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Blog : Torah-BoxLes nazis voulaient leur âme ? ils ont échouéDans les ghettos et les camps, au cœur des épreuves les plus terribles, des Juifs ont continué à vivre leur judaïsme — en priant, en observant les mitsvot, en restant attachés à leurs valeurs les plus profondes. À travers le témoignage du Rav Neugroschel, Torah-Box souhaite rendre hommage à ces héros de l'ombre, et montrer comment, même face à la destruction totale, la neshamah juive a su tenir debout. Si l’on parle beaucoup de la courageuse résistance armée des partisans et du Ghetto de Varsovie, peu connaissent la courageuse résistance spirituelle et morale de millions de Juifs des shtetls. Pour l’illustrer, nous nous baserons en premier lieu sur un extrait du journal de Moché Flinker, un adolescent de 15 ans. Moché Flinker faisait partie d’une famille pieuse d’érudits en Torah installée en Hollande, pays qu’ils fuirent pour Bruxelles. Ils seront plus tard capturés par les Allemands avant d’être envoyés dans les camps de la mort où une partie, dont Moché, furent assassinés. D’autres membres de la famille survécurent. Lorsque les filles de la famille sont revenues de l’enfer, elles ont trouvé quelques cahiers cachés dans leur grenier à Bruxelles. C’était le journal de leur frère Moché. Ce journal est un document remarquable écrit par un très jeune garçon en plein cœur de la tourmente. Il contient des réflexions profondes et sublimes. On y voit l’état d’esprit d’un jeune garçon en pleine Shoah et ses paroles résonnent comme des prophéties. Avec Moché, d’innombrables Juifs observant la Torah et les commandements partagèrent cette perspective spirituelle, et beaucoup ont sanctifié le Nom de D.ieu dans leur vie et par leur mort, en ne s’éloignant jamais du Créateur ni de Sa Torah. Ce que les nazis voulaient détruireVoici notamment ce qu’il y écrit : “La plupart des Juifs pensent que la rédemption et le salut dépendent de la victoire ou de la défaite de l’Angleterre. Ainsi, lorsque l’Angleterre remportera la victoire, la plupart des Juifs ne diront pas que D.ieu les a sauvés, mais que l’Angleterre les a sauvés. C’est pourquoi je ne pense pas que cette guerre, dont nous sommes les témoins aujourd’hui, se terminera par la victoire de l’une des parties. Ni l’Angleterre ni l’Amérique ne remporteront cette guerre. Mais le Saint béni soit-Il, le D.ieu d’Israël, sortira victorieux de cette guerre. Je pense qu’avant la victoire finale, l’Allemagne aura le dessus sur presque tous les fronts. Et quand il semblera qu’elle a presque gagné, alors D.ieu interviendra et remportera la victoire.” L’un des autres exemples les plus frappants est cet extrait du livre d’Isaiah Trunk, Le Ghetto de Lodz, où il est rapporté le récit suivant : un des rabbins âgés de Lodz fut traîné de sa maison à la synagogue. On sortit un Séfer Torah et on lui ordonna de cracher sur ce livre saint. Le rabbin refusa d’exécuter cet ordre. Furieux, les nazis déchirèrent le rouleau de Torah et ordonnèrent au rabbin de le piétiner. Lorsque le rabbin refusa également, on lui ordonna de se revêtir d’un Talith et de mettre ses Téfilin. Comme punition, on le plaça dans un chariot qui fit le tour des rues de la ville pour l’humilier. Mais lorsque les Juifs virent le courage de leur Rav, la procession de la honte se transforma en un cortège d’honneur qui sanctifia le Nom de D.ieu. Le comportement de ces Juifs-ci, comme de bien d’autres, était exemplaire, non seulement d’un point de vue religieux mais aussi d’un point de vue moral. Ces tortures, ces oppressions et cette cruauté n’ont pas brisé moralement les Juifs religieux. Les Allemands leur interdisaient de prier en public, alors ils priaient en secret, risquant leur vie. Ils organisaient des offices clandestins en se faufilant dans des ruelles avec leurs Talith et Téfilin cachés sous de longs manteaux pour prier dans des appartements. D’autres auteurs décrivent que dès le premier Kippour de la guerre, les Juifs ont prié malgré les avertissements sévères des Allemands contre les rassemblements pour la prière de ce saint jour. Les offices ont alors été organisés dans les maisons, dans les cours et dans les synagogues qui existaient encore. Il s’agit de la période précédant la mise en place du ghetto à Lodz. Un autre auteur, Yéhouda Leib Guirsht, écrit : “Kippour 5700, 1939, marqua le début de la résistance juive. Les Juifs devaient se soumettre à tous les décrets cruels. Cependant, les Juifs religieux refusaient de céder sur la prière en commun. Ils se sont dressés contre les ordres du diable nazi, même si cela impliquait des châtiments et des tortures. Ils se rassemblaient dans d’autres maisons pour ne pas être suivis. Mais surtout, les ‘Hassidim se rebellaient. Ils se rassemblaient dans des maisons privées et priaient ensemble comme d’habitude. Dans les rues, les nazis rôdaient à la recherche de leurs proies. Mais ils ne trouvèrent que peu de proies ce jour-là. Comprenant la raison à cela, ils pénétrèrent dans les maisons où ils trouvèrent de nombreux Juifs en pleine prière. Ils les arrêtèrent et les conduisirent à des travaux forcés et des tortures. On pouvait alors voir des scènes telles que des Juifs enveloppés de Talith et de Kittel, béret sur la tête, marcher pressés et pourchassés, entourés de soldats nazis en uniforme, arme à la ceinture. Le Talith blanc, la ceinture de prière et le béret de soie d’un côté, et les uniformes arrogants et les ceintures de munitions en cuivre de l’autre côté. Deux mondes s’affrontaient ici. Les forces de la sainteté et de l’impureté s’opposaient frontalement.” Tadeusz Pankiewicz, pharmacien polonais non juif du ghetto de Cracovie, raconte : “Immédiatement après le décret interdisant les barbes, tout le ghetto semblait souffrir d’une épidémie de maux de dents. Les Juifs enveloppaient leurs têtes et leurs visages, afin de ne pas toucher à leurs barbes. La tradition a triomphé des Allemands.” Détruire la synagogue, atteindre le cœurAutre exemple de résistance spirituelle : la synagogue de Lodz. Sidney Zusha Harcsztark, dans son livre Sang et larmes dans le ghetto de Lodz, à propos de la grande synagogue fondée par Israël Poznanski, raconte : “Selon une vieille tradition juive, dès que quelques familles juives s’installent dans une nouvelle ville, elles commencent immédiatement à penser à la construction d’une synagogue. Cette tradition n’était pas différente dans cette ville, où les Juifs étaient nombreux. Bien au contraire, Lodz était célèbre dans le monde juif pour être la deuxième plus grande communauté juive d’Europe de l’Est. Elle comptait de nombreuses synagogues et maisons d’étude, y compris celles des ‘Hassidim de toutes les cours ‘hassidiques de Pologne qui y étaient présentes en grand nombre. Mais cela ne satisfaisait pas les ambitions d’Israël Kalman Poznanski, le légendaire industriel du textile. Son rêve était de construire une synagogue centrale d’une beauté et d’une envergure comparables aux célèbres synagogues historiques construites en Italie à l’époque de l’apogée de la vie juive de ce pays. Il a fait venir les architectes les plus renommés d’Europe. En effet, cette synagogue ressemblait vraiment à un petit Temple. Elle était immense, avec des milliers de places assises pour les hommes et les femmes, dont la galerie comportait deux étages. Il est difficile de décrire l’allure de la grande synagogue, par la suite connue sous le nom de la vieille synagogue de la ville. De nombreux artisans de divers métiers ont contribué à ce que la synagogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ravisse l’œil du spectateur. Ainsi, lors de la fête de Sim’hat Torah, lorsque l’Arche Sainte était ouverte, on pouvait admirer une salle immense contenant 150 Sifré Torah. Une vision inoubliable.” Le président de l’Agoudat Israël à Lodz, Rav Leibel Minsberg, prononçait des discours dans cette synagogue. “Les excellents discours de Rav Leibel Minsberg, l’autorité spirituelle de Lodz, résonnent encore dans mes oreilles”, écrit Sidney Zusha Harcsztark. “Ses discours, tant par leur forme que par leur contenu, laissaient une impression durable, même sur les représentants du gouvernement polonais qui participaient à diverses cérémonies.” Quelle est la première chose que les nazis ont faite lorsqu’ils sont arrivés dans le ghetto de Lodz ? “Les bottes souillées des nazis conquérants entrèrent dans Lodz en marche triomphale. L’un de leurs premiers plans fut de détruire la synagogue de la vieille ville. Seulement cinq jours passèrent, et les charges explosives, accompagnées de scènes répugnantes de profanation et de moquerie, détruisirent le magnifique bâtiment qui était la couronne de la communauté juive de Lodz et le réduisirent en ruines. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants pleuraient, désespérés devant le spectacle. Le cœur se brisait de voir ce magnifique bâtiment anéanti, avec ses Sifré Torah et ses objets de culte. Les pierres, les fragments de murs et les meubles de la synagogue se mêlèrent aux parties de la splendide Arche Sainte. Ici et là, on pouvait voir des fragments des somptueux chandeliers. Tout le monde avait l’impression qu’un massacre avait eu lieu ici.” Humilier les Juifs ? Vraiment ?En parlant de la Shoah, beaucoup de gens parlent de l’humiliation des Juifs. “Ils ont humilié mon grand-père”, dit un petit-fils. “Ils ont humilié ma mère”, dit une fille. Mais réflechissons sur cette définition. Les actes se voulaient humiliants, certes. Les nazis et leurs acolytes ont fait tous les efforts pour humilier. Mais ont-ils atteint leur objectif ? Aujourd’hui, les Juifs du monde entier sont préoccupés par ce que les non-juifs disent de nous. Mais en vérité, lorsque les non-juifs parlent, ils parlent de D.ieu. L’histoire populaire de Moïchké, le Juif du seigneur local, est bien connue. Ce dernier le convoque vendredi parce qu’il fête son anniversaire. Moïchké se présente alors que tous les invités sont déjà à moitié ivres, voire totalement. Ils le maltraitent. Ils le salissent. Ils l’obligent à porter une peau d’animal et à danser devant eux pour les divertir. Ils le fouettent au visage tout en continuant à boire. Moïchké est recouvert de saleté, de sang et d’immondices. Il baisse la tête et coopère. À la fin, quand ils en ont assez de lui et le jettent dehors, il s’approche du noble. Il lui baise la main en lui disant : “merci seigneur”. Cette scène semble dépeindre un homme dénué de toute dignité. Mais ensuite, cet homme va se nettoyer le visage. Il se lave en l’honneur du Chabbath et revêt ses plus beaux vêtements. Puis il se rend à la synagogue. Essayez de le faire s’asseoir à une place qu’il juge indigne de lui, il s’indignera. Si vous lui donnez une montée à la Torah qu’il trouve insuffisamment honorable ou si vous vous adressez à lui sans utiliser un titre convenable, il fera un scandale. On se demande de quel genre de personne bipolaire il s’agit là ! Auprès du seigneur, il n’avait aucun respect pour lui-même. Et ici, il a l’égo surdéveloppé… La réponse est la suivante : si un homme sort de chez lui et qu’un chien aboie, il ne se sentira pas offensé. Si un oiseau lui envoie un “cadeau” d’en haut, il ne se sentira pas offensé, même s’il trouve cela répugnant. En effet, un chien ne peut pas offenser un homme. Un oiseau ne peut pas offenser un homme. De la même manière, un vieux noble ne peut pas offenser un Juif. Ce que le seigneur lui a fait subir ne l’a pas atteint. Il l’a peut-être blessé, sali, ridiculisé. Mais il ne l’a pas humilié. À la synagogue en revanche, on peut l’humilier. Car c’est là que se trouve sa vie ! Quand les Juifs ont commencé à se sentir humiliés par ce que les non-juifs pensaient et disaient d’eux, alors l’exil a vraiment commencé. Jusque-là, le Juif était certes en exil, mais maintenant l’exil est entré dans les Juifs. Le Rabbi de Klausenburg et le président de la banque de HongrieComme ce Juif, président de la banque hongroise, qui est arrivé au camp d’Auschwitz, au bloc du Rabbi de Klausenburg. Ce dernier s’est approché de lui et lui a demandé : “Dis-moi, ta femme non-juive est-elle ici avec toi au camp ?” Il a répondu : “Non, bien sûr que non, elle n’avait pas besoin de venir.” “Quelle sorte de femme est-ce qui laisse son mari souffrir seul ? Et tes enfants, où sont-ils ?” “L’un est professeur dans telle université, l’autre professeur là-bas…” “Sont-ils au moins venus t’accompagner à la gare ?” “Non.” “Et le président de la Hongrie, où est-il ?” lui demanda le Rabbi. Ce Juif, dans sa douleur, a répondu : “Et vous alors ?” C’est alors que le Rabbi a dit : “Je suis un Juif qui ne leur a rien donné et ne me suis jamais laissé impressionner par eux. Alors quand ils me dénigrent et essaient de m’humilier, cela ne m’affecte en rien. Mais qu’en est-il de toi ?” Les enfants du Rabbi interrogèrent leur père : “Pourquoi fais-tu cela ? N’est-ce pas déjà assez difficile pour lui ?” Le Rabbi répondit : “Je sais ce que je fais.” Quelques jours plus tard, ce Juif, qui avait déjà un pied dans la tombe, s’est approché du rabbin et lui a dit : “Rabbi, j’ai réfléchi à ce que nous avons dit. Je pense que tu as raison. J’ai eu tort toute ma vie.” Le rabbin de Klausenburg dit alors à ses fils : “Vous voyez, il va maintenant mourir dans la repentance. C’est ce que j’ai réussi à faire avec lui.” Il est important que nous connaissions ces définitions. Les nazis ne voulaient pas seulement tuer les Juifs. Bien sûr, c’était le principal. Mais ils voulaient aussi les humilier. Pourtant, ce sont justement ces Juifs qui ont gardé leur apparence et n’ont rien changé de leurs coutumes qui ont montré qu’un non-juif ne pouvait pas les humilier. Cela inclut ces Juifs barbus, défiant l’ordre des nazis de ne pas porter de barbe. Dans les derniers instants du ghetto, dans les derniers jours de la guerre, dans ce combat contre les résistants mené par le général SS Jürgen Stroop, ceux-ci ont été découverts dans un bunker en train d’étudier la Torah. Il y a une photo où on les voit, portant des barbes. Ils ont montré aux Allemands, avec un regard perçant : vous n’aurez jamais notre âme. Vous ne nous humilierez jamais. Une guerre contre le peuple éluÀ Lodz, il n’y a pas eu de révoltes comme à Varsovie. Ni même d’actions de résistance locales comme celles de l’organisation Ayal dans le ghetto de Cracovie. Cependant, Lodz était une mine d’or en termes de courage spirituel, de maintien des valeurs humaines, de la foi et des commandements religieux, de solidarité et d’entraide. La bravoure spirituelle était une vision courante parmi les Juifs qui connaissaient sa juste valeur. Wolf Jasny, journaliste et activiste politique polonais, écrit que les héros du ghetto étaient ceux qui réussissaient à préserver leur judaïté, leur dignité humaine et leurs valeurs. Même dans des conditions difficiles, ils n’oubliaient pas leurs racines ni leur souci pour leurs frères. Malgré le fait qu’il était particulièrement difficile d’être religieux dans le ghetto, car les nazis persécutaient ceux qui portaient une barbe et portaient des vêtements traditionnels juifs. Partout où le régime hitlérien s’installait, ceux qui avaient une apparence religieuse étaient les plus persécutés, les plus maltraités et les plus torturés. Ils souffraient de violences et de tortures spécifiques destinées à briser leur esprit et leur corps. Car cette guerre n’était pas seulement une guerre de race. Mais une guerre spirituelle, une guerre contre le peuple élu. Par conséquent, une guerre contre la foi juive. Rav Mordékhaï Neugroschel, adapté par Rav Gad Allouche Ajouter votre commentaire !
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