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Blog : Torah-Box

Hiloula de Rabbi Ezra Melki de Rhodes

À l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rabbi ‘Ezra Melki, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik le jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod Harav Melki, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israël, Amen !

Rabbi Ezra Melki naquit à Safed (Tsfat) vers 1710, dans une famille rabbinique exceptionnelle. Son père, Rabbi Raphaël Mordékhaï Melki, était un célèbre médecin et érudit, figure reconnue parmi les Sages de la Terre d'Israël.

Né en Italie au début du XVIIIème siècle, Rabbi Raphaël Mordékhaï y reçut une formation approfondie tant dans les disciplines profanes que dans les sciences de la Torah. En 1677, il émigra à Jérusalem où il rejoignit le cercle restreint des érudits éminents de la ville. Il participa activement à la vie halakhique, cosignant responsa et règlements communautaires. Il s'éteignit la nuit du Chabbath, le 4 Av 1702, laissant derrière lui une famille illustre.

Trois fils perpétuèrent son héritage : Rabbi Moché, qui devint chef de la communauté de Safed, Rabbi Meïr, et Rabbi ‘Ezra. Ses deux filles épousèrent des géants de la Torah : l'une épousa Rabbi Hizkiya di Silva, auteur du célèbre Peri Hadach, et l'autre Rabbi Moché Hagiz.

Formation à Safed

Rabbi ‘Ezra grandit à Safed, ville sainte et foyer spirituel majeur, dans une atmosphère de ferveur intellectuelle intense. Il étudia d'abord auprès de son père, puis auprès des plus grands rabbins de la cité. Très tôt, il se distingua par sa finesse d'analyse et sa maîtrise des sources talmudiques et halakhiques. Il intégra le corps rabbinique de Safed où il siégea comme Dayan (juge rabbinique).

La crise de Safed et la mission d'émissaire (1749)

À partir du milieu du XVIIIème siècle, la situation de Safed se dégrada dramatiquement. Le renouveau de Tibériade sous l'impulsion de Rabbi Haïm Aboulafia vers 1740 entraîna un déclin rapide de Safed. De nombreux habitants la quittèrent pour une cité mieux fortifiée. Safed, aux habitations vétustes et exposées, subissait sans cesse pillages, violences et insécurité.

Rabbi Haïm ben Attar refusa même de s'y installer en raison des dangers constants. À ces troubles, s'ajoutèrent une épidémie meurtrière en 1742, un siège lié aux opérations du pacha de Damas, puis une famine prolongée de cinq années. La ville fut finalement ravagée par les tremblements de terre de 1760.

Face à ces calamités, les Sages de Safed décidèrent d'envoyer des émissaires à travers la diaspora pour recueillir des fonds. Rabbi ‘Ezra Melki fut l'un de ces envoyés. Dans l'introduction de son ouvrage Malki ba-Kodech, il évoque avec émotion les souffrances endurées : la peur constante, la violence, la fuite précipitée, et l'angoisse pesant sur la ville jadis célébrée comme "couronne de beauté".

La mission à travers l'Empire ottoman

En 1749, Rabbi ‘Ezra entreprit son périple à travers la Turquie et les Balkans - Bosnie, Salonique, Constantinople. Malgré les dangers et la fatigue, il se consacra avec abnégation à sa mission. À Constantinople, les rabbins et notables furent profondément émus par son témoignage et se mobilisèrent avec générosité, instaurant même une collecte structurée en faveur de Safed.

Tout au long de son voyage, Rabbi ‘Ezra fut sollicité par les plus grands rabbins de son temps. Il engagea des discussions halakhiques approfondies avec Rabbi David Pardo, Rabbi Yossef Chemouel Modigliano, Rabbi Eliahou Palumbo et bien d'autres. Ses réponses, rédigées souvent sans accès à ses livres, témoignent d'une maîtrise exceptionnelle de la Torah.

L'impression de Malki Bakodech (1749)

C'est à Salonique en 1749 que Rabbi Ezra fit imprimer son premier ouvrage, Malki Bakodech, chez l'imprimeur Rabbi Betsalel Halevi. Fidèle à son devoir d'émissaire, il ne put rester pour superviser l'impression et confia la relecture à Rabbi Aharon Amarilio, auteur du Pené Aharon, qui rédigea une préface élogieuse.

Cependant, à son retour, Rabbi ‘Ezra découvrit que de nombreuses erreurs s'étaient glissées dans l'ouvrage. Il rédigea alors un long erratum, aujourd'hui extrêmement rare, dans lequel transparaissent à la fois sa rigueur intellectuelle et son humilité. Il y reconnaît même ses propres oublis, appelant le lecteur à corriger et comprendre par lui-même.

Installation à Rhodes et rabbinat (1752)

À l'issue de sa mission, alors qu'il traversait l'île de Rhodes, les dirigeants communautaires le pressèrent d'accepter la charge de rabbin en chef de la ville. Conscient de la situation toujours précaire de Safed, il accepta.

Dès 1752, il apparaît comme signataire principal des règlements communautaires. Il se consacra entièrement à la direction spirituelle, judiciaire et éducative de la communauté. Son autorité et sa sagesse attirèrent des questions halakhiques de toute la région, notamment d'Izmir. Malgré une charge écrasante, il continua à écrire, enseigner et juger avec un dévouement sans faille.

L'œuvre écrite magistrale

Rabbi ‘Ezra Melki laissa une œuvre remarquable, rédigée dans des conditions souvent extrêmes :

- Malki Bakodech (1749) - Commentaire sur les lois de Pessa’h et la Haggada, ainsi que divers développements halakhiques. Publié à Salonique.

- Chemen Lamaor (1755) - Œuvre magistrale défendant la position du Raavad face aux critiques du Ramban, principalement sur Baba Metsia. Comprend ses novella sur les Hassagot du Razah et le commentaire du Ran sur le traité Chevouot. Publié à Salonique.

- Ein Michpat (1770) - Recueil de responsa publié après sa mort par son élève fidèle Rabbi Raphaël Yaakov di Maïen à Constantinople. Ces échanges révèlent un homme conscient de ses limites matérielles, mais animé d'une force spirituelle inébranlable.

- Einot Maïm (1811) - Recueil de douze Drachot (sermons) bibliques, publié bien après sa disparition à Salonique grâce à l'effort de ses proches. Nombreux autres ‘Hidouchim demeurèrent en manuscrit et furent perdus avec le temps.

Ses écrits furent unanimement salués par les plus grands rabbins de l'époque, qui soulignèrent la solidité de ses raisonnements, son intégrité halakhique et son extraordinaire persévérance.

Enseignements immortels

Sur l'étude de la Torah - "La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s'y accrochent" - Rabbi ‘Ezra explique que la Torah donne la vie non seulement à celui qui l'étudie, mais même à celui qui s'y renforce au-delà de son habitude. Celui qui soutient les autres dans leur étude mérite également d'être sauvé, car il permet à d'autres d'étudier.

Sur la Tsédaka - Commentant la Haggada - "Que celui qui a faim vienne et mange, que celui qui en a besoin vienne célébrer Pessa’h" - Rabbi ‘Ezra enseigne : "Nous ouvrons notre cœur pour donner à chacun selon ses besoins, afin qu'aucun fils d'Israël ne soit triste lors de notre joie... même celui qui a de quoi manger mais manque d'autres besoins de Pessa’h."

Sur l'amour d'Israël - "Grande est la paix pour ceux qui aiment Ta Torah, et ils n'ont point d'obstacle" - Rabbi ‘Ezra explique que même si les érudits deviennent parfois adversaires dans l'étude, cela ne leur est pas compté comme faute, car ils finissent toujours par redevenir amis.

Sur les traditions - Rabbi ‘Ezra insiste qu'il est interdit de modifier les mélodies traditionnelles de lecture des textes saints, car cela constituerait un manque de respect envers la sainteté des Écritures.

Sur la sagesse - "Les vœux sont une haie pour l'abstinence" - mais le vrai sage, enseigne Rabbi ‘Ezra, s'abstient sans faire de vœux, par le silence et la retenue, car "une haie pour la sagesse, c'est le silence".

Le décès et l'héritage (7 Iyar 1768)

Rabbi ‘Ezra Melki décéda le 7 Iyar 1768 (5528), avant l'âge de soixante ans, après vingt-six années passées à la tête de la communauté de Rhodes. Sa disparition plongea ses élèves et sa communauté dans une profonde affliction. Plusieurs oraisons funèbres furent prononcées.

Il fut enterré dans le cimetière juif antique de Rhodes en Grèce, puis son tombeau fut transféré dans la section des rabbins de la ville.

L'héritage immortel

Rabbi ‘Ezra Melki incarne l'érudit exemplaire qui, malgré l'exil, la pauvreté et les dangers, sut transformer chaque instant en source de lumière spirituelle. Envoyé en mission pour sauver Safed de la ruine, il devint le pilier de Rhodes. Écrivant parfois sans accès à ses livres, il produisit des œuvres qui continuent d'être étudiées.

Ses œuvres constituent un témoignage vivant de la grandeur de l'érudition juive orientale du XVIIIème siècle. Sa rigueur halakhique, son humilité intellectuelle et son dévouement total à sa communauté font de lui un modèle pour toutes les générations.

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Dernière mise à jour, il y a 43 minutes