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Blog : Torah-Box

Halakha & médecine - Demander à un auxiliaire de vie non-Juif de réaliser une action interdite le Chabbath

Question

Ma mère est une personne âgée, dépendante, et dispose d’une auxiliaire de vie non-Juive à demeure, y compris pendant Chabbath. Elle vit dans un immeuble comportant de nombreux étages, au rez-de-chaussée duquel elle possède une remise, où elle entrepose des objets divers. Elle a besoin parfois que son auxiliaire lui monte des affaires de la remise, sachant qu’elle va emprunter l’ascenseur (qui n’est pas un ascenseur de Chabbath). Lui est-il permis pendant Chabbath de demander à l’auxiliaire de remonter des objets ?

Réponse

De façon générale, il est permis de demander à un non-Juif de monter des affaires, même si l'on sait que ce dernier va utiliser l’ascenseur pour descendre et remonter, car le non-Juif a la possibilité d’emprunter les escaliers. Cependant, quand il s’agit d’une distance de plusieurs étages, certains décisionnaires l'interdisent. Dans tous les cas, il sera interdit de dire de manière explicite au non-Juif d’utiliser l’ascenseur.

Cependant, le fait que votre mère fasse partie de la catégorie des malades dont la vie n'est pas menacée ('Holé Chéin Bo Sakana), permet de demander à son auxiliaire de vie tout ce qui entre dans la définition des besoins d’un malade, tels que des médicaments nécessaires dans l’immédiat ; elle peut même lui enjoindre de manière explicite d’utiliser l’ascenseur à cet effet.

Réponse détaillée

Il n’y a pas d’interdit de demander à un Non-Juif d’effectuer pour nous une tâche pendant Chabbath, si celui-ci choisit de lui-même de faire ce travail de façon interdite, alors qu’il a le choix de procéder de manière autorisée. Le Maarikach (Rabbénou Harav Yaacov Castro), l’une des sommités égyptiennes en Torah, témoigne que chez eux on avait coutume d’enjoindre à leur domestique de laver le sol de la maison, bien qu’elle essorerait la serpillère de manière interdite, du fait qu’elle aurait la possibilité de réaliser la tâche de manière permise, mais qu’elle choisit d’elle-même de le faire de façon interdite.

C’est pourquoi, dans votre cas, dans la mesure où il existe des escaliers que l’auxiliaire non-Juive aurait pu emprunter de façon permise, il n’y aura pas d’interdit de lui demander d’aller chercher des objets dans la remise du rez-de-chaussée. Néanmoins, il va de soi qu’il reste interdit de lui demander de manière explicite de descendre et remonter par l’ascenseur. [les objets qui ne sont pas liés à ses soins]

Certains décisionnaires toutefois ont tranché que, dans le cas où il n’existe pas de possibilité raisonnable de réaliser la tâche de façon permise, il sera interdit de demander à un non-Juif, même de façon allusive, de l’effectuer. C'est le cas quand la distance entre l’appartement et le rez-de-chaussée compte plusieurs étages, ou bien quand il s‘agit de remonter des objets lourds, où il est évident que le non-Juif n’optera pas pour la solution autorisée, et qu’il choisira d’office de prendre l’ascenseur pour monter et descendre. Dans un tel cas, cela est considéré comme si on lui avait explicitement demandé d’utiliser l’ascenseur, ce qui est interdit.

Comme il est difficile de donner une règle claire en la matière, il est conseillé généralement d’éviter de telles situations, sauf les cas où il apparaît ostensiblement que la manière autorisée est pertinente et appropriée, quand bien même il ne s’agit pas de la solution privilégiée habituellement.

Dans le cas d’un malade dont la vie n'est pas en danger, la règle établie stipule que pour tout ce qui concerne les besoins du malade, on peut demander à un non-Juif d'effectuer tout ce qui est nécessaire, même s'il s'agit d'une Mélakha (travail interdit le Chabbath), c’est pourquoi il sera permis de dire à l’auxiliaire de vie non-Juive de prendre l’ascenseur, en vue d’aller chercher des médicaments dans la remise, ou bien de se rendre à la pharmacie.

Sources 

Choul’han Aroukh Ora’h ‘Haïm 247, 3, 252, 2 ; Chemirat Chabbath Kehilkhata : 30, 25 ; Responsa Aholé Yaacov (Maarikach) Siman 94 ; Orh’ot Chabbath 23, 53. A propos d’un malade : Choul’han Aroukh 328, 17 ; Michna Broura sur place alinéa 47 ; Or’hot Chabbath 20, 110, voir également 23, 54.

Les questions peuvent être envoyées à : bmg.zikna@gmail.com

Rav Israël Méir Malka

Centre Halakha et médecine 

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 11 minutes