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Blog : Torah-Box

La Matsa : un symbole tout en finesse

La cuisson des Matsot est accompagnée d’un grand luxe de précautions. Tel l’amant qui apporte un grand soin à ce qui concerne sa bien-aimée et veille à tous les détails, ainsi l’adorateur soigne chaque détail de la Mitsva et cherche tout le temps à l’embellir...

La Matsa est un aliment de pauvreté. Symbole de simplicité et d’humilité, elle n’en est pas moins riche de significations. Faut-il préciser que c’est une des rares Mitsvot (d’origine biblique) liées à la consommation ? Selon le Zohar, la Matsa est une nourriture de foi et un aliment thérapeutique. Elle a donc ce rare avantage d’être à la fois un aliment matériel et spirituel.

Pour bien comprendre la symbolique de la Matsa, il faut d’abord évoquer quelques lois liées à sa préparation. Alors qu’on peut se contenter d’une Matsa régulière pour la fête de Pessa’h, il faut, pour le soir du Séder, une Matsa préparée expressément pour les besoins de la fête — Léchem Mitsva. La Matsa est dite Chemoura (surveillée) car elle est faite d’une farine qu’on a préservée de toute humidité, depuis la moisson jusqu’à l’emballage du produit fini. Elle se compose exclusivement de farine et d’eau, mais d’une eau spéciale, qu’on a laissé reposer la nuit précédente — Maïm ChéLanou. On s’assure ainsi que cette eau a bien refroidi pour éviter que la pâte ne lève trop vite. En outre, quand on pétrit la pâte, on la “surveille” pour qu’elle ne fermente pas, conformément à l’injonction du verset : “Vous surveillerez les Matsot”. On se dépêche de la préparer et de la mettre au four dans un délai de dix-huit minutes. Sa forme est ronde et fine, percée de trous pour garantir une cuisson rapide et uniforme.

Reprenons ces éléments pour les expliquer un à un dans la perspective du service divin.

Le symbole de l’eau

Dans la littérature ésotérique, l’eau incarne la bonté (‘Hessed). Il arrive que la bonté soit pratiquée à “chaud” — impulsive et incontrôlée, ou même teintée d’orgueil (‘Hamets), et c’est pourquoi il faut laisser reposer “l’eau” pendant la nuit, autrement dit refroidir l’enthousiasme matériel et intempestif afin d’obtenir une vertu de bonté décantée, sereine et humble. Ce temps de repos est synonyme de patience et de pondération, vertus qui, à l’inverse de la précipitation caractéristique de la fermentation (‘Hamets), sont indispensables au service divin.

Pour reprendre une pensée du Ba’al Chem Tov, de même qu’une eau qui a “passé la nuit” n’est pas prompte à faire lever la pâte, ainsi en est-il d’un désir qui a passé la nuit. En d’autres termes, l’homme doit ajourner la réalisation de son désir, qu’il soit mû par un sentiment de bonté (‘Hessed) ou de rigueur (Guevoura), afin de ne pas y mêler le “levain” de l’intérêt personnel.

D’autre part, une eau qui a reposé et “dormi” la nuit représente la capacité de l’homme à “dormir”, c’est-à-dire à mettre de côté son “moi” (Ani – ses facultés intellectuelles) pour se soumettre au Créateur. Seules les eaux qui ont subi un tel processus conviennent à la préparation de “l’aliment de foi” qu’est la Matsa.

Il n’est pas indifférent de noter que les Tsadikim participaient personnellement au puisage de l’eau. Ce rituel relève des préparatifs de la Mitsva, préparatifs qui, dans certains cas, sont plus importants que la Mitsva elle-même. Pessa’h en est le meilleur exemple puisqu’on nettoie la maison un mois durant dans le but de célébrer une fête qui ne dure que sept ou huit jours...

Léchem Mitsva

Dans les fabriques de Matsot, on entend sans cesse le rappel : “Léchem Matsat Mitsva !” (“au nom de la Matsa de Mitsva”). Pour le Ba’al Chem Tov, cette formule n’est pas qu’une simple déclaration ; elle a pour effet de susciter une vitalité et d’incorporer à la pâte matérielle une forme de sainteté. Sans parole ni ferveur (Kavana), la Matsa ne serait qu’un aliment ordinaire ; parée de zèle et de dévotion, elle devient un digne réceptacle de la Présence divine qui se manifeste le soir du Séder.

Une surveillance rigoureuse

L’effort physique que réclament le pétrissage vigoureux de la pâte, sa formation rapide et la cuisson manuelle des Matsot, est associé à la purification du corps. Les hommes pieux avaient coutume de transpirer et de s’épuiser à la tâche. Il s’agit de la “sueur de Mitsva”, propre à purifier l’âme.

Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev aimait à dire : “Les non-juifs ont raison de dire qu’on mêle du sang à nos Matsot. Ce n’est pas leur sang, mais le nôtre ! C’est la sueur, ce sont les efforts, les dépenses qu’on effectue pour fabriquer les Matsot !” La cuisson revêt un sens symbolique : de même que le feu “saisit” la pâte et la brûle pour la transformer en Matsa, de même le “feu de l’adhésion” à D.ieu (la Dvékout) doit consumer l’homme tout entier.

La cuisson des Matsot est accompagnée d’un grand luxe de précautions. Ce sont les lois destinées à préserver la pâte de l’humidité ou du levain, ainsi que les mesures rigoureuses telles que l’exclusion du sel, l’emploi d’une eau qui a reposé, le nettoyage des ustensiles toutes les dix-huit minutes, etc. Toutes ces précautions traduisent, non pas une “phobie” du ‘Hamets, mais un sentiment d’amour pour le Saint, béni soit-Il. Tel l’amant qui apporte un grand soin à ce qui concerne sa bien-aimée et veille à tous les détails, ainsi l’adorateur soigne chaque détail de la Mitsva et cherche tout le temps à l’embellir.

Il convient de rappeler que, contrairement aux autres interdits de la Torah, le levain (‘Hamets) est défendu à Pessa’h même en quantité infime, et ne s’annule pas même à proportion d’un pour mille. C’est que le levain représente la conscience de soi et l’orgueil, et, à ce titre, est intolérable. Cette surveillance rigoureuse de la Matsa représente donc le travail spirituel du fidèle qui s’efforce de purger sa personne de toute vanité, qui entraîne son âme à la vigilance et l’habitue à guetter la moindre démarche du mauvais penchant qui tenterait de corrompre son service divin.

Le paradoxe de la Matsa

Voilà donc un paradoxe : fine et plate, la Matsa est néanmoins “épaisse” de sens. À cet égard, elle n’est pas sans rappeler ces puces informatiques qui sont ultrafines (de quelques nanomètres) et qui rivalisent pourtant avec toutes les autres. La Matsa, et surtout celle que l’on brise le soir du Séder, proclame que “rien n’est plus entier qu’un cœur brisé”.

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Dernière mise à jour, il y a 22 minutes