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Blog : Rencontre Judaïque FM

Merah, "un monstre issu de la maladie de l'islam"

Abdennour Bidar

Depuis que le tueur de Toulouse et Montauban a été identifié comme "salafiste djihadiste", c'est-à-dire comme fondamentaliste islamiste, le discours des dignitaires de l'islam de France a été de prévenir tout "amalgame" entre cette radicalité d'un individu et la "communauté" pacifique des musulmans de France. Cet appel au jugement différencié est nécessaire lors d'un événement comme celui-ci, parce qu'il suscite une vague d'émotion et d'indignation si puissante qu'elle risque d'abolir, dans un certain nombre d'esprits fragiles, toute capacité rationnelle à distinguer entre islam et islamisme, islam et violence, etc. Les dignitaires qui se sont exprimés ont donc assumé là une responsabilité indispensable pour la paix sociale, et nous pouvons espérer que leur parole contribue à éviter une aggravation de la défiance et des stigmatisations dont les musulmans de France restent souvent victimes.
Mais tout le mérite de cette réaction immédiate, responsable et nécessaire, ne suffit pas à éluder une question plus grave. La religion islam dans son ensemble peut-elle être dédouanée de ce type d'action radicale ? Autrement dit, quelle que soit la distance considérable et infranchissable qui sépare ce tueur fou de la masse des musulmans, pacifiques et tolérants, n'y a-t-il pas tout de même dans ce geste l'expression extrême d'une maladie de l'islam lui-même ?Depuis des années, j'analyse dans mes travaux ce que j'ai désigné à plusieurs reprises comme une dégénérescence multiforme de cette religion : ritualisme, formalisme, dogmatisme, sexisme, antisémitisme, intolérance, inculture ou "sous-culture" religieuse sont des maux qui la gangrènent. Cette médiocrité profonde dans laquelle sombre l'islam s'observe certes à des degrés très divers selon les individus, de telle sorte qu'il se trouve toujours des musulmans moralement, socialement, spirituellement éclairés par leur foi, et de sorte aussi qu'on ne peut pas dire que "l'islam est par essence intolérant" ni que "les musulmans sont antisémites". Ce sont là des essentialisations et des généralités fausses, dont certains usent pour propager l'islamophobie. Néanmoins, tous ces maux que je viens d'énumérer altèrent la santé de la culture islamique, en France et ailleurs.
Il s'agirait par conséquent, pour l'islam, d'avoir dans des circonstances pareilles un courage tout à fait particulier : celui de reconnaître que ce type de geste, tout en étant étranger à sa spiritualité et à sa culture, est pourtant le symptôme le plus grave, le plus exceptionnel, de la profonde crise que celles-ci traversent. Mais qui aura ce courage ? Qui en prendra le risque ? Comme je l'ai souligné aussi à de très nombreuses reprises, la culture islamique est depuis plusieurs siècles enfermée dans ses certitudes, enfermée dans la conviction mortifère de sa "vérité". Elle est incapable d'autocritique. Elle considère de façon paranoïaque que toute remise en cause de ses dogmes est un sacrilège. Coran, Prophète, ramadan, halal, etc. : même chez des individus éduqués, cultivés, par ailleurs prêts au dialogue sur tout le reste, la moindre tentative de remise en cause sur ces totems de l'islam se heurte à une fin de non-recevoir. La plupart des consciences musulmanes se refusent et refusent encore à quiconque le droit de discuter ce qu'une tradition figée dans un sacré intouchable a institué depuis des millénaires : des rites, des principes, des moeurs qui pourtant ne correspondent plus du tout aux besoins spirituels du temps présent... et dont les musulmans ne se rendent pas compte eux-mêmes, le plus souvent, à quel point leur revendication a changé de nature parce qu'elle se fait au nom de valeurs tout à fait profanes (droit à la différence, tolérance, liberté de conscience).
Comment s'étonner que dans ce climat général de civilisation, figé et schizophrène, quelques esprits malades transforment et radicalisent cette fermeture collective en fanatisme meurtrier ? On dit d'un tel fanatisme de quelques-uns que "c'est l'arbre qui cache la forêt d'un islam pacifique". Mais quel est l'état réel de la forêt dans laquelle un tel arbre peut prendre racine ? Une culture saine et une véritable éducation spirituelle auraient-elles pu accoucher d'un tel monstre ? Certains musulmans ont l'intuition que ce type de question a été trop longtemps ajourné. La conscience commence à se faire jour chez eux qu'il deviendra toujours plus difficile de vouloir déresponsabiliser l'islam de ses fanatiques, et de faire comme s'il suffisait d'en appeler à distinguer islam et islamisme radical. Mais il doit devenir évident pour beaucoup plus de musulmans encore que désormais les racines de l'arbre du mal sont trop enfoncées et trop nombreuses dans cette culture religieuse pour que celle-ci persiste à croire qu'elle peut se contenter de dénoncer ses brebis galeuses.
L'islam doit accepter le principe de sa complète refondation, ou sans doute même de son intégration à un humanisme plus vaste qui le conduise à dépasser enfin ses propres frontières et son propre horizon. Mais acceptera-t-il de mourir ainsi pour que renaisse de son héritage une nouvelle forme de vie spirituelle ? Et où chercher l'inspiration de ce dépassement ? En tant que spécialiste des pensées les plus profondes de l'islam, ces pensées philosophiques et mystiques d'Averroès (1126-1198) et d'Ibn Arabi (1165-1241), je vois à quel point leur sagesse a été perdue - la plupart des musulmans ne connaissent même pas leurs noms. Il ne s'agit pourtant pas de les ressusciter, ni de les répéter. Il est bien trop tard pour cela. Il s'agit de trouver leur équivalent pour notre temps. A cet égard, il ne suffit donc même pas d'être prêt à admettre enfin qu'il y a une "maladie générale de l'islam", et qu'il faudrait revenir à ces sagesses du passé.
Le défi est beaucoup plus important. Il faut que l'islam arrive à cette lucidité tout à fait nouvelle de comprendre qu'il doit se réinventer une culture spirituelle sur les décombres du matériau mort de ses traditions. Mais, autre difficulté redoutable, il ne pourra pas le faire seul et pour lui seul : rien ne servirait aujourd'hui de vouloir instituer un "humanisme islamique" à côté d'un "humanisme occidental" ou d'un "humanisme bouddhiste". Si demain le XXIe siècle est spirituel, ce ne sera pas de façon séparée entre les différentes religions et visions du monde, mais sur la base d'une foi commune en l'homme. A trouver ensemble.
Abdennour Bidar,professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes)Le Monde, 23 mars 2012
2 commentaires
Le professeur Abdennour Bidar a le courage - courage tout court, dans un pays où le salafisme s'étend et gagne chaque jour du terrain dans les 750 et quelque " territoires perdus de la République " , et courage intellectuel - de poser les bonnes questions.
Envoyé par Edmond_002 - le Dimanche 25 Mars 2012 à 08:18
cela me rappelle la fable de jean de la fontaine : " les animaux malades de la peste " ...et c 'est le cas...cette maladie que décrit cet homme courageux Abdenour Bidar , c ' est justement cette peste salafiste qu ' il faut éradiquer par tous les moyens...cette dangereuse " peste islamiste " , un mal qui répand la terreur , un mal qu ' une secte de l ' islam conquérant inventa pour punir les infidèles de leur manque de foi en mahomed , le prophête tueur des tribus juives de médine , en créant dans les écrits du coran , la dhimmitude , le hadith et la charia , ce qui veut dire en français , la soumission de l ' infidèle , la mort de l ' infidèle , s ' il n ' obéït pas et enfin la punition terrible--la main coupée et la jambe opposée coupée--la similitude de ce qui se passe aujourd ' hui dans les pays arabo-musulmans , les agressions mortelles contre les chrétiens ( hier CT les juifs ) que les immams trouvent naturelles comme le roi lion qui dévore le berger , ou bien le renard qui envahit le poulailler pour tuer les poulets , tout comme le hamas qui bombarde le sud d ' Israël , et les négationnistes arabo-musulmans qui trouvent normal d ' éradiquer l ' état d 'Israël et de faire l ' apologie du génocide du juif...eet d ' accuser l ' âne , de tous les maux de la terre , autrement dit le juif qui est coupable de s ' être accaparé d ' une petite portion de terre , qui lui a appartenu , mais que la majorité de l ' onu accuse en criant tous en choeur :

harro sur le juif !
Envoyé par Jacques_079 - le Dimanche 25 Mars 2012 à 09:24
Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 12 minutes