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Blog : Torah-Box

Saga pour un été juif : Episode #3 : Prier en vacances...

Ça y est, l’heure des vacances est arrivée pour les plus chanceux d’entre vous ! Torah-Box est heureux de vous présenter sa Saga pour un été juif, un article hebdomadaire qui vous aidera et vous donnera des pistes, avec l’aide de D.ieu, pour que cette période soit la plus bénéfique et authentique possible pour votre judaïsme !

Ah, les vacances ! La plage pour les uns, la montagne pour les autres, la découverte de nouveaux horizons pour certains… Chacun selon sa préférence, ses choix de vie et ses possibilités. En tout cas, les journées sont chargées et bien remplies : que ce soit pour la détente, le sport ou les visites, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Mais a-t-on bien prévu le temps et l’organisation nécessaires pour ses trois prières quotidiennes ? Pas toujours, comme me le fait savoir un fidèle de Torah-Box, pourtant assez pratiquant. « Je ne manque pratiquement jamais une Téfila avec un Minyan tout au long de l’année (assemblée minimale de 10 hommes exigée pour une prière en Tsibour, en communauté), mais en vacances, j’avoue que ça m’est même arrivé de pas mettre mes Téfilines », m’explique-t-il, non sans remords.

Comment peut-on éviter une telle chute pendant les vacances ? Et, pour ceux qui n’ont pas encore le mérite de s’attacher à la prière, comment tirer profit des congés pour installer de façon pérenne ce pilier fondamental du judaïsme au cœur de sa vie ?

La Téfila : au-delà du rythme, l’absolue nécessité de travailler sa Emouna

Pour certains d’entre nous, les trois prières quotidiennes sont d’abord une question d’habitude, parfois de routine, presque d’hygiène de vie. Ces trois échéances (Cha’rit le matin, Min’ha l’après-midi et Arvit le soir) donnent aussi une forme de rythme à leur journée.

Mais au-delà de l’indéniable bonne – et obligatoire ! – habitude, la Emouna (Foi) doit être absolument travaillée. Sans la conviction absolue de l’importance du moment, il suffit d’un imprévu en journée, un changement d’environnement quelconque pour effacer tout bonnement, à D.ieu ne plaise, la prière du planning quotidien.

Il est essentiel de faire sienne la réalité suivante : plus qu’une habitude, la prière doit être ancrée de notre esprit, de façon constante, comme un temps de rencontre unique et privilégiée de dialogue avec D.ieu. Et à ce titre, que ce soit le dimanche pendant l’année courante, au cours d’une journée intense au bureau ou en vacances, la prière est un moment absolument immanquable de la journée juive !

L’approche du Rav Karelitz, grand maître du XXe siècle connu sous le nom de ‘Hazon Ich, aide particulièrement à se renforcer en ce sens. En répétant dans le cadre de la prière nos louanges à D.ieu, nos remerciements pour Ses bienfaits et nos aspirations pas encore exaucées, nous installons en nous la Foi absolue qu'Il est la source de tout.

Profitons ainsi des vacances pour avoir des lectures sur l’importance de la Téfila : mieux la connaître, mieux la comprendre. A titre d’exemple, Torah-Box vous propose de nombreux livres, soit sur la prière, soit des paroles de nos Sages pour bien s’approprier l’importance de la prière.

https://www.torah-box.com/editions/

Le mot-clé : s’organiser

La Emouna seule ne suffira cependant pas. Sans une organisation adéquate, la Foi demeurera au stade de concept. Il convient donc de traduire cette Foi en actes concrets. Comment donc, au cœur des vacances, réussir à réciter toutes ses prières ? La réponse est simple : bien prévoir ! Comme nous vous en parlions dans le premier épisode de notre Saga pour un été Juif : en vacances, étudier, est-ce désespéré ?, il faut absolument tout faire pour prévoir une synagogue ou un centre communautaire à proximité. Comment, sans ce point d’ancrage vital pour notre Néchama, faire nos Téfilot en communauté ? Sans parler du Chabbath, loin de tout horizon Juif, qui n’aura qu’un goût amer… Aujourd’hui, il faudrait presque faire exprès pour partir en vacances éloigné d’une synagogue ou d’un centre ‘Habad, par exemple, alors que ces derniers couvrent une centaine de pays dans le monde, de l’île Maurice au Népal en passant par le Panama…

Avant de partir, il faut bien s’assurer qu’on a prévu tout l’équipement du parfait Juif dans ses bagages : Téfilines, Talith, Sidour en ce qui concerne la prière. Sur place, dès son arrivée, on commence par se renseigner sur les synagogues à proximité et on prend bonne note des horaires des offices. En cas de prière sans Minyan, le calendrier Torah-Box permet de connaître tous les horaires de la journée Juive partout dans le monde, afin de ne respecter les heures imparties.

Attention à l’influence de l’entourage

Dans la plupart des cas, on reste quand même motivés en vacances, et en plus on a davantage le temps de bien prier, sans les contraintes habituelles. Mais voilà, les « amis » s’en mêlent, et avec eux, toutes les mauvaises raisons qu’ils invoquent pour nous faire rater la Téfila : plage, balade, restaurants… Il faudra beaucoup de motivation pour faire face à la pression du groupe, faire bande à part et aller prier !

Finalement, pourquoi ne pas renverser la vapeur en mettant en minorité ceux qui traîneraient des pieds pour aller prier ? Pour cela, on devrait, en amont des vacances, fixer avec ses amis des règles de bon sens : quel que soit le programme de notre journée, celle-ci commence avec Cha'rit, on fait une pause à la mi-journée ou en fin d’après-midi pour Min’ha et on prévoit le soir un temps nécessaire pour Arvit. Quand on s’y prend en avance et avec diplomatie, cela devient simple comme bonjour.

Evoquons aussi un autre entourage de toute autre nature, celui des enfants. Souvent, alors que Monsieur va prier, Madame se retrouve avec les enfants à garder, et elle se sent légitimement en difficulté pour prier avec la ferveur requise. Prenons le problème là-aussi dans l’autre sens. Les enfants n’ont pas l’occasion de côtoyer tout au long de la journée leurs parents. L’essentiel de l’éducation dépendant de la prière et de l’exemplarité des parents, le fait de voir la maman prier pendant que papa est à la synagogue aura un effet deux-en-un : prière et éducation. La répercussion sera extraordinairement bénéfique pour les enfants, bien plus que toutes les techniques plus ou moins vaseuses glanées çà et là dans quelque magazine de psychologie.

Je n’ai jamais vraiment prié avec régularité : est-ce que les vacances seraient franchement le moment idéal pour s’y mettre ?

Comme pour l’étude, les vacances pourraient contre-intuitivement constituer le moment idoine pour installer de façon pérenne la prière au cœur de notre quotidien. Et la prière, même si la recherche du Minyan est vraiment essentielle pour les hommes, peut tout de même être récitée seul si vraiment les conditions ne sont pas réunies. Davantage libéré de la pression de l’année et de la propension du Yetser Hara, notre mauvais penchant, à installer une routine négative dans notre vie, les vacances seront ainsi utilisées à bon escient pour installer cette rencontre privilégiée avec notre Créateur.

En conclusion, prions de tout notre cœur pendant les vacances !

Le mois d’Eloul et ses Seli’hot, puis le mois de Tichri et ses fêtes capitales pour toute notre année arrivent à grands pas, alors que que nous sommes en vacances pendant le mois d’Av. En considérant ces échéances, on comprend vite que les vacances constituent le moment rêvé, devant être rentabilisées sur le plan spirituel afin d’arriver avec un état d’esprit renouvelé et vivifié. La Téfila est le pilier de notre révolution interne perpétuelle. Donnons-lui l’immense place qu’elle mérite, tout au long de notre vie.

Côté Halakha : le regard du Rav Gabriel Dayan

La prière est une Mitsva de la Torah, comme nous l’explique le Talmud, traité Taanit 2a « ‘Vous le servirez de tout votre cœur et de toute votre âme’. Quel est le service du cœur (Avoda Chéba Lev) ? C’est la prière ».

Il faut prier à la synagogue et avec un Minyan, un quorum de 10 hommes adultes, car la prière en communauté est toujours acceptée par D.ieu. Néanmoins, si pour de véritables raisons, comme l’absence de communauté, ou en raison de son état de santé, cela ne sera vraiment pas possible, on pourra prier seul. Mais il faut toujours faire les efforts de choisir un lieu de vacances où il y a un Minyan.

Pour les femmes, il n’est pas requis de se rendre à la synagogue pour prier. Les femmes Séfarades doivent choisir une des trois prières quotidiennes, en s’y tenant par la suite. Les femmes Ashkénazes prieront Cha’rit et Min’ha.

En ce qui concerne la tenue vestimentaire, il ne faut pas prier en short ou en bermuda, mais, en cas d’impossibilité, ces vêtements n’interdisent pas de réciter les prières, sauf pour l’officiant. On ne prie pas les pieds non-chaussés, y compris en sandales ouvertes sans chaussettes. Prier en chaussures sans chaussettes est permis mais il est bien d’en mettre. Il est préférable de ne pas prier en manches courtes. L’officiant doit obligatoirement avoir les bras entièrement recouverts.

N’oublions pas les paroles de nos Sages « La récompense est proportionnelle à l’effort ». Priez toute l’année et vêtu comme si vous vous présentiez devant un roi – et quel Roi ! – y compris en vacances : vous n’en retirerez que du positif !

 

Retrouvez nos cours dédiés aux vacances :

> Rav Yossef ‘Haïm Sitruk zatsal « Vacances : c’est quoi une vraie détente ?

> Rav Nataniel Wertenschlag « Les vacances, il faut profiter ! »

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 34 minutes