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Blog : Torah-Box

E'had mi Yodé?a, l'annonce de la délivrance

Quel message caché renferme cette comptine juive, en apparence enfantine ? Pourquoi culmine-t-elle précisément à la fin du Séder, sans même évoquer la sortie d’Égypte ?

Votre sublime soirée du Séder s’achève en apothéose. Les quatre coupes de vin ont été savourées avec ferveur, la Matsa dégustée avec délice, et sous la lueur vacillante des bougies, une plénitude infinie enveloppe l’âme : la bouche se tait pour laisser le cœur s’exprimer. Soudain s’élève un chant, à la mélodie envoûtante et familière : E’had mi Yodé’a. Mais qui connaît un ? Les plus vaillants, ceux qui ont tenu jusqu’au bout du Séder, entonnent en chœur : Un, c’est notre D.ieu, unique au ciel comme sur terre !

Le compte s’égrène alors de un à treize. Chaque nombre invoque un pilier du judaïsme : les deux tables de la Loi, les trois patriarches, les quatre matriarches, jusqu’aux treize attributs de miséricorde divine, dans une farandole éternelle.

Quel message caché renferme cette comptine juive, en apparence enfantine ? Pourquoi culmine-t-elle précisément à la fin du Séder, sans même évoquer la sortie d’Égypte ? C’est ce que nous découvrirons ensemble cette année, avec l’aide divine.

Aux racines du chant

La source de ce chant, universel dans toutes les communautés juives, se perd dans les brumes du Moyen Âge. On raconte qu’un manuscrit fut exhumé d’un parchemin de la bibliothèque de Rabbi Éli’ezer de Worms, l’illustre auteur du Rokéa’h, pour être intégré à toutes les Haggadot. Curieusement, ce chant est pourtant absent de la Haggada personnelle du Rokéa’h lui-même.

De multiples interprétations illuminent ce texte, mais je tiens à vous révéler celle du Rav Gavriel Zeev Margaliot (disparu en 1935 à New York) dans son Agoudat Ezov, composé pour moitié des commentaires du fils du Gaon de Vilna. Le même enseignement émane du ‘Hatam Sofer, Rabbi Chmouel Ehrenfeld, petit-fils du ‘Hatam Sofer de Presbourg.

Le secret du mot Ayéka : de l'exil à la réparation

Cette analyse s’appuie sur le Midrach Eikha Rabba citant Ben Azaï : le peuple d’Israël ne partit en exil qu’après avoir nié quatre fondements, dont les lettres forment le mot Ayéka, "Où es-tu ?", l’appel de Hachem à Adam après sa faute. Alef (1) : l’unité divine ; Kaf (20) : la circoncision (donnée à la 20e génération à Avraham) ; Youd (10) : les dix commandements ; Hé (5) : les cinq livres de la Torah.

Quand l’homme s’égare, il perd son essence et sa place cosmique. Adam fut chassé de l’Éden ; le peuple juif fut exilé de Judée pour un long périple. Alors, tandis que résonnent encore les mots "L’an prochain à Jérusalem", E’had mi Yodé’a proclame la rédemption toute proche en énumérant les mérites qui nous délivreront. 

"Un est notre D.ieu" : Premier mérite vital. Malgré les tempêtes, notre foi reste inébranlable en l’unique Tout-puissant, réparant ainsi la faute de l’Alef, cause de l’exil.

"Deux, ce sont les tables de la Loi" : notre loyauté à la révélation du Sinaï et aux dix commandements rectifie la faute du Youd.

"Trois, ce sont les patriarches" : par leur mérite, le Zékhout Avot, nous serons sauvés.

"Quatre, ce sont les matriarches" : leur mérite ancestral nous garde, comme l’enseigne le verset : "La voix de mon bien-aimé saute par-dessus les montagnes (Patriarches), bondit par-dessus les collines (Matriarches)." (Roch Hachana 11a).

"Cinq, ce sont les cinq Livres de la Torah" : l’étude et la fidélité à la Torah réparent la faute du Hé.

"Six, ce sont les six traités de la Michna" : selon Rabbi ‘Hanania, c’est cette étude qui rassemblera les exilés. (Vayikra Rabba 6, 3).

"Sept, ce sont les sept jours menant au Chabbath" : Jérusalem fut détruite pour la profanation du Chabbath (Yalkout Yirmia), mais son respect parfait amène le Machia’h : "Si Israël garde deux Chabbatot, la délivrance surviendra aussitôt !" (Chabbath 118b).

"Huit, ce sont les huit jours de la Mila" : en respectant la Brit-Mila, nous réparons la faute du Kaf et méritons la liberté.

"Neuf, ce sont les neuf mois de grossesse" : symbole des neuf mois de domination romaine sur Israël (Sanhédrin 98b).

Avec votre permission, mon éclairage personnel : le Machia’h ne se dévoilera qu’une fois "nées toutes les Néchamot du corps adamique." (Nidda 13b). Les naissances d’Israël, conçues dans la sainteté et porteuses d’âmes pures, hâteront sa venue.

"Dix, ce sont les dix commandements" : leur observance rectifie la faute du Youd, permettant le retour d’exil.

"Onze, ce sont les onze étoiles" (du rêve de Yossef) : l’auteur s’abstient d’approfondir mais je vous propose cette lecture : Réouven, mû par la gratitude, sauve Yossef des mains de ses frères. Après avoir déplacé la couche de son père, il se pensait exclu d’Israël malgré sa Téchouva. Lorsque Yossef rêve d’onze étoiles se prosternant devant lui, provoquant la fureur des frères, Réouven calcule prestement : il fait partie des douze tribus ! D’où sa gratitude fervente. Les onze étoiles incarnent le mérite de la Téchouva : un Juif qui a fauté ne doit jamais désespérer de l’efficacité de sa Téchouva qui est une clé maîtresse de la délivrance.

"Douze, ce sont les douze tribus" : par les mérites des tribus, les enfants de Ya’akov, nous serons libérés.

"Treize, ce sont les treize attributs de miséricorde" : la raison ultime de notre salut, c’est la miséricorde infinie d’Hachem qui nous délivrera même si nous n’en avons pas complètement le mérite.

Le réflexe de l’âme

Dans cette mélodie exaltante, nous gravons les mérites qui bâtiront la Jérusalem de demain : "L’an prochain à Jérusalem". Plus intimement, chaque nombre nous rattache à Hachem. 

Après le récit vibrant de la sortie d’Égypte, nous comprenons que tout chiffre, toute rencontre et tout instant exhalent le divin omniprésent. C’est un véritable "test d’association de Jung" : au terme du Séder, si l’on dit "dix", le Juif répond "Commandements" car Hachem imprègne jusqu’à son subconscient.

Aux petites heures de cette nuit enchantée, après quatre coupes généreuses, certains perdent peut-être le compte, mais le peuple juif, lui, sait compter… et surtout, il sait sur qui compter : E’had Elokénou Chébachamaïm Ouvaarets !

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Dernière mise à jour, il y a 39 minutes