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Blog : Torah-BoxÀ la chasse au ?Hamets : ce qui se cache vraiment derrière le grand nettoyage de Pessa'hLes préparatifs de la maison pour Pessa’h ne sont pas de simples gestes domestiques : ils relèvent d’un commandement positif de la Torah. Si l’on ne prend pas la peine de s’arrêter un instant pour réfléchir, on se laisse happer par des préoccupations bien concrètes. Prenons quelques secondes de réflexion sur le sens de notre mission héroïque : quel sens profond se cache derrière tous nos efforts ? Pourim est derrière nous. Alors que sur nos tables s’alignent les splendides Michlo’hé Manot enrubannés de toutes nos connaissances, une petite voix, que nous essayons soigneusement d’ignorer, nous chuchote à l’oreille : “ Et maintenant, mon ami, plus qu’un mois avant Pessa’h, il va falloir nettoyer tout ça…” La seule idée du travail qui nous attend fait courir un petit frisson glacé le long de notre échine. Qui ne souhaite une maison étincelante le soir du Séder de Pessa’h, qui ne redoute le malheureux sandwich oublié au fond d’un cartable ? Avec une mention spéciale pour les Israéliens qui comprennent que, vue la situation actuelle, les vacances de Pessa’h ont déjà commencé pour nos chers enfants. Petit conseil, pensez-y tout de suite, à ce malheureux sandwich, le rencontrer la veille de Bédikat 'Hamets dans un mois pourrait nourrir vos pires cauchemars… Chacun sait que les préparatifs de la maison pour Pessa’h ne sont pas de simples gestes domestiques : ils relèvent d’un commandement positif de la Torah, celui d’éliminer tout ‘Hamets, tout en nous permettant d’éviter un interdit, celui de posséder du ‘Hamets. Nous savons bien que la poussière n’est pas ‘Hamets et que ce n’est pas un nettoyage de printemps, pourtant, entre cette connaissance et l’état intérieur de la personne au moment du nettoyage, peut s’étendre un gouffre. Si l’on ne prend pas la peine de s’arrêter un instant pour réfléchir, on se laisse happer tout entier par des préoccupations bien concrètes : comment nettoyer, quoi nettoyer, et jusqu’à quel point. C’est pourquoi avant de nous lancer à l’assaut, hérissés de balais et de serpillières dans un nuage de Décap’ Four, prenons quelques secondes de réflexion sur le sens de notre mission héroïque. Quel sens profond se cache derrière tous nos efforts ? Le temps de l’amourDans son livre Ech Kodech, le grand maître ‘hassidique, le Rabbi de Piasetsna, Rav Klonimos Kalman Chapira, enseignait à ses ‘Hassidim dans le ghetto de Varsovie, au cœur même de la Shoah, qu’un Juif ne peut accéder à l’essence intérieure et sacrée de Pessa’h qu’à travers les jours et les semaines de labeur, de tri et de nettoyage qui précèdent la nuit du Séder. De même que nous ne sentons battre notre cœur, nos poumons, nos muscles, qu’au moment où nous mettons notre corps en mouvement et que soudain nous les percevons vibrer, s’animer et se tendre en nous, ainsi ne pouvons-nous ressentir la lumière cachée et la sainteté profonde de Pessa’h qu’après avoir remué notre corps et préparé notre demeure d’une manière concrète et matérielle. Mais le peuple juif ne s’arrête pas là. Lorsque nous voyons les efforts impressionnants déployés dans chaque maison juive pour éliminer la moindre miette, lorsque nous nous rappelons nos grand-mères qui repeignaient la maison, nous comprenons la suite de son enseignement : La fête de Pessa’h est le temps de l’amour, l’amour infini d’Hachem qui ne nous a pas abandonnés aux affres de l’exil et qui nous a libérés dans un bouquet de miracles. Quiconque ressent l’esprit de Pessa’h perçoit, au plus profond de son cœur, que chacun de ses commandements, chacune de ses attentions, respire l’amour. Ce ne sont pas là de simples ordres d’un roi à ses serviteurs, mais les paroles tendres d’un père qui enlace son enfant et lui murmure : "Fais cela, mon fils, et encore cela." Et l’enfant, empli d’amour et de respect, s’empresse de lui obéir. Il agit avec joie, ajoute à la volonté de son père de son propre chef, et tout son être se réjouit d’aimer davantage. Ainsi, même là où il n’y a jamais eu la moindre trace de ‘Hamets, il continue à vérifier, à explorer chaque recoin. Il monte sur le four, se penche sous le lit, s’introduit dans les moindres fissures : car son cœur est en feu, et ne trouve de repos que dans cet élan d’amour. Remettre de l’ordre : un travail intérieurDe façon plus pratique, remettre de l’ordre dans notre maison nous aide à remettre de l’ordre dans notre vie. On raconte que le Rav Its’hak Zeev de Brisk arriva à la Yéchiva pour rendre visite à son fils (certains l’identifient comme Rabbi Méchoulam David ou Rabbi Méïr). Lorsqu’il entra dans sa chambre et ne l’y trouva pas, il observa les lieux : tout y était d’un ordre impeccable, les vêtements soigneusement pliés, les livres à leur place exacte, chaque objet disposé avec cette précision "Brisker" si caractéristique. Le rabbin décida alors de repartir sur-le-champ, sans attendre son fils. Quand on lui demanda pourquoi il n’avait pas patienté, il répondit : "J’ai vu que ses affaires étaient parfaitement rangées. Celui dont les possessions sont en ordre a aussi son étude en ordre, il est en parfaite santé spirituelle. Il n’y a donc rien de plus à vérifier." Remarque séfarade : l’histoire ne dit pas s’il a laissé une petite boîte avec les boulettes de la maman à son fils… Aller plus loin : remettre les choses à leur vraie placeLe Talmud (Pessa’him 2a) enseigne que la Mitsva même d’éliminer le ‘Hamets doit être accomplie à la lumière d’une bougie. Une fois trouvé, il doit ensuite être brûlé dans la flamme. Nos Maîtres expliquent que la mèche de la bougie symbolise le corps, tandis que la flamme représente l’âme. Quelle que soit la manière dont on oriente la mèche, la flamme, elle, se dresse toujours vers le ciel. L’âme reste fidèle à sa source quelles que soient les erreurs du corps. Le ‘Hamets, lui, symbolise l’égo. De même que le ‘Hamets donne au pain l’apparence d’un plus grand volume sans lui apporter de substance réelle, ainsi l’égo, gonflé d’importance, n’est au fond qu’un souffle vide. Comment, alors, se libérer de cet égo ? Par un acte en apparence ordinaire : le nettoyage de Pessa’h. Nous prenons la bougie et projetons sa lumière dans les moindres recoins, les fissures les plus cachées, pour y dévoiler le ‘Hamets. De la même manière, lorsque nous nous regardons à la lumière de notre âme, nous mettons au jour le ‘Hamets intérieur, cette illusion gonflée d’orgueil, qui, une fois reconnue, se dissout, ne laissant derrière elle qu’un peu de fumée. Brûler son égoPessa’h est la fête de la liberté. Mais la véritable liberté ne naît que lorsque l’on s’affranchit de l’esclavage de son propre égo. S’il nous enserre dans son étreinte mortelle, si on court après le succès en croyant qu’il est la seule voie vers le bonheur, si on dépend du regard ou des éloges des autres pour se sentir en paix avec nous-mêmes, alors nous sommes encore esclaves. Si l'on ne maîtrise pas notre colère, ou que la peur nous enchaîne, nous ne sommes pas encore libres. De la même manière que jeter tous les objets superflus de notre demeure nous aère et nous permet de respirer, lorsque nous brûlons le ‘Hamets de notre personnalité, nous brisons les chaînes des boulets, peurs et fantasmes qui nous alourdissent et la voie de la liberté véritable s’ouvre. Mais si nous réfléchissons encore un peu plus, le ‘Hamets n’est rien d’autre que de la Matsa gonflée. En réalité, le ‘Hamets est fait de la même substance que la Matsa elle-même ! De même, l’ego n’est souvent qu’un élan déformé ou corrompu d’un désir pur qui, à l’origine, émane de l’âme. L’âme ne veut que donner, aider l’humanité et réparer le monde. L’égo, lui, travestit ce noble élan en désir de pouvoir, en besoin de dominer et de conquérir. L’âme aspire à se relier au Divin. L’ego détourne cette aspiration en cherchant à utiliser la spiritualité pour servir ses propres fins'. L’âme désire se relier sincèrement aux autres. L’ego corrompt ce besoin en envie de manipuler ou de tirer profit des gens. À la lumière de notre bougie spirituelle, en reconnaissant que l’ego n’est souvent qu’une version pervertie d’un élan noble, il devient plus facile de le dépasser, et de goûter à la véritable liberté de l’âme. Frotter et dire merciEnfin, lorsque nous sommes confrontés à tout ce travail, c‘est le moment de dire merci. Une maison à nettoyer, c’est épuisant, mais cela signifie qu’Hachem m’a permis d’avoir un toit sur la tête. Les jouets des enfants à récurer, c’est difficile mais cela signifie qu’Hachem m’a donné des enfants en bonne santé et pleins d’énergie. Une grande cuisine à astiquer c’est éreintant, mais cela me rappelle toute l’abondance et les bons moments partagés qu’Hachem nous a donnés avec une immense générosité. Chaque tiroir, chaque poche de vêtement, peut devenir la source d’un remerciement devant notre richesse que nous oublions parfois… En espérant que ces réflexions vous donneront le sourire pendant votre travail, je file m’offrir un nouveau Décap’ Four ! Ajouter votre commentaire !
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