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Blog : Torah-BoxAntisémitisme d'hier et d'aujourd'hui...On pourrait croire que toute haine naît d’un problème. Ici, le verdict tombe avant le procès. Ce n’est pas une réaction. Et l’histoire, encore et encore, ne fait que rejouer ce même scénario pathétique. Depuis le Moyen Âge : accuser le Juif de l’impossible Dès le XIIe siècle, une accusation se répand en Europe : les Juifs enlèveraient des enfants chrétiens pour utiliser leur sang lors de Pessa’h. L’idée est absurde. Littéralement. La Torah interdit la consommation de sang de manière radicale, sans nuance. Et pourtant, cette accusation a été crue. William de Norwich en 1144, Simon de Trente en 1475… Le schéma est toujours le même : disparition, accusation, torture, aveux, condamnation. La preuve ne précède pas l’accusation. Même à l’époque moderne, rien ne change vraiment. Le décor évolue. Le mécanisme reste. Face à ces calomnies, certaines communautés juives adoptent même des précautions concrètes à Pessa’h — plus de discrétion dans les préparatifs, vigilance accrue dans les pratiques — non pas par nécessité religieuse, mais pour éviter d’alimenter des soupçons absurdes. C’est un renversement saisissant : Le Juif ne doit pas seulement être juste… Dreyfus : quand la culpabilité précède la preuve Quelques siècles plus tard, le mythe change de forme. En 1894, Alfred Dreyfus est accusé de trahison. Mais la condamnation, elle, est bien solide. Pourquoi ? Parce que la conclusion est déjà là. Même lorsque le véritable coupable est identifié, le système résiste. On falsifie, on dissimule, on refuse de revenir en arrière. Il ne s’agit plus de vérité. Le mot “génocide” : quand les mots se retournent Aujourd’hui, le vocabulaire s’est modernisé. On accuse Israël de génocide. Or, le droit international est clair : un génocide est la volonté délibérée d’exterminer un peuple en tant que tel. Ce n’est pas une guerre. Et ici, la réalité devient presque ironique. Si Israël avait réellement une telle intention, avec les moyens dont il dispose, Donc, soit il n’y a pas de génocide, soit il s’agit du plus inefficace de l’histoire. Mais l’accusation ne repose pas sur l’analyse des faits. Une contradiction permanente : quoi qu’il fasse, le Juif dérange Et c’est peut-être là le point le plus révélateur. L’antisémitisme n’est pas seulement injuste. Au Moyen Âge, le Juif est méprisé comme inférieur, impur, marginal. Puis, lorsqu’il réussit malgré tout — souvent dans les rares domaines qui lui sont accessibles — cette réussite devient elle-même suspecte. Il serait manipulateur. Dominant. Dangereux. Autrement dit : S’il échoue, il est méprisable ; s’il réussit, il est menaçant. S’il s’assimile, il trahit ; s’il reste distinct, il dérange. Il n’existe aucune position qui le rende acceptable. Pourtant les Juifs représentent environ 0,2 % de la population mondiale, mais ont reçu près de 20 % des prix Nobel. Une contribution disproportionnée, évidente. Et pourtant, ce fait n’apaise rien. Comme si, dans cette logique, même l’excellence devait être suspecte. La Haggadah : Lavan, ou l’antisémitisme sans cause La Haggadah de Pessa’h formule une idée étonnante : « Lavan a voulu déraciner le tout. » Pourquoi Lavan ? Pourquoi pas Pharaon, qui a réduit un peuple en esclavage ? Parce que Lavan est différent. Ya’akov a vécu chez lui, a épousé ses filles, a travaillé pour lui avec une loyauté exemplaire. Comme il le dit lui-même : « Le jour, la chaleur me dévorait ; la nuit avec le froid, et le sommeil fuyait de mes yeux… Tu as changé mon salaire à de nombreuses reprises. » Ya’akov est intègre. Engagé. Fidèle. Et pourtant, Lavan veut sa perte. Sans raison objective. C’est précisément pour cela que la Haggadah le met en avant : pour enseigner que la haine d’Israël ne naît pas nécessairement d’un comportement. Elle peut exister… sans cause. Une haine structurelle Le Midrach le formule de manière radicale : « Halakha : ‘Essav hait Ya’akov. » Non pas une opinion. Le Talmud ajoute une image forte : au moment du don de la Torah au Sinaï, une forme de “Sina” — de haine — descend dans le monde. Comme si l’élection d’Israël introduisait une tension irréductible. Ne pas répondre à l’irrationnel par l’épuisement Si cette haine était rationnelle, elle pourrait être discutée. Mais elle fonctionne autrement. Elle traverse les siècles, change de langage, s’adapte aux époques… et conserve la même structure. Alors peut-être que la réponse n’est pas dans la justification permanente. Peut-être qu’elle réside dans la lucidité. Comprendre que certaines accusations ne cherchent pas à être résolues. Et avancer malgré cela. Non pas pour convaincre à tout prix, mais pour rester fidèle à une vérité qui, elle, n’a pas besoin d’être réinventée. Car au fond, l’histoire semble répéter la même leçon : ce n’est pas ce que le Juif fait qui dérange. Et face à cela, la seule réponse viable n’est pas de se justifier sans fin… mais de continuer à exister, pleinement. Ajouter votre commentaire !
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