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Blog : Torah-Box

Quelle est la limite d'âge d'un chirurgien selon la Halakha ?

Question 

Chalom Kvod HaRav. 

Je m’appelle Yossef. Je suis chirurgien et j’ai soixante-dix ans. J’ai acquis une grande expérience. Il y a quelques années, j’ai quitté le poste que j’occupais à l’hôpital, mais je continue à recevoir en consultation des patients dans une clinique privée. Je me sens bien. Cependant, j’aurais voulu savoir si, du point de vue halakhique, il y a une limite d’âge à partir de laquelle je dois arrêter de pratiquer des opérations chirurgicales ou de donner des avis médicaux.

Réponse

Chalom

Votre question est très pertinente. En effet, la Halakha traite de questions semblables en de nombreux endroits. Aussi peut-on dire que d’une part, il n’y a aucune limite d’âge concernant le fait de formuler des avis médicaux, tant que vous pensez être en mesure de le faire bien et à fond. D’autre part, au sujet des opérations chirurgicales, la chose est un peu plus difficile, car il se peut que, quelques fois, que la personne n’évalue pas correctement sa force physique. C’est pourquoi cela vaut la peine que, de temps en temps, que vous laissiez un autre médecin vérifier que vos mains sont bien fermes et que vous êtes apte à pratiquer cette activité.

Réponse détaillée

La Halakha rapporte plusieurs sources selon lesquelles l’exercice de certaines fonctions impliquant une responsabilité vis-à-vis du public est limitée en fonction de l’âge : par exemple, être membre du Sanhédrine, travailler dans l’armée, etc.  Parfois, on fixait une limite d’âge et parfois on contrôlait périodiquement le degré de qualification de la personne. Le cas ressemblant le plus à celui de la médecine est l’abattage rituel. Celui-ci nécessite à la fois une vaste connaissance et des mains fermes et exercées. Dans la littérature halakhique consacrée aux questions et réponses, nous trouvons un nombre considérable de questions concernant des abatteurs de bétail communautaires qui ont vieilli, les membres de la communauté désirant les remplacer par des abatteurs plus jeunes. Alors que les décisionnaires ont convenu de ne pas permettre à un abatteur inapte à exercer son métier de continuer à le pratiquer uniquement pour des raisons de ’Hazaka (droit de conserver son poste acquis par l’ancienneté), les avis sont partagés en ce qui concerne la question de savoir s’il faut le disqualifier systématiquement en raison de l’âge ou bien examiner chaque cas individuellement. Fondamentalement, d’après le Smag (Séfer Mitsvot Gadol de Rabbi Moché Mékotsi), on ne disqualifiera l’abatteur que si l’on sait que ses mains tremblent. Mais une discussion plus ardue a porté sur le cas de celui dont les mains tremblent de temps en temps. Pouvait-on lui faire confiance pour cesser de travailler au moment même où ses mains tremblent ? C’est une chose courante  que, au début de la journée, on a davantage de forces, mais que celles-ci sont susceptibles de décliner au fil des heures. Selon la majorité des opinions, a priori, il lui sera interdit d’abattre des bêtes, car il est impossible de se fier à lui. Néanmoins, a posteriori, s’il affirme que, lorsqu’il a abattu des animaux, ses mains n’ont pas tremblé, certains décisionnaires notifient que son abattage est Cachère. Une question supplémentaire fut soulevée devant des décisionnaires ayant convoqué un abatteur âgé en vue d’un contrôle : était-il capable de vérifier le couteau ? Lors de l’examen, ses mains tremblèrent, mais Il prétexta que c’était à cause de l’émotion ressentie pendant l’épreuve, mais que cela ne lui arrivait pas lorsqu’il abattait des bêtes. Certains décisionnaires ont écrit que l’on pouvait lui faire confiance et d’autres ont émis un avis contraire. 

Les décisionnaires nous enseignent donc qu’il n’est pas aisé de se fier aux dires de l’abatteur et à l’estime qu’il a de lui-même. Bien qu’il soit un expert dont la compétence est reconnue par tout le monde et que, évidemment, il ne soit pas suspecté de faire manger aux Juifs de la viande Taref, il n’en demeure pas moins qu’il lui est difficile du point de vue psychologique d’évaluer exactement sa condition physique. Après des dizaines d’années d’expérience pendant lesquelles il s’est habitué à se considérer comme un expert, il ne saura pas s’arrêter à temps et comprendre que son niveau de professionnalisme a baissé.

Dictés par cette crainte, certains décisionnaires ont suggéré de restreindre l’exercice d’abatteur à un certain âge (certains ont proposé quatre-vingts ans, d’autres soixante-dix ans). Par contre, beaucoup d’autres décisionnaires sont d’avis de ne fixer aucune limite d’âge, mais de tester chaque abatteur et ce, à intervalles de temps réguliers.

Par conséquent, bien qu’il ne soit pas interdit à un médecin de pratiquer la chirurgie au-delà d’un certain âge, il vaut mieux qu’il permette à un autre médecin, plus jeune que lui, de l’examiner périodiquement afin de déterminer s’il a la qualification nécessaire pour poursuivre ses activités. Et dans tous les cas, il est du devoir de son confrère de s’assurer qu’il se repose bien et qu’il ne fait pas d’heures supplémentaires, car, à un âge avancé, cela pourrait diminuer davantage sa vigilance.  

Références : Ber Hétev, Yoré Déa, Chapitre 1, paragraphe 32 ; Noda BiYéhouda Tanina, Yoré Déa’, chapitre 1 ; Yad Efraïm, chapitre 340 paragraphe 10 ;  Darké Techouva, chapitre 340 Ot 55 et Ot 173, au nom de nombreux décisionnaires ; Pit’hé Techouva, Chapitre 1, Ot 12.

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 29 minutes