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Blog : Torah-BoxHommage au Rav Ra'hamim MonsonegoÀ l’occasion des 30 jours du décès du Rav Ra’hamim Monsonego, Torah-Box vous propose de découvrir une brève biographie de ce grand Sage de la ville d’Aix-les-Bains. Pensez à allumer une bougie à sa mémoire. Il était le fils de l’illustre Rav Yedidya Monsonego, autrefois grand rabbin du Maroc, issu d’une prestigieuse lignée de rabbins, à laquelle le roi lui-même montrait des égards. Né en 1934 à Fès, Rav Ra’hamim est le quatrième d’une fratrie qui compte six frères (dont le sixième est né d’une seconde épouse) et deux sœurs. Très tôt, il montre de grandes aptitudes pour l’étude de la Torah, et, à l’âge de 15 ans (en 1949), il est accueilli à la Yéchiva d’Aix-les-Bains. Il y fera ses études jusqu’en 1957, puis retourne au Maroc, à Casablanca, où il épouse une jeune femme (née Na’hmani). Il s’installe tout près de son grand frère, Rabbi Aharon. Les deux foyers se partagent les deux étages d’une même maison. Assidu à l’étudeDurant les années qui suivent, Rav Ra’hamim se consacre à l’étude et à l’enseignement de la Torah dans les institutions Otsar Hatorah. Il y côtoie de grands maîtres (’Hakham Moryossef, par exemple) qui, comme lui, ont marqué une génération d’élèves. La profondeur de son érudition n’échappe pas à son père – le Rav Yedidya – qui, souvent, dira à certaines personnes venues le consulter : “Quand il s’agit d’une question complexe ou d’un problème ardu qui exige une réflexion approfondie (en hébreu : ‘Iyoun), c’est mon fils Ra’hamim qu’il faut interroger, car il a l’esprit perspicace.” De fait, Rav Ra’hamim était un talmudiste chevronné qui se passionnait pour la Guémara, et aussi pour l’étude du commentaire de Rachi sur le ‘Houmach avec tous les super-commentaires. Il appréciait tout particulièrement l’ouvrage Rav Peninim (recueil de commentaires et d’homélies de Rav Raphaël Berdugo, surnommé l’Ange) où il puisait son inspiration. Sa devise tenait en quelques mots : constance, assiduité et méthode. Il étudiait systématiquement le Talmud, le commentaire de Rachi et celui des Tosfot, sans jamais faire l’impasse sur un sujet quelconque. Fidèle à la tradition des grands exégètes séfarades du Talmud, il s’employait d’abord à clarifier le passage (en hébreu : la Souguia) pour une lecture parfaitement cohérente. Il avait fait sien cet adage : “Une lecture correcte, c’est un problème à moitié résolu.” Il attachait donc une grande importance au commentaire de Rachi parce que, justement, celui-ci abonde dans ce sens : élucider le sens premier du texte. Ces explications, ainsi que les discussions des Tosfot, il les étudiait une à une, du début du traité jusqu’à la fin. Son objectif ? Très simple : comprendre toutes les questions, examiner toutes les difficultés, et résoudre tous les problèmes sans jamais en éluder aucun. Sagesse et vertu dans un même écrinSept ou huit ans après son mariage, Rav Ra’hamim retourne s’installer à Aix-les-Bains, où il occupe le poste de Méchiv, c’est-à-dire de maître enseignant qui répond à toutes les questions difficiles que lui posent les élèves de la Yéchiva. Par ses conseils, il les oriente et les guide dans leurs études. Il est aussi Maguid Chi’our, c’est-à-dire qu’il dispense un cours magistral quotidien sur lequel s’appuient les élèves pour comprendre et approfondir le sujet étudié. Il remplira cette fonction toute sa vie et, sur le tard, il ira même jusqu’à l’assumer bénévolement. Son Rav et mentor, celui qui l’aura inspiré dans ses études, c’est le Rav Elyovics d’Aix-les-Bains. Mais il a aussi été très proche du Rav Chajkin (élève du grand ’Hafets Haïm). Plus encore que sa sagesse, sa piété était remarquable, et sa conduite humble et discrète était exemplaire. Rav Ra’hamim se levait tous les jours à deux heures et demie du matin ! Il s’adonnait à l’étude de la Torah puis à la lecture de quelques Bakachot (poèmes liturgiques très chers à la tradition marocaine) jusqu’au lever du soleil. Ses enfants, d’ailleurs, l’entendaient parfois chanter ces poèmes avec ce bel air que les Juifs andalous affectionnent tant. Peu avant le lever du soleil, il allait à la synagogue pour l’office matinal des Vatikin, c’est-à-dire l’office de ces hommes pieux qui font coïncider la récitation de leur ‘Amida (les 18 bénédictions) avec le lever du soleil. Après la prière, il reprenait l’étude et l’enseignement de la Torah, dispensait cours et leçons jusqu’à l’heure du repas. Après une courte sieste, il se consacrait de nouveau à l’étude jusqu’au soir. Puis il allait se coucher à 21h30 ou 22h00 pour se lever, le lendemain, à 2h30. Cet emploi du temps, empreint de sainteté et de pureté, il l’a respecté toute sa vie, pendant plus de soixante ans, jusqu’au jour où, deux ou trois ans avant son décès, son état de santé ne le lui a plus permis. Rav Ra’hamim était donc un homme très spirituel, totalement détaché des contingences matérielles, qui ne vivait que pour et par la Torah. Et cette passion, il l’a transmise à ses enfants et à son foyer. Il voulait que ses fils approfondissent la Torah et l’étudient intensément. Il leur a appris qu’il ne suffit pas de lire ou étudier, mais il faut comprendre, trouver une réponse à chaque question, une solution à chaque problème. Les discours de Bar-Mitsva qu’il leur avait préparés le montrent bien : il s’inspirait des commentaires inédits de Rav Haïm de Brisk, un savant maître de la Torah dont les réflexions sont à la fois originales et profondes. Un homme totalement spirituelOn devine aisément que Rav Ra’hamim n’attachait aucune importance à l’argent qui, pour lui, n’avait aucune valeur intrinsèque. Il n’en désirait que ce qu’il lui fallait pour subvenir aux besoins de sa famille. La richesse, les bénéfices, ne lui importaient guère. N’ayant aucune notion des prix et de la valeur des objets matériels, il ne savait pas marchander et payait toujours intégralement le prix qu’on lui demandait. Il laissait d’ailleurs le soin de gérer les finances à son épouse qui, extrêmement fière de lui, assumait ce rôle avec bonne volonté. Femme vertueuse, elle approuvait et admirait son mari. Pour elle, il était son “roi”, et elle l’aidait du mieux qu’elle pouvait à accomplir sa mission spirituelle. En témoigne cette petite anecdote que nous ont racontée ses enfants : le tout dernier désaccord qu’elle aurait eu avec son mari portait sur une question “existentielle” : elle affirmait que son mari était sa fierté, mais lui objectait que c’est plutôt elle qui était sa fierté… Rav Ra’hamim était une force tranquille. Humble et discret, certes, il avait des idées bien tranchées, et savait les exprimer clairement quand il le fallait. Ses opinions, fondées sur sa grande érudition, étaient à la fois sages et fermes. Ennemi du lucre, Rav Ra’hamim prenait grand soin de l’argent public, et se montrait très scrupuleux dans l’usage qu’il en faisait. Chargé de mission, il voyageait parfois pour lever des fonds et recruter des élèves susceptibles de s’inscrire à la Yéchiva. Non seulement il ne percevait aucune commission sur cette collecte de fonds que, disait-il, il effectuait au nom du Ciel, mais encore il achetait son billet d’avion à ses propres frais. Et quand on lui a suggéré de se faire au moins rembourser le billet d’avion, il a eu cette réponse : “Puisque je profite également de ce voyage pour aller me recueillir sur la tombe de mes parents, j’y trouve un intérêt personnel et il est normal que je le paye”. Mais ses coreligionnaires, qui ne le voyaient pas de cet œil, sont intervenus auprès de la direction pour s’assurer que les billets de voyage lui seraient désormais payés par la Yéchiva. Autre exemple : il avait besoin d’un cartable pour y mettre les reçus relatifs aux sommes perçues ; il en avait donc acheté un de sa propre poche. Là encore, il avait refusé que la communauté débourse la moindre somme parce que, disait-il, il s’en servait parfois pour mettre sa nourriture ou ses effets personnels. Et puisqu’il lui arrivait de profiter de ce cartable, il ne voulait pas que la Yéchiva le lui paye ! Admiré de tousMaître responsable et consciencieux, il a formé une génération de rabbins. Son ambition a été de communiquer à ses enfants et à ses disciples de hautes vertus et une passion pour l’étude. Et il y est parvenu remarquablement. Ses anciens élèves, dont beaucoup occupent aujourd’hui des postes importants dans des instituts religieux de prestige, retiennent, outre la discrétion et l’humilité de leur maître, sa manière d’étudier la Torah, sa profondeur et sa sagacité. Tous, sans exception, affirment avoir acquis, grâce à lui, les techniques fondamentales de l’étude et les subtilités de l’analyse talmudique, ainsi que les méthodes et outils qui les ont aidés à évoluer dans l’étude. Rappelons que Rav Ra’hamim a fait son ‘Alyah il y a environ cinq ans, à l’âge de 86 ans. Il est décédé en Israël, le 12 Chevat dernier. Parmi les nombreux éloges funèbres, il en est un qui a particulièrement ému la famille. C’est celui, très sobre, du Rav Meïr Wreischner, collègue et ami intime du Rav. Pour décrire la grandeur du défunt, il s’est contenté de lever les mains au ciel, en manière de dire qu’il n’y avait pas assez de mots pour qualifier la personnalité de ce grand homme. Pressé par ses auditeurs de parler davantage, il a eu ces mots : “Rav Ra’hamim, c’est un tout : vertus, étude de la Torah, crainte du Ciel.” Et devant l’insistance de la famille, il a ajouté : “C’est un homme qui excellait dans ses rapports avec autrui.” En effet, Rav Ra’hamim se gardait non seulement de médire, mais aussi de louer quelqu’un, pour éviter qu’une parole ne mène à un commentaire désobligeant. Il ne parlait donc jamais d’autrui. Mais le plus stupéfiant, c’est sans doute cet aveu qu’il a fait lui-même à l’un de ses petits-fils : “Je ne crois pas avoir fait, de ma vie entière, du mal à qui que ce soit.” Propos recueillis auprès du Rav Ariel Monsonego Ajouter votre commentaire !
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