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Blog : Torah-Box

Pessa'h - La maison juive : le secret de la véritable liberté...

Dans la Paracha de Bo, nous lisons l’ordre concernant le sacrifice de Pessa’h : « Parlez à toute l’assemblée d’Israël en disant : le dixième jour de ce mois, chacun prendra un agneau pour sa famille, un agneau pour chaque maison… Et vous, que personne ne sorte de la porte de sa maison jusqu’au matin. »

A priori, il faut comprendre ce qu'il s’est passé avant la sortie d’Égypte. Juste avant que les enfants d’Israël ne passent de l’esclavage à la liberté, alors que tout le monde se prépare à quitter sa maison pour toujours, c’est précisément en ce moment de grande excitation devant la liberté que le Saint béni soit-Il enferma tout le peuple d’Israël à l’intérieur de ses maisons et lui ordonna : « Que personne ne sorte de la porte de sa maison. » Et en plus de cela : « Vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang et vous mettrez du sang sur le linteau et sur les deux montants de la porte. » Quel était donc l’enjeu urgent de ce commandement, précisément au dernier moment avant leur sortie d’Égypte ? Quelle allusion y avait-il ici pour ceux qui sortaient d’Égypte et pour les générations futures ? Pourquoi précisément au moment où l’on sort, fallait-il fermer — et seulement ensuite ouvrir ? Que se cache-t-il derrière cela ?

Fermer et ouvrir

Nous devons comprendre qu’il y a ici un message très important. Les enfants d’Israël s’apprêtent à passer de l’esclavage à la liberté. L’opinion courante est que la liberté signifie être totalement libre de toute contrainte. Pendant l’esclavage, ils étaient entièrement soumis au pouvoir des Égyptiens. Mais lorsqu’ils sortent vers la liberté, ils deviennent libres de tout joug : personne ne les domine, personne ne décrète pour eux, les décrets ont cessé, et maintenant ils sont maîtres d’eux-mêmes, complètement libres. Mais en réalité, la liberté ce n’est pas du tout cela…

Hachem voulut nous enseigner ce qu’est la véritable liberté et quelle est sa force. C’est pourquoi, juste avant la sortie vers la liberté, il fut ordonné de se rassembler tous dans la maison, toute la famille, parfois même les voisins proches, dans l’esprit de « que quiconque a faim vienne et mange ». Nous citerons ici des paroles éclairantes tirées du livre Meitav Higaïon du Rav It’shak Ayzik Eliezer Hirschowitz, un ouvrage qui rassemble les meilleures idées du judaïsme de Rabbi Samson Raphaël Hirsch.

Être responsable

Lorsque le Saint béni soit-Il entreprit de faire du peuple d’Israël Son peuple, Il ordonna d’abord de sceller dans leur chair l’alliance sainte, comme celle qu’Il avait conclue avec Avraham notre père. Ensuite, Il établit les maisons d’Israël comme fondement par la Mitsva du sacrifice de Pessa’h, afin de nous montrer que la racine du peuple se trouve dans les premiers-nés et dans les enfants qui grandissent dans la maison. Au moment même où Hachem se révéla pour frapper les premiers-nés d’Égypte — et où il n’y avait pas une maison sans mort lors de la plaie des premiers-nés — Il montra comme du doigt où se trouvait la racine de la corruption du peuple. À ce moment-là, Israël reçut l’ordre de demeurer famille par famille, maison par maison, chaque père à la tête de son foyer, et de célébrer la fête de Hachem, la fête de la liberté, selon la volonté de D.ieu et les lois de Ses commandements. Il fut alors confié à chaque chef de famille la responsabilité de se tenir à la tête de son foyer et de diriger l’œuvre de l’éducation, d’orienter les membres de sa maison dans la bonne voie, de leur servir d’exemple de bonne conduite et de crainte pure de D.ieu, et d’être responsable de tout ce qui se passe à l’intérieur de la maison.

Scellés par le sang

Au moment où Hachem appela les enfants d’Israël à se regrouper en unités familiales, distinctes dans leurs maisons, chaque famille formant une unité fermée en elle-même, Il ordonna néanmoins d’ouvrir largement la maison — mais non pas pour les débauchés dont la maison est devenue trop étroite malgré l’abondance dont ils jouissent, mais pour les pauvres, etc. Puis ensuite la maison se referme. De même que chaque Juif fut scellé par le signe de l’alliance sainte, ainsi la maison d’Israël fut elle aussi scellée par le sang du sacrifice de Pessa’h, placé sur le linteau et sur les deux montants de la porte par les familles rassemblées dans la maison, semblables à des bouquets d’hysope. Le sang symbolise le dévouement total, comme le dit le prophète (Ézéchiel 16,6) : « Je passai près de toi et Je te vis te débattre dans ton sang, et Je te dis : dans ton sang tu vivras, oui, dans ton sang tu vivras. » Il s’agit du sang de la circoncision et du sang du sacrifice de Pessa’h.

Entre Israël et les nations

De là nous comprenons que le bonheur du Juif se trouve dans sa maison, dans le foyer familial qui lui sert de refuge. Sur cette maison, repose la parole : « dans ton sang tu vivras », c’est-à-dire le dévouement total. Ce sont les parents qui se dévouent pour leurs enfants et pour la sainteté du foyer ; de tels parents méritent que la Présence divine réside chez eux.

« Je passerai dans le pays d’Égypte cette nuit-là », afin d’établir la distinction entre Israël et l’Égypte. La différence entre Israël et les autres peuples se trouve à l’intérieur du cadre familial. Le livre Meitav Higaïon poursuit ainsi : Alors le Saint béni soit-Il se révéla à eux (aux enfants d’Israël) pour leur montrer où se trouve essentiellement le lieu principal de Sa présence : non pas dans les maisons de prière ni dans les temples, ni dans les grands édifices, mais dans la maison d’habitation du Juif, là où un homme et sa famille vivent en paix, là où il mène sa vie dans la sainteté selon la volonté de D.ieu et selon Sa Torah — là réside D.ieu et là Il fait reposer Sa bénédiction.

Unis en un seul groupe

Alors le Saint béni soit-Il fit savoir aux enfants d’Israël quelle est l’œuvre qu’Il attend d’eux : non pas le jeûne et les mortifications, non pas une vie d’ascétisme, de tristesse et de privations, mais manger, se réjouir de ce que l’on possède, réjouir les pauvres, et vivre une vie humaine, une vie terrestre, devant D.ieu et selon les lois de Sa volonté.

En ce jour-là, les maisons d’Israël furent consacrées à D.ieu pour l’éternité. Mais ce ne sont pas les pierres et le bois de la maison qui furent sanctifiés — car ils restèrent en Égypte — c’est l’intérieur de la maison ! Que cet intérieur soit rempli d’amour, d’un amour vrai et fidèle, de calme, de paix et de sérénité ; que le père et la mère, le fils et la fille, le pauvre et l’étranger, soient tous unis en une seule union, unis dans un lien de dévouement, de bonté, d’amour, de fraternité, de paix et d’amitié.

Le danger de la rue

Nous comprenons maintenant que le Saint béni soit-Il voulait enseigner aux enfants d’Israël ce qu’est la véritable liberté. De là, nous apprenons également comment nous aussi pouvons accéder à la liberté : la liberté face à la course effrénée de la vie, la liberté face aux mauvais traits de caractère qui cherchent à pénétrer dans la maison juive pour y détruire toute parcelle de bien, pour faire tomber les premiers-nés et les détourner du droit chemin et ensuite les autres enfants, jusqu’à ce qu’il n’y ait presque plus de maison où il n’y ait pas de mort, à D.ieu ne plaise. Lorsque l’impureté de la rue parvient à pénétrer à l’intérieur de la maison, l’esclavage entre avec elle et il n’y a plus de véritable liberté. L’homme devient alors asservi à ce monde-ci, à ses désirs, à ses habitudes et à tout ce que la rue a aujourd’hui à offrir. En réalité, la maison finit par ressembler à un internat : le matin tout le monde en sort, et le soir chacun y revient fatigué.

Le secret des chérubins

La sainteté à l’intérieur du foyer, l’amour, l’accueil chaleureux, le fait de s’asseoir avec les enfants pour leur enseigner des valeurs morales et leur donner un exemple personnel — voilà la véritable liberté. Avant de faire sortir le peuple d’Israël d’Égypte, le Saint béni soit-Il voulut avant tout leur montrer ce qu’est la véritable liberté. Ne pensez pas que la liberté consiste simplement à ne plus subir de décrets, à ne plus être asservis, et qu’à partir de maintenant vous aurez aussi de la richesse, comme lors du butin d’Égypte et du butin de la mer. Pas du tout ! Cela n’est pas la vraie liberté et ce n’est pas cela qui vous mènera au mont Sinaï et au don de la Torah. Seuls la maison, la famille, l’unité et une bonne atmosphère constituent le grand secret du judaïsme. « S’ils en sont dignes, la Présence divine réside entre eux » (Sota 17a). Toute la douceur de la vie de l’homme se trouve à l’intérieur de son foyer.

Un nouvel élan

Ainsi conclut le livre Meitav Higaïon : après que les enfants d’Israël se furent déjà éloignés de leurs pères, et les pères de leurs enfants, et qu’ils avaient oublié la douceur du lien familial à cause de l’esclavage terrible et du joug de fer qui pesait sur leurs épaules — lorsqu’ils ressentirent pour la première fois qu’ils étaient libres du joug des oppresseurs et des bourreaux, libres des fonctionnaires et des maîtres, et qu’ils s’assirent ensemble avec les membres de leur famille — leurs cœurs se rallumèrent d’un nouvel amour familial puissant. Ils goûtèrent alors la douceur de la vie de famille et la joie de célébrer une fête en réunion familiale, ensemble : les pères, leurs fils et leurs petits-fils, avec leurs voisins et tous les membres de la maison. Alors ils ressentirent la douceur du service de D.ieu dans la maison de l’homme. Ils comprirent combien ceux qui séparent la vie quotidienne du service divin se trompent. Ils réalisèrent combien le service de D.ieu est proche de la douceur de la vie, et quelle merveilleuse harmonie naît lorsque les deux avancent main dans la main devant D.ieu dans la terre des vivants. Ils sentirent un parfum de Gan Eden ici sur terre (comme le dit le Midrach), leurs cœurs se réjouirent et s’épanouirent — « et voici que D.ieu se tenait au-dessus d’eux ».

La famille à la fenêtre

Comme lors de la sortie d’Égypte, ces paroles sont aussi vraies de nos jours. Quiconque veut se libérer des oppresseurs et des tyrans — qui sont en réalité toutes les influences permissives de l’extérieur — la solution est la maison : « Un agneau pour chaque famille, un agneau pour chaque maison ». Il y a quelques années, nous avons participé à un séminaire destiné à des jeunes hommes célibataires qui n’étaient pas encore pratiquants, et nous avons entendu l’histoire suivante qui a été racontée par l’un des jeunes hommes qui, grâce à D.ieu, a déjà mérité de se rapprocher de la pratique et de faire une véritable Téchouva. Il raconta que durant son enfance, il vivait dans une maison non religieuse, située dans un quartier lui aussi non religieux. Les nuits de Chabbath, il s’ennuyait à la maison et sortait se promener dans les rues. À quelques rues de chez lui, habitait une famille religieuse. Ils vivaient au premier étage et il avait l’habitude de regarder par la fenêtre leur table de Chabbath. Il voyait toute la famille assise autour de la table, le père parlait longuement, puis ils chantaient les chants de Chabbath.

Un véritable désir

Chaque vendredi soir, il venait regarder. À l’époque, il ne comprenait pas vraiment ce qu’ils faisaient. Combien de temps faut-il pour manger ? Qu’est-ce que le père peut bien avoir à dire aussi longtemps ? Quel rapport y a-t-il entre ces chants et le repas ? Mais au fond de lui, il se disait : « Quand je serai grand, je veux moi aussi avoir une maison comme celle-là. ». Il ne comprenait pas ce qu’ils faisaient, mais la chaleur qui se dégageait de la maison à travers la fenêtre est finalement ce qui l’a conduit aux portes du monde de la Téchouva.  Et avec l’aide du Ciel, il a lui-même mérité de fonder un foyer de Torah.

Pour la Présence divine

À partir de ces paroles, chacun doit faire un examen de conscience : que se passe-t-il dans sa propre maison ? Y a-t-il des disputes, des désaccords, un manque de paix dans le foyer ? Lorsque, dans la vie familiale, chacun campe sur sa position, la Présence divine quitte la maison, comme l’ont dit nos Sages : « S’ils ne sont pas méritants, le feu les consume. » Dans une telle maison, les enfants grandissent dans une mauvaise atmosphère. Par conséquent, ils développent ensuite un rejet de tout ce qui est lié à la sainteté, et un rejet des foyers de Torah. C’est là le grand enseignement que nous devons tirer de cet épisode de la sortie d’Égypte. Nous devons faire tout notre possible, presque à n’importe quel prix, pour apporter la paix dans la maison. Et cela non pas pour nous-mêmes, mais pour la Présence divine. 

Nous devons tout faire pour que nos enfants aient une véritable “serre” protectrice : un foyer où les parents sont unis, un foyer rempli de joie et d’une bonne atmosphère. Alors on mérite que la Présence divine réside dans la maison — et l’on atteint la véritable liberté…

(Traduction de l'article de Rav Boyer "La vraie liberté")

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Dernière mise à jour, il y a 45 minutes