’est pas une Mitsva obligatoire, elle constitue un « Chi’yeré Mitsva » — un reste de Mitsva ayant un pouvoir protecteur contre les calamités (Soukka 38a), à l’image des effets protecteurs de la Sémikha (apposition des mains), de la Ténoufa (balancement) et des Na’anouïm (oscillations). Pour cette raison, la coutume de frapper au nom d’Haman demeure une pratique juive sacrée, confirmée par le Rama (Ora’h ‘Haïm 690:17), qui note qu’il est d’usage que les enfants écrivent le nom d’Haman puis le frappent.

Ainsi, cette pratique ancestrale est bien plus qu’un simple usage : elle est porteuse d’un sens profond et d’une finalité spirituelle majeure…

Rabbi Daniel Glatstein

(traduit d’un article sur www.torahanytime.com)

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