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Blog : Torah-Box

Chabbath Zakhor : se souvenir pour anéantir ?Amalek

En apparence, si le but est d’effacer le nom d'’Amalek, il aurait mieux valu éviter complètement d’en parler. Chut… et très vite plus personne ne se souviendrait même qu’il a existé un jour. Demande à n’importe quel non-Juif dans le monde s’il a déjà entendu parler d’« ’Amalek » : il répondra avec étonnement et par la négative. Je ne sais pas, je n’ai jamais su. Les seuls qui savent qu’une telle chose existe, ce sont ces Juifs qui veulent l’effacer. Est-ce possible ?!

Déjà depuis des milliers d’années, l’une des six choses dont un Juif doit se souvenir chaque jour est : effacer ‘Amalek. Nous sommes sommés et tenus de nous souvenir de ce qu'’Amalek nous a fait toute notre vie, et de l’effacer, sans en laisser aucun souvenir. Et une fois par an, le Chabbath précédant Pourim, il y a une obligation de la Torah d’entendre cette section et de s’en souvenir : le Chabbath Zakhor.

Pour répondre à cela, nous devons comprendre qui est ‘Amalek... 

Il existe une tendance juive à coller l’étiquette « ‘Amalek » sur quiconque nous hait et nous poursuit. Mais tout le monde ne mérite pas ce titre douteux. Ce n’est pas une appellation distribuable à volonté ; elle est destinée à quelqu’un et à quelque chose de très précis. Il y a soixante-dix nations, et « ‘Amalek est la première des nations » ; apparemment il faut être vraiment, vraiment mauvais, un mal de « première des nations », pour mériter ce titre. Il ne suffit pas d’avoir « un peu » de mal, mais « uniquement du mal tout le jour » (acrostiche : ‘Amalek [1]). Alors qui est-il ?

Il existe deux sortes de mal. Il y a un mal qui vient « combattre » le bien et il y a un mal qui ne « reconnaît » pas du tout le bien. Le premier mal est le plus connu et le plus facile. Il vient faire la guerre ; il y a le bien et le mal ; et il t’attire vers le mal : corruption, fautes, mauvais traits de caractère, désirs inférieurs. C’est assurément du mal, mais il y a encore deux côtés, le bien et le mal ; la lutte n’est pas simple, mais on peut, si l’on veut et si l’on y parvient, choisir entre eux. Mais il y a un autre mal, bien pire et beaucoup plus dangereux. Ce mal, c’est ‘Amalek, et il ignore et nie totalement l’existence de tout bien. À ses yeux, il n’y a même pas de guerre, ni aucun combat entre le bien et le mal. Le bien n’existe tout simplement pas. Il n’a jamais existé et n’existera jamais ; je n’ai aucune idée de ce dont tu parles.

Rappelle-toi : une minute et demie après que le peuple d’Israël a tout vu — les dix plaies, l’ouverture de la mer, les nuées de gloire, et une nourriture qui descend du ciel — ‘Amalek arrive et réussit à introduire dans leur cœur la question : « D.ieu est-Il au milieu de nous ou non ? » Comment ?! Tu te trouves au milieu des nuées, tu manges un pain céleste, et tu poses une telle question ? Oui. C’est là la force d’‘Amalek : l’obscurité. Un espace noir. Le vide. Le mal. Et cela arrive à chacun. Il y a des jours « standards », avec des défis, des confrontations et des difficultés et malgré cela, il y a aussi la force d’affronter, de lutter, et parfois même de vaincre. Mais il y a des jours où tout est noir. Il ne s’est pas forcément passé quelque chose, mais soudain une sensation de vide abyssal s’empare de toi, comme si tout était ennuyeux, sans importance, dépourvu de sens. Comme si je n’avais jamais fait l’expérience du bien, et sans doute ne la ferai jamais. Qu’est-ce que c’est ? 'Amalek.

C’est un mal absolu, contre lequel il est très difficile de tenir, car il ne laisse même pas deux côtés ; il te laisse face à un espace noir sans fin, où il n’y a aucune lumière, aucun espoir et aucun bien. Quelqu’un a dit un jour : « Je n’ai pas encore trouvé la lumière au bout du tunnel… » Quand ‘Amalek rend visite, il n’y a même pas de tunnel. ‘Amalek ne séduit pas à commettre des fautes, assouvir des désirs ou de mauvais traits de caractère. Il affirme simplement qu’il n’y a pas de Mitsvot, pas de Torah, pas de bien, ni rien du tout.

Que faire ? Chabbath Zakhor...

Et chaque jour, se souvenir. Lorsque nous rappelons cela, il se produit quelque chose de très, très crucial : nous appelons l’enfant par son nom. Si, jusqu’à il y a un instant, je pensais que cette sensation était « la réalité » ou « mon sentiment », il s’avère que non : ce n’est ni la réalité ni moi, mais une écorce terrible, appelée 'Amalek. Si nous ne le rappelons pas, cela ne signifiera pas qu'il n’existe pas ; il existera, mais sans que nous sachions qu’il existe. Après avoir pris conscience de son existence, on peut l’effacer — et c’est ce que nous faisons à Pourim. À Pourim, brille une grande lumière d’amour, qui embrasse en elle chaque parcelle de Juif et lui dit, sans équivoque : « tu pensais qu’il n’y avait pas de bien ?? Il n’y a pas de mal ! » 

[1] Acrostiche - ????
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Translittération : « rak ra kol hayom »
Sens : « seulement du mal, tout le jour »

Tiré et traduit du feuillet “Alé Létroufa” (Likouté Moharan, Torah 64 ; Likouté Halakhot, Pikadon 3)

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Dernière mise à jour, il y a 24 minutes