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Blog : Torah-Box

Coronavirus et médisance : analyse

La période du décompte du Omer a commencé, et avec elle, les mesures de deuil fixées par nos Sages pour réduire la joie et entrer en période de deuil national en raison de la mort des 24 000 érudits, emportés par une terrible épidémie en très peu de temps.

Nos Sages nous dévoilent (Yébamot 62b) que leur mort est advenue suite à la diphtérie, et considérant l'immense nombre d'érudits de cette génération – vingt-quatre mille – qui quittèrent ce monde en dans un laps de temps court, il s'agit d'un taux de décès, en moyenne, de cinq cents morts par jour. D'après les données à notre disposition, cette épidémie serait la diphtérie.

D'après nos Sages, selon la peine de mort fixée par le Ciel, tous les Rabbanim importants, qui étaient du niveau des Tanaïm, ont été condamnés à une mort immédiate, pour avoir commis une faute dans le domaine des relations entre l'homme et son prochain, accusés de ne s'être pas conduits avec respect les uns envers les autres. 

Ils ont été punis du fait que pendant des années, ils avaient reçu des informations fallacieuses sur d'apparents défauts de leurs amis, par le biais de rumeurs négatives, et avaient agi en s'appuyant sur ces informations : ils commencèrent à mépriser et à négliger le respect dû à leurs amis.

Nos Sages ont accordé du respect à ces érudits morts et n'ont pas publié le paragraphe explicite – l'acceptation de la médisance – mais ont employé un langage honorable pour décrire le résultat – ils se sont manqué de respect ; or le Maharcha, sur ce passage, affirme explicitement que chacun d'entre eux a proféré des propos médisants sur son prochain, et de ce fait, ils furent punis par la diphtérie.

La veille de Pessa'h de l'an 5780, veille du grand blocus du pays, des policiers étaient présents dans la rue pour imposer un blocus national sur toute la population juive d'Israël, et ont interdit, sous peine d'amende, tout mouvement des Juifs dans les rues ; le peuple d'Israël étudiait, dans le cadre du Daf Hayomi, la page 33 du traité de Chabbath, où est mentionné à la dernière ligne, un signe particulier à la médisance : la diphtérie. 

C'est une épidémie contagieuse, une maladie particulièrement redoutable, très liée à la faute du langage. 

Diphtérie et médisance : mesure pour mesure

La Guémara et Rachi (34b) expliquent que la diphtérie est une maladie qui commence dans les intestins et s'achève dans la bouche. Elle correspond, à titre de sanction mesure pour mesure, au médisant qui développe des sentiments négatifs envers autrui, et s'autorise à raconter sur lui des choses négatives, par le pouvoir de la langue.

Rachi explique que la diphtérie entraîne un blocage et une fermeture de la bouche et de la gorge, qui sont les voies respiratoires ; d'autres passages du Chass (Kétoubot 37b, Sota 8b, Sanhédrin 37b, Pessa'him 105a, Tosséfet Dibour Hamt'hil : Lo Kapdi) abondent dans ce sens : il s'agit explicitement d'une mort difficile qui advient mesure pour mesure pour toute personne ayant commis de graves fautes, dont la sanction est la strangulation. La diphtérie porte explicitement atteinte aux voies respiratoires. 

De même, celui qui profère de la médisance a fauté par une infection spirituelle des voies de la parole et de la respiration, par le biais de propos interdits, et de ce fait, sa punition, mesure pour mesure, est une maladie grave, un virus infectieux au lieu même où il a fauté. Dans le langage de nos Sages : « Du fait qu'il a fauté au niveau de la bouche et de la gorge, il a été atteint là. »

De plus, mesure pour mesure, la manière dont le virus se répand et les moyens de contamination entre un homme atteint et le groupe, ressemble à la diffusion de la médisance entre celui qui le raconte et le public qui l'écoute : un seul homme peut contaminer un groupe. 

Une maladie grave et contagieuse pour une faute grave et contagieuse

Rachi ajoute dans son commentaire sur le Daf Hayomi : il va de soi que la faute de médisance entre dans la catégorie des fautes passibles de mort, non pas une mort décrétée par le tribunal rabbinique, mais une mort fixée par le Ciel. 

Il semblerait qu'il s'agisse d'une maladie grave affectant les voies respiratoires et qui conduit à une suffocation lente et prolongée, par le biais d'un effondrement du système respiratoire, depuis les poumons en passant par la gorge et la bouche : une mauvaise mort, comme les Sages l'ont définie. 

De plus (Brakhot 8a), elle est considérée comme une mort cruelle, qui a été comparée en métaphore à une pelote de laine embarrassée dans un enchevêtrement d'épines. Cette grave maladie se transmet de l'un à l'autre et contamine les autres, devenant une épidémie à grande échelle. 

Dans la Paracha des explorateurs (Bamidbar 14,37), ceux qui ont médit d'Erets Israël sont morts d'une épidémie. Nos Sages commentent (Sota 35a) qu'il s'agissait d'une épidémie de diphtérie. Rachi, dans la Guémara, explique que cette épidémie était une punition pour la faute de la médisance, mesure pour mesure. 

Diphtérie et corona

Cela fait plus de deux mois que le monde que nous connaissions jusque-là a été bouleversé depuis que cette épidémie a frappé l'humanité. Ce virus contagieux qui porte atteinte aux voies respiratoires a commencé à faire des victimes et des malades et à porter un gros coup à l'économie. 

C'est une grave maladie respiratoire incurable qui commence dans les intestins par une période d'incubation moyenne de deux semaines, avant l'irruption de la maladie dans les voies respiratoires, la gorge et la bouche, comme la définition précise de nos Sages de cette diphtérie connue qui apparaît dans le sillage de la médisance. 

Précisons également que la propagation de la maladie est également influencée, mesure pour mesure, par la manière dont l'homme a diffusé la médisance : les goutes de salive qu'il émet sur son entourage se répandent dans l'environnement et contaminent en chaîne, au même rythme où s'est propagé le venin spirituel mortel des rumeurs et de la médisance. 

Le virus plane dans l'air et pénètre dans les voies respiratoires de manière innocente, au fil d'une conversation entre amis, en parlant à la synagogue ou dans l'autobus, en se souriant et en se prenant dans les bras. On ignore qu'à ce moment-là, on a été contaminé par cette maladie : cela ressemble beaucoup à la propagation de la médisance.

Des images et des explications sur la manière dont les gouttelettes de salive sortant de la bouche de l'homme à une distance de deux mètres au moins, sur la manière dont l'homme est atteint et contamine toute la ville et son entourage. 

Un virus invisible plane sur des groupes de gens et entre dans les voies respiratoires.

Il me contamine et me pollue : je suis atteint d'une terrible maladie grave.

Je suis subitement devenu un porteur qui continue à diffuser la maladie et développe une nouvelle chaîne de contamination. Je continue à être une infection virale qui évolue dans la population, au lieu d'être un homme sympathique doté d'un bon œil qui cesse de diffuser de la médisance. 

Quand vais-je guérir de la maladie ?

La médisance et la sanction du Métsora

La Tsara'at (lèpre) est une punition pour diverses fautes, dont la première est la médisance. Le terme de Métsora vient de Motsi Chèm Ra (calomnie). 

La punition, mesure pour mesure, de s'éloigner de la société tient au fait que le Métsora a créé une distance entre les gens en diffusant des rumeurs négatives, qui ont entraîné une distanciation et une haine entre l'homme et son prochain. 

La Torah a nommé trois moyens spécifiques pour isoler le Métsora de la société, et en cette période, ils nous semblent tous familiers :

L'isolement : « ll demeurera isolé, sa résidence sera hors du camp.» (Vayikra 13,46) : on nous a fermé tous les Miniyanim, les synagogues et les Yéchivot, les Baté Midrach et les Talmudé Torah, les cours de Torah, les fêtes religieuses, et on nous a tous donné un coup de pied pour nous jeter en-dehors du camp de la Chékhina (Présence divine), l'autel en miniature de toutes les communautés juives. 

On nous a également fermé toutes les salles de fête et la musique, et également renvoyé du camp des Léviim. Ont été interdits également tout rassemblement ou réunion publique, et tout le monde a été dispersé hors du camp d'Israël. 

La majorité des Juifs prient seuls, sans Miniyane, isolés : sans Kadich, ni Kédoucha, ni Barékhou, ni Amen. 

La voix puissante de la Torah s'est tue et les élèves des Yéchivot ont été dispersés ; le monde est désert. 

Cet isolement absolu est douloureux, il nous éloigne et nous déconnecte de la Torah, de la sainteté et d'une prière correcte, de fêtes entre amis agrémentées de musique et de joie, de réunions à caractère social et de rassemblements. 

Le blocus : « Si son père lui eût craché au visage, n'en serait-elle pas mortifiée durant sept jours ? Qu'elle soit donc séquestrée sept jours hors du camp. » (Bamidbar 12,14). 

Il existe une autre forme de blocus auquel le public orthodoxe a mérité de goûter une bonne part humiliante : dans tous les quartiers et villes orthodoxes, des forces de l'ordre se sont déployées, déterminées à nous donner le goût d'un blocus actif. 

On nous a enfermés dans les quartiers, tout comme les Métosrayim (lépreux) qui diffusent les maladies. 

De plus, nous savons que toute personne qui est passée par le processus de signature d'un document du ministère de la Santé pour le confinement, a goûté à la honte, mais c'est une partie infime du sentiment éprouvé par la prophétesse Miriam au moment où tout Israël l'attendait jusqu'à ce qu'elle guérisse de sa Tsara'at. 

Le masque : « S'envelopper jusqu'à la moustache et crier : impur ! Impur ! » (Vayikra 13,45) : la règle du port obligatoire du masque dans l'espace public. Le composant de la honte est très important pour le processus de guérison du Métsora : il est obligé de se faire remarquer par le biais d'un masque sur le nez et la bouche, afin de mettre en garde les autres qu'il est malade et touché, et éviter qu'ils ne s'approchent de lui. 

C'est un processus particulièrement humiliant, mais obligatoire pour ce calomniateur qui nous informe tous en public de son état. 

Aujourd'hui aussi, le masque de la honte nous recouvre la bouche.

Nul doute que tout homme doté d'un cœur juif ressent l'humiliation cinglante d'être chassé de la synagogue et de la maison d'étude, tout homme doté de crainte du Ciel a forcément un pincement au cœur et éprouve de la douleur et de la honte pour les centaines de milliers d'enfants renvoyés chez eux, pris dans l'inaction et l'ennui à la maison. Les 'Hassidim sont privés de leur immersion quotidienne au Mikvé. Des Juifs de toutes les composantes, comme des prisonniers poursuivis pour leur religion, tentent d'écouter une Kédoucha ici, ou une lecture de la Torah là, comme des souris en clandestinité. 

La honte nous couvrira tous, car notre Père nous a crachés au visage. 

Pas de cure pour l'humiliation de la Torah

Dans le traité Méila (17a), il est question d'une grave punition subie par un jeune Tana, nommé Rabbi Elazar ben Rabbi Yossi sur l'honneur de la Torah de Rabbi Chimon bar Yo'haï pour avoir statué la Halakha devant lui et l'avoir fait de manière déshonorable. La mesure de rigueur fut rapide et immédiate et le jeune Tana contracta une grave maladie des voies respiratoires, la diphtérie, jusqu'à ce que Rachbi implore la compassion pour lui et qu'il guérisse de sa maladie. 

Les élèves de Rabbi Akiva ont été punis pour la maladie de la diphtérie pour avoir porté atteinte à l'honneur des amis et des Tanaïm par le biais de l'acceptation de la médisance, et la prophétesse Miriam et Aharon Hacohen s'attristèrent d'avoir comparé leur niveau à celui de Moché Rabbénou, une grave atteinte à l'honneur de la Torah. 

D'autres raisons sont mentionnées chez nos Sages comme facteurs de la diphtérie, comme la consommation d'une récolte privée de Troumot et Maassérot (prélèvements), la consommation de nourriture sans Havdala le Motsaé Chabbath, et le Bitoul Torah. Le dénominateur commun est l'atteinte à l'honneur de la Torah et à l'honneur de ceux qui la représentent et fixent ses statuts. 

Vers la fin du Tanakh, à une distance de six versets de la fin du Divré Hayamim, se trouve un verset qui décrit les derniers instants de l'état spirituel décadent précédant la destruction du premier Beth Hamikdach. 

« Mais ils raillaient les messagers de D.ieu, dédaignaient ses paroles …jusqu’à ce que le courroux du Seigneur s’accrut contre son peuple de façon irrémédiable » : une triste description de l'humiliation et de l'insulte publique aux Talmidé 'Hakhamim, Tsadikim et Rabbanim. 

Des jours difficiles de relâchement de la discipline religieuse face à l'honneur de la Torah et de ses Sages : une hérésie qui dévoile sa face dans une Torah non-conforme à la Halakha, et dont les tenants n'ont pas de part au monde futur (Sanhédrin 99b).

De ce fait, l'Attribut de rigueur intervint et le courroux de Hachem frappa la génération par de graves maladies incurables. De là, nos Sages ont appris (Chabbath 119b) que toute personne qui humilie un Talmid 'Hakham ne peut expier sa faute. 

La terreur due à la maladie

À la fin du Livre de Vayikra (26,15), on relève sept niveaux de haine envers la Torah : ceux qui haïssent les érudits, ceux qui empêchent de respecter la Torah et les Mitsvot, renient les Mitsvot et renient l'essentiel : il s'agit de ces mêmes niveaux que tout le monde a respecté a priori de manière très agressive. 

La Paracha décrit une liste de sept punitions en parallèle aux sept fautes liées au préjudice porté à la Torah.

La première punition mentionnée est un genre de frayeur : « Je susciterai contre vous d'effrayants fléaux, la consomption, la fièvre, qui font languir les yeux et défaillir l'âme ; vous sèmerez en vain votre semence, vos ennemis la consommeront » : cette punition n'entre pas dans le compte des sept punitions, mais une mise en garde qui la précède…

Le contenu de la mise en garde : un fléau effrayant et de grande envergure qui mêle une atteinte aux voies respiratoires – la consomption, associée à une fièvre élevée – qui sont les symptômes de cette maladie. De plus, la maladie touche le malade et ses proches également sur le plan mental, de manière qu'il souffre d'un effondrement physique en espérant la guérison.

Le commentaire de Rachi dépeint de manière vivante la réalité autour de nous : « Les yeux espèrent avec impatience, mais finalement en vain, voir soulagement et guérison, et les membres de sa famille sont douloureusement affectés par sa mort » : voici à quoi ressemble la situation du malade et des membres de sa famille. 

Si quelqu'un a encore un doute sur l'intention du verset, les conséquences de cette maladie effrayante sont un effondrement financier, qui nous attend au tournant, un effacement de bénéfices financiers de longues années de travail éreintant et des dépenses de milliards sur le compte de l'avenir, il est possible de toucher du doigt le verset qui promet : « Vous sèmerez en vain votre semence… » : la perte, le néant et le découvert à la banque. 

En conclusion

On en conclut qu'en présence d'un fléau de médisance associé à une humiliation globale portée à l'honneur de la Torah, le résultat direct est une grave maladie des voies respiratoires, qui fait irruption et contamine comme une épidémie, qui crée la peur et l'angoisse, des dégâts financiers et n'a aucune cure. 

Il n'est nullement nécessaire de procéder à une introspection collective pour déceler ce terrible préjudice en nous, le prix de parler sans détour et librement des Tsadikim et des érudits de notre génération.

Une loupe ou un microscope seront inutiles pour identifier un virus maladif qui s'est développé chez nous tous, qui nous pousse à croire et à accepter des rumeurs et de la médisance sur des Tsadikim et des érudits dans les média. 

Même sans jumelles, on peut discerner clairement le parallèle incroyable entre l'éruption de la maladie et l'atteinte à l'honneur de la Torah et l'acceptation de rumeurs et de médisance sur un Tsadik d'un âge vénérable qui subit des souffrances avec amour et se trouve présentement en prison. 

Il n'est pas nécessaire d'avoir recours à un appareil pour mesurer la puissance de la haine et de la médisance livrées au public face au silence du monde de la Torah. 

Il n'est pas difficile de comprendre l'éveil de l'Attribut de rigueur face à l'humiliation publique de l'honneur de la Torah et les dénigrements envers une communauté religieuse dans son ensemble.

A. Shwarts

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 26 minutes