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Blog : Torah-Box

'Haim Walder raconte : le douloureux miroir de notre comportement

‘Haïm Walder a raconté cette semaine une histoire vraie, qu’une connaissance à lui a vécu dans sa chair et lui a demandé de retranscrire afin de transmettre l’incroyable et édifiante leçon qui se cache derrière.

La voici :

« C’est arrivé il y a 10 ans. L’un de nos Guedolim (Grands en Torah) s’était rendu dans une ville du pays, et la fin de sa visite devait être marquée par un rassemblement de personnalités dans la maison d’un homme public, où étaient invités Raché Yéchivot, directeurs d‘école, et toutes personnes ayant un rôle important dans le système éducatif religieux d’Israël.

J’étais bien évidemment invité à cette réunion importante, à laquelle je me suis rendu avec mon fils, et comme convenu, 10 minutes après le début de l’évènement, j’arrivais sur les lieux », raconte-t-il.

« A cause de l’importance du Keness (rassemblement) et des personnalités qui s’y trouvaient, les alentours avaient été soigneusement barricadés par les services de sécurité, pour éviter aux curieux et aux indésirables d’y entrer.

Je me suis approché d’un des hommes de la sécurité en lui disant que je devais entrer, mais le garde s’est mis à rigoler en me disant : "Tu vois tous ces gens ici qui veulent entrer ? Je suis là justement pour vous en empêcher !"

J’ai regardé à gauche et à droite, et j’ai vu des dizaines d’enfants et de jeunes, de 3 à 19 ans, munis d’appareils photos, qui s’étaient rassemblés près de l’endroit.

"Moi, j’ai été invité ici !", ai-je insisté, en parlant fermement mais doucement.

"Tu as un carton d’invitation ?", me demanda le gardien, et je sentis la foule autour de moi, qui commençait à rire.

A ce moment, je me sentis vraiment humilié et particulièrement devant mon fils, qui se trouvait à mes côtés.

Je commençais donc une suite de téléphones à des personnes de ma connaissance qui se trouvaient à l’intérieur, mais personne ne répondit.

Soudain, une voiture s’arrêta devant la maison, ce qui provoqua un mouvement de foule, et le directeur d’établissements scolaires très connu en sortit. Il s’approcha de l’entrée, parla au gardien et, comme par miracle, quelqu’un à l’intérieur sortit, et d’un geste au gardien, lui fit comprendre de le laisser entrer.

Mon fils et moi essayions désespérément de lui faire comprendre de nous introduire, mais ce dernier, sans même un regard vers nous, entra, accompagné de ses auxiliaires, tous des jeunes gens qui pouvaient être mes fils. Et moi, dehors, dépité et penaud, j’attendais toujours.

En regardant mon fils, je vis à quel point il était gêné pour moi. Voir son père, directeur d‘école honorable, dans une telle situation, qui comme un mendiant se tenait devant une porte fermée que personne ne lui ouvrait.

En désespoir de cause, mon fils essaya de grimper sur les barrières, se fit rattraper et repousser par les gardiens, tomba et déchira son costume.

A ce moment, nous aurions dû partir, mais quelque chose en moi m’en empêcha : partir à ce moment, c’était renoncer et m’humilier totalement devant cette foule qui allait comprendre que je ne suis rien, zéro, nul. Le pire était peut-être que des connaissances à moi qui se rendaient au Keness me voyaient attendre dehors. En un coup de fil, on les faisait entrer, mais malgré mes supplications, le gardien s’obstinait : "Lui, non !".

Je ne sais pas ce qui m’a retenu là-bas, mon fils me disait : "Viens papa, partons, ce n’est pas honorable pour toi d’être ici", mais de façon irraisonnable, le fait d’entrer était devenu pour moi une obsession. Quelque chose en moi me disait : "Si je ne rentre pas, je n’existe pas et toute ma respectabilité est mise en cause. Je ne pourrai plus regarder mon fils dans les yeux."

Je sentis une colère et une fureur que jamais je n’avais ressenties auparavant. Une sensation d'être en enfer, comme si j'étais mis à la torture en public et qu'on riait devant mon humiliation.

L’heure passa, le Keness était terminé et les gens commencèrent à sortir.

Un bon ami à moi qui sortait, me voyant dehors, me dit : "Pourquoi n’es-tu pas entré ?"

Et là, j’ouvris mon cœur et lui déversa : "Pourquoi je ne suis pas entré, tu demandes ?! Parce que toi et les autres étiez assis tranquillement à l’intérieur et m’avez laissé dehors. Je suis là depuis le début du Keness, mais il semble que je ne suis pas assez important pour entrer. Des dizaines de jeunes sont entrés et moi, non ! Ça ne se passera pas comme ça !"

Mon ami, voyant mon désarroi et ma douleur, me dit : "Tu entres avec moi maintenant !". Je lui répondis : "Qu’est-ce que j’ai à faire dedans maintenant ?".

"Je veux que tu viennes. Tu vas rencontrer le Gadol qui est encore là. Tu ne peux pas partir sans le rencontrer !"

J’ai accepté. A vrai dire, uniquement pour marquer une petite victoire devant la foule et, surtout, devant mon fils.

Le Gadol était assis, il semblait très affaibli par le rassemblement qui venait d’avoir lieu. Mon ami se pencha vers lui et lui chuchota à l’oreille ce qui s’était passé pour moi. Le Gadol écouta avec curiosité et émotion, ferma les yeux et sourit, de ce sourire si connu…

"Vous étiez dehors, n’est-ce pas ?", me dit-il en Yiddish. "Comment était-ce ?"

Je me tus. Je ne savais pas quoi faire. Lui raconter, comme un petit garçon, tout ce qu’on m’avait fait ?

"J’ai raté le Keness, on ne m’a pas laissé entrer, Kvod Harav."

"Qu’avez-vous ressenti dehors, s’il vous plait ? Racontez-moi dans tous les détails", me demanda le Gadol.

"Une humiliation sans pareil, et j’ai été humilié devant mon propre fils !!"

"Devant votre fils ?! Et qu’avez-vous fait pour éviter cela ?"

"J’ai essayé de me tourner vers des gens qui pourraient contacter le responsable, mais chacun m’a envoyé vers quelqu’un d’autre. Certains m’ont dit qu’ils n’étaient pas autorisés à me laisser entrer, d’autres qu’il n’y avait plus de place… Vous vous rendez compte ?! Des jeunes de 20 ans sont entrés et, moi, je n’ai pas de place ?!"

"Pas de place… pas de place", répéta le Tsadik, et je me demandais s’il compatissait ou souriait à mon sujet.

Et là, le Gadol me dit : "Ne comprenez-vous pas que ce n’est pas par hasard que cela vous est arrivé ? Pendant que vous étiez dehors, vous avez ressenti tout ce que ressentent un papa et une maman qui veulent faire entrer leur enfant dans un de vos établissements, qui savent qu’il est au niveau d’y entrer, et qui, pourtant, pour des raisons extérieures, n’y parviennent pas, car on leur en empêche.

Vous avez senti en une seule heure, douleur, humiliation et honte, comme si toute votre vie et votre honorabilité avaient été effacées.

Eux, ces parents, ils le sentent année après année, humiliés et méprisés devant leurs enfants et devant leur société, comme si on lacérait leur peau avec des peignes de fer. Et personne ne les entend, personne ne vient à leur rencontre pour écouter ce qu’ils ont à dire. Ils n’ont personne avec qui parler.

Parfois, on leur lance une excuse comme : "Pas de place", mais ils voient devant leurs yeux, que d’autres, moins méritants, rentrent, et ils sont anéantis de déception et d’incompréhension.

D.ieu vous a donné le mérite de ressentir cela aujourd’hui. Le Keness que vous avez vécu, dehors, était bien plus important pour vous, que celui de dedans…". »

A Lag Ba’omer, les élèves de Rabbi Akiva ont cessé de mourir. La raison de l’épidémie, nous disent nos Sages, était que : « Ils ne s’honoraient pas les uns les autres ». Il y a encore tant de choses auxquels il faudrait mettre un terme…

‘Haïm Walder, traduit et adapté par Jocelyne Scemama

1 commentaire
Pourtant, les rapports humains ne s'améliorent-ils pas par l'aptitude non pas de se résigner et penser toujours à ceux qui doivent subir, bien plus que soi, mais, au contraire, par le fait de rendre l'injustice, scandaleuse ? Bien sûr, il faut remettre toute contrariété à sa juste place, et ce me semble être la leçon de ce récit....mais honnêtement, lorsqu'on jette un regard sur ce que supporte chaque peuple, et les égards qu'il a conquis; ne voyons-nous pas qu'il n'y a pas de justice, et que c'est ce à quoi chaque peuple s'est révolté qui lui a donné quelque espace de respiration. C'est la révolte, la capacité à se scandaliser qui créé de la pertinence et non l'inverse. Chaque peuple a sa conception de ce qui est juste ou non. Il n'existe pas: la justice en soi.Il suffit qu'un certain nombre se mette à supporter ce qui n'était pas toléré auparavant, pour que tous subissent le changement de norme, habitude. Ce que les français subissent est inimaginable avec l'immigration et ils ne sont, malheureusement pas les seuls ! Sans doute, les tables de la loi, ont donné aux hébreux ce sens de ce qui est ou n'est pas à accepter. Très cordialement
Envoyé par Laurent_064 - le Jeudi 20 Juin 2019 à 02:59
Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 3 minutes