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Blog : Michaël Blum

La famille Shalit est-elle intouchable ?

Un an après sa libération, Gilad Shalit, qui tente de reprendre une vie normale reste  une icône populaire en Israël mais l'entrée en politique de son père risque-t-elle de changer les choses ? 

J'ai couvert la campagne de Noam et Aviva Shalit pendant plus de cinq ans, ayant été le premier journaliste à interroger Noam à Mitzpé Hila, quelques heures après l'annonce tragique de la capture de son fils par des Palestiniens.

J'ai comme des dizaines d'autres journalistes répondu présent à tous les appels de la famille qui voulait communiquer et faire parler de leur fils dans le monde entier.

Je l'ai fait car c'est mon métier mais aussi comme être humain, touché par cette tragédie et espérant pendant toutes ces années de voir un jour ce jeune homme revenir vivant en Israël.

Le 18 octobre 2011,  j'étais à Mitzpe Hila et j'ai pleuré à l'unisson de tout un peuple quand Gilad est revenu en bonne santé au sein de sa famille.

Depuis, j'ai eu la chance de le rencontrer, de lui parler, de le voir sourire en vrai et non plus avec ce sourire figé des portraits affichés dans les rues du pays pendant plus de cinq longues années.

 

 

Pendant tout ce temps, mettant de côté nos habitudes de journalistes, nous avons agi comme des amis de la famille en respectant toutes leurs demandes.

Nous n'avons pas à leur demande photographié la s'ur de Gilad, ni sa grand-mère pourtant franco-israélienne, nous n'avons pas posé les questions gênantes que se posaient beaucoup d'Israéliens sur le prix à payer pour sa libération, nous n'avons pas dévoilé ce que nous savions et que nous continuons de garder pour nous sur la famille Shalit et pas un remerciement, pas l'ombre d'une quelconque gratitude.

Au nom de l'éthique journalistique, nous avons, à mon avis, failli à notre mission de journalistes en se mettant au service de cette cause et en bafouant parfois cette même éthique.   

Gilad Shalit refuse de donner des interviews sauf pour parler de sport, sa passion. Pourtant ce mercredi, la chaîne 10 de la télévision israélienne va diffuser un entretien avec l'ex-otage, qui selon son père n'est pas du gout de Gilad. Il aurait été piégé par des « amis » qui sous prétexte de tourner un film sur lui ont vendu les images de cet entretien à la télévision.

Je pense que Gilad Shalit aurait dû organiser une conférence de presse, dire merci aux journalistes de leurs efforts pendant ces cinq ans et expliquer qu'il ne se sentait pas prêt à raconter sa captivité.

Il a choisi de nous ignorer, c'est dommage mais comment en vouloir à un jeune homme de 26 ans qui sort de plus de cinq années de captivité ?

Par contre, son père qui a repris le cours normal de la vie aurait pu le faire. Dans trois mois, Noam Shalit va se présenter à la Knesset sur la liste du parti travailliste.

En dehors d'avoir montré sa détermination à libérer son fils, que peut-il proposer aux électeurs ?

Est-ce moral de courir pour une élection en utilisant l'image de père du fils de la Nation ? « Si Gilad n'avait pas été kidnappé, je n'aurai jamais envisagé d'entrer en politique », m'a-t-il confié.

Le public votera en connaissance de cause mais cette fois la presse ne lui fera pas de cadeaux'

Michaël Blum

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 20 minutes