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Blog : Torah-Box

Béhar-Bé?houkotaï - Anticiper les chutes

Béhar-Bé?houkotaï - Anticiper les chutes - © Torah-Box

« Si ton frère s’appauvrit, que ses biens déclinent, tu devras le renforcer – même le converti et le résidant — afin qu’il vive avec toi. »[1]

Rachi enjoint de ne pas laisser notre prochain déchoir, pour qu’il ne soit pas difficile de le redresser, mais plutôt de lui venir en aide dès qu’il tend sa main. Il suggère l’analogie d’une charge sur un âne ; tant qu’elle est sur le dos de l’animal, il suffit de la tenir pour qu’elle y reste, mais si elle tombe par terre, même cinq hommes ne peuvent pas la relever.

Lorsqu’un individu commence une spirale descendante vers la pauvreté, la Torah nous ordonne d’empêcher sa chute avant qu’il n’ait plus rien. On peut déduire de ce commandement et de l’interprétation de Rachi un principe important dans la vie, qui ne se limite pas à la charité. Le Séfer Zikhron Méir souligne que si une action préventive est importante dans le domaine matériel, elle l’est d’autant plus dans la spiritualité. Si cinq hommes sont nécessaires pour ramasser une charge tombée du dos d’un âne, lors d’une chute spirituelle, même cent personnes peuvent rester inefficaces pour enrayer la « dégringolade » !

Il poursuit en ajoutant que ce principe s’applique à chacun, vis-à-vis de son propre niveau spirituel. Il est bien plus facile d’éradiquer un mauvais comportement quand celui-ci s’amorce, que quand il a déjà pris racine. Il compare cela à une maladie qu’il est relativement simple de soigner quand elle est décelée rapidement contrairement au cas où on la laisse se développer et se répandre dans le corps.[2]

Il convient de se pencher sur deux domaines en particulier, sur lesquels un travail précoce permet d’éviter des difficultés insurmontables qui peuvent survenir par la suite ; le ’Hinoukh (l’éducation) et le Chalom Baït (l’harmonie au sein du foyer).

Il est primordial d’apprendre quelle est l’approche de la Torah à leur sujet. On risque de s’estimer capable de surmonter n’importe quel challenge grâce à notre bon sens. Rav Noa’h Weinberg montre l’erreur d’une telle attitude. Il note que les gens passent plusieurs années à étudier en vue d’une future carrière. Ils comprennent donc la nécessité d’être suffisamment qualifié dans leur spécialité choisie. La plupart des gens reconnaissent (on l’espère !) que leur mariage et leur vie de famille sont plus importants que leur métier, mais espèrent toutefois relever habilement les divers défis qu’ils auront à affronter. Un simple regard sur le monde environnant nous prouve qu’un mariage réussi n’est pas chose courante – le taux de divorce est extrêmement élevé et malheureusement, il grimpe également dans le monde juif. De même, les innombrables histoires d’enfants qui quittent le giron judaïque montrent qu’un bon parentage demande des efforts considérables et constants.

 Le fait d’assister à des cours sur le ’Hinoukh ou le Chalom Baït peut apprendre à l’homme des leçons fondamentales qui l’aideront à éviter des erreurs fatales. Rav Dov Brezak, expert connu dans le domaine de l’éducation rapporte une histoire douloureuse à ce sujet. Un jeune garçon avait totalement rejeté le mode de vie de ses parents et n’était plus pratiquant. Quand on annonça au père que son fils ne priait même plus, il manifesta sa surprise. « J’ai tellement investi dans les prières de mon fils ! Comment expliquer cet échec ? » Il expliqua ensuite comment il avait « enseigné » à son fils à faire sa Téfila. « J’ai toujours pris soin de l’emmener à l’office et de l’assoir à mes côtés. Je ne m’accordais même pas le luxe de me concentrer sur mes propres Téfilot ; je gardais constamment un œil sur mon fils. Je m’assurais qu’il suive dans son Sidour et s’il commençait à rêvasser, je l’arrêtai immédiatement afin qu’il replonge les yeux dans son Livre. »

On posa la même question au garçon qui répondit : « Il n’y a rien que je déteste plus que la prière. J’ai attendu avec impatience le jour où je serais assez grand pour pouvoir arrêter de prier. Le simple fait d’entrer dans une synagogue me remplit d’un mauvais sentiment. Je pense que c’est parce que mon père était très dur avec moi en ce qui concerne la Téfila ; c’est tout simplement devenu un fardeau insupportable. »

L’un des éléments surprenants de cette triste histoire est l’entière conviction du père quant à la justesse de son approche. Pourtant, c’est précisément elle qui avait éloigné son fils de la prière et du judaïsme. S’il avait demandé plus tôt quel était le Daat Torah[3] concernant l’éducation de son fils, s’il n’avait pas décidé d’éduquer son fils selon ses propres convictions, il aurait certainement pu détecter et amoindrir le dommage que sa méthode pouvait (et parvint à) engendrer.

De même, des erreurs fondamentales dans la vie de couple peuvent être évitées en assistant à des Chiourim, en lisant des livres ou en parlant à un Rav ou à une Rabbanite à ce propos. Il est essentiel d’essayer d’identifier les difficultés et d’en parler tant qu’il est encore temps. Malheureusement, il n’est pas rare qu’un couple aille consulter un conseiller conjugal alors que leurs problèmes sont déjà trop profonds pour être résolus.

Cette leçon s’applique à des gens qui ont été mariés pendant plusieurs années et qui ont des enfants. Même après plusieurs années de mariage, on peut investir plus de temps et d’efforts dans sa vie de couple ; ce qui aidera à faire face aux nouveaux défis qui peuvent émerger à tout moment. Et même un célibataire peut se préparer au mariage ou au ’Hinoukh avant d’entamer ces étapes importantes de la vie. En plus de l’étude dans ces domaines, il peut travailler sur ses traits de caractère bien avant d’être marié ou parent.

Cette Paracha nous enseigne donc que le fait d’aider quelqu’un avant sa chute est bien plus facile que de rétablir son niveau d’antan après son infortune. Ce principe s’applique dans tous les domaines de la vie (mariage, éducation des enfants, etc.) en affrontant les challenges précocement, afin d’éviter leur intensification.


[1] Parachat Béhar, Vayikra, 25:35.

[2] Rapporté dans le Léka’h Tov, Parachat Béhar, p. 261-262.

[3] Traduit littéralement par « l’opinion de la Torah ». Cela fait référence aux points de vie des personnes dont la seule source de sagesse est la Torah.

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Dernière mise à jour, il y a 24 minutes