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Blog : Torah-Box

Depuis que je suis religieux, je me sens décalé avec mon entourage'

Question : « Je travaille beaucoup sur moi-même, je progresse dans ma pratique du judaïsme et mon service divin. Mais quand je me retrouve avec ma famille ou des amis de longue date (qui ne sont pas au même niveau spirituel que moi et sont même parfois très éloignés), je ressens que mon niveau spirituel me coupe de mon entourage et de mes connaissances. Je n’ai pas vraiment de sujet de conversation avec eux, ils n’ont pas les mêmes notions dans des paroles de Torah, et leur compréhension générale est plus limitée. Je me sens comme isolé de mon environnement. Est-ce que je dois abandonner mes anciennes relations sociales et en chercher de nouvelles qui me correspondent davantage ? Dois-je quitter mes amis et ne plus me joindre aux événements familiaux ? Comment trouver le bon équilibre ? »

Réponse de Rav Boyer :

La réponse à cette question se trouve dans les livres saints. En effet, on peut observer certaines situations sociales où quelqu’un est avec sa famille, ses amis et ses proches lors de réjouissances, et il converse avec eux comme l’un d’entre eux. Puis vient le moment de la prière. À ce moment-là, il se retire apparemment et se tient dans sa prière, se recueillant devant son Créateur, comme s’il s’agissait d’une personne totalement différente, qui n’est plus du tout de leur monde. Et lorsqu’il termine sa prière, il revient vers les autres, dans l’esprit du verset : « Moché redescendit de la montagne vers le peuple ». Il en va de même lorsqu’il ouvre un livre pour étudier un peu seul : il semble se séparer de son entourage. 

Mais en réalité, ce n’est pas du tout ainsi…

Au Temple, les gens apportaient des sacrifices : chacun pour ses fautes, ses obligations ou ses vœux. Dans tous ces commandements de la Torah, le texte est toujours formulé au singulier. Si l’on observe la Paracha de Tsav, on voit par exemple : « Voici la loi du sacrifice de paix qu’il offrira à l’Éternel », « S’il l’offre en offrande de reconnaissance, il offrira… ».
Dans tous ces passages, la Torah s’exprime précisément au singulier. Cependant, les versets qui résument l’ensemble des sacrifices sont formulés différemment : « Voici la loi de l’holocauste, de l’offrande, du sacrifice expiatoire, du sacrifice de culpabilité, des offrandes d’inauguration et du sacrifice de paix,  que l’Éternel ordonna à Moché sur le mont Sinaï, le jour où Il commanda aux enfants d’Israël d’offrir leurs sacrifices à l’Éternel dans le désert du Sinaï. » Ici, on parle de l’ensemble des sacrifices et ce n’est plus formulé au singulier. 

Les livres saints expliquent que la Torah veut nous enseigner ici une chose très importante…

Il faut savoir que plus une personne s’élève spirituellement, plus elle atteint “le secret de l’unité”, “Sod Haa’hdout”. Et plus elle s’élève, plus elle découvre combien auparavant elle n’était rien. 

En revanche, si quelqu’un s’élève spirituellement et que, par conséquent, il ressent qu’il possède un statut particulier et qu’il regarde de haut les personnes qui sont en dessous de lui, c’est un signe que sa voie n’est pas la voie de la vérité. À son sujet, il est dit que s’il n’a pas mérité, la Torah devient pour lui un poison mortel, à D.ieu ne plaise (Yoma 72b). C’est une situation très dangereuse. 

Beaucoup de personnes sont confrontées à cela. Lorsqu’elles sentent qu’elles se sont renforcées spirituellement, elles n’arrivent pas à éviter de regarder les autres de haut et de faire des comparaisons avec leur entourage. « Regardez mes voisins et mes anciens amis : que comprennent-ils vraiment ? Quels sont leurs concepts en matière de Torah ? Comment sont leurs prières et comment est leur table de Chabbath, comparées à la mienne ?… » Ce type de comportement révèle que tout le moteur du renforcement spirituel de cette personne n’est en réalité que son ego et son orgueil. Ce qui est certain, c’est qu’à un moment donné on l’arrêtera du Ciel, exactement comme la tour de Babel : elle monte, elle monte… et finalement elle se retrouve vidée et très bas. En général, ces personnes n’ont d’ailleurs pas beaucoup de joie de vivre, ni de satisfaction dans ce qu’elles font.

La voie correcte pour s’élever est tout autre : plus une personne s’élève, plus elle ressent “Et nous, que sommes-nous ?” (« ????? ?? »). 

Moché, notre maître, a atteint des sommets spirituels précisément parce qu’il se considérait au même niveau que le peuple d’Israël. C’est pourquoi il se souciait toujours d’eux et voyait en toute situation seulement le bien. « Moché redescendit de la montagne vers le peuple. » Plus une personne s’élève spirituellement, plus elle découvre en vérité qu’elle n’est rien par elle-même. Ce n’est qu’ainsi qu’elle apprend à apprécier chaque Juif et qu’elle parvient au secret de l’unité.

Elle ressent simplement de l’amour pour ses amis. Elle ressent précisément le besoin de rencontrer sa famille et cela, avec une grande joie. Même s’ils ne sont pas exactement à son niveau spirituel, elle désire avoir une influence positive sur eux, afin qu’eux aussi puissent s’élever, se renforcer et atteindre un niveau plus élevé. Lorsqu’une personne apportait un sacrifice au Temple pour ses fautes, il faut savoir que le Temple était le lieu du secret de l’unité, comme au moment du don de la Torah au mont Sinaï, où il est dit :

« Israël campa là face à la montagne — comme un seul homme avec un seul cœur. »

C’est pourquoi, au Temple, ils se tenaient serrés mais se prosternaient avec espace. Le gaon Rabbi Aryeh Schechter disait que lorsqu’il y a de l’espace dans le cœur, même si l’on est serré physiquement, on ressent de l’espace. C’est pourquoi le verset qui résume les sacrifices parle au pluriel : « leurs sacrifices ». Cela vient souligner que lorsque les enfants d’Israël arrivaient au Temple, bien que chacun ait son sacrifice personnel, chacun ressentait l’unité du peuple d’Israël et l’élévation collective de tous. C’est cela qui leur apportait une grande joie. 

C’est le secret à connaître : plus une personne s’élève spirituellement, plus elle ressent en réalité son humilité et l’unité avec les autres. 

Elle ressent le besoin de rencontrer ses amis et ses connaissances afin d’avoir une influence positive sur eux, pour qu’eux aussi puissent s’élever. Elle mérite alors de voir toujours en eux les points positifs. Et en réalité, il arrive souvent que lorsqu’une personne ouvre les yeux, elle découvre soudain que ces gens, qu’elle pensait ne pas être des érudits comme elle, possèdent pourtant de nombreuses qualités, énormément de bonté et de joie de vivre… Alors que, paradoxalement, lui-même, avec toute sa Torah et son service de D.ieu, se trouve parfois plongé dans la tristesse. Ce travail n’est pas simple du tout.

La Paracha de Tsav nous enseigne que les sacrifices unissaient tout le peuple d’Israël en un seul point de proximité avec D.ieu. C’est d’ailleurs le rôle du Temple : élever le monde de la séparation vers le monde de l’unité…

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Dernière mise à jour, il y a 37 minutes