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Blog : Torah-Box

Sourires et mots d'esprits à travers la Paracha : Béhar

Une mère de famille, qui croule sous les dettes, tire une feuille de papier de son secrétaire et écrit une lettre pour Hachem. Elle expose ses difficultés financières, ses dettes, ses prochaines échéances et demande une somme de 2000 €. Elle ferme l’enveloppe, et dans un acte de foi totale, écrit comme destinataire « Hachem » et comme adresse « le Ciel » ! Elle poste son enveloppe.

Lorsque Joseph, le postier, tombe sur l’enveloppe, il interpelle son ami David, et lui demande

« Qu’est-ce qu’on fait avec cette lettre ? » « Mets la de côté, qu’est ce que tu veux faire ? » « Tu crois ? Peut-être on devrait la lire ? »  « Comme tu veux ! Ouvre-la d’accord ! »

Joseph et David lisent la lettre et sont émus face aux difficultés de cette jeune mère de famille. Ils décident de l’aider en récoltant autour d’eux le maximum d’argent. Au bout de quelques jours, ils ont récolté la somme de 1800 €. Ils décident de ne pas perdre de temps et de lui envoyer la somme immédiatement avec un mot : « En réponse à votre demande, nous vous adressons la somme jointe dans l’enveloppe. »

Lorsque Sarah découvre son courrier, elle n’en revient pas, elle est si émue ! Elle prend immédiatement une enveloppe et adresse une lettre de remerciements. Elle en profite également pour évoquer d’autres besoins financiers qu’elle aurait et pour demander une aide supplémentaire. Elle glisse la lettre dans l’enveloppe puis la retire et ajoute une précision à sa lettre : « P.S. : Hachem, s’il Te plait, la prochaine fois, si Tu peux éviter de passer par la Poste, la dernière fois, ils m’ont gardé 200 €. »

La Paracha de cette semaine évoque le principe de la Chémita et les lois relatives à son observance. La Chémita correspond au commandement de laisser la terre au repos la dernière année d’un cycle de 7 ans. La Chémita a une valeur particulière du point de vue de la foi, de la « Émouna », car elle suppose une confiance absolue en Hachem. En effet, Seul Hachem pourra pourvoir de manière miraculeuse aux besoins des hommes durant cette année où la terre ne sera pas exploitée. Plus précisément c’est la sixième année qui est censée donner une récolte abondante afin de répondre aux besoins de la sixième année, de la septième et de la huitième année, le temps que la nouvelle récolte soit produite et puisse être consommée.

Le miracle opéré par Hachem peut être appréhendé à différents niveaux, d’un point de vue quantitatif et d’un point de vue qualitatif, pourrions-nous dire. En effet, chacun comprend bien que pour subvenir aux besoins de presque trois années, la récolte de la sixième année devait en premier lieu être quantitativement très importante. Mais ce n’est pas tout. En effet, la bénédiction que Hachem promet aux hommes n’est pas seulement une récolte abondante, il s’agit également d’une capacité à se sentir rassasié avec ce que l’on a, parfois avec peu, et sans éprouver ni besoin ni sentiment de manque.

Aussi, à propos du verset (Lévitique, chapitre 25, verset 19) qui garantit au peuple qu’il mangera à satiété durant ces trois années, Rachi apporte le commentaire suivant :

"Vous mangerez à satiété" : La bénédiction résidera même dans les entrailles.

Cette bénédiction des entrailles signifie précisément que ce que l’homme mangera sera bénéfique pour lui, il ne sera pas malade et il sera satisfait, repu par ce qu’il a consommé sans que cela soit nécessairement abondant quantitativement.

Notre Paracha nous indique ici un principe essentiel de notre tradition évoqué à de nombreuses reprises dans les textes de nos Sages. “Qui est l’homme riche ? Celui qui est heureux de sa part” nous disent les Maximes de nos Pères (Pirké Avot) et c’est cette même réponse que firent les Sages du “Negev” lorsque Alexandre de Macédoine les questionna au sujet de la richesse (Talmud de Babylone, Tamid, 32a).

L’homme est réputé pour avoir généralement un désir insatiable, à peine a-t-il satisfait une envie, qu’une nouvelle envie apparaît, un nouveau besoin naît. L’horizon des désirs humains est en expansion permanente, il se nourrit des besoins qui naissent dans l’esprit de chacun, et s’accroît par la comparaison avec les biens d’autrui. Cette quête est infinie et ne connaît pas de limites. Aussi, nos Sages nous mettent en garde et nous rappellent que bien souvent l’homme meurt en n’ayant pas satisfait la moitié de ses désirs.

Ce sentiment de manque et cette absence de satisfaction sont préjudiciables à l’homme, car ils ne lui offrent pas la possibilité de se réjouir de ce qu’il possède, et ils ne lui permettent pas de témoigner à Hachem la gratitude qui convient. Parfois même, l’homme en est attristé, car il n’arrive pas à se détacher de ce sentiment de manque, et cette tristesse ou cette mélancolie l’obsèdent et nuisent à son service divin aussi bien qu’à sa dynamique vitale. Voilà pourquoi ce sentiment est si délétère et voilà pourquoi il s’agit véritablement d’une grande bénédiction de savoir « être heureux de sa part ».

Comment l’homme peut-il se réjouir de sa part ?

Tout d’abord, en étant convaincu que ce que Hachem lui donne correspond précisément à ce qui est bon pour lui. En outre, l’homme doit réfléchir profondément à l’objectif de sa vie qui est avant tout spirituel, le matériel n’est là que pour aider l’homme à accomplir sa mission spirituelle. Être satisfait de sa part à cet égard revient donc à se réjouir d’être appelé par Hachem au cours de notre vie à une élévation permanente, et à ne pas être condamné à accumuler des richesses vides de sens. Dès lors, toute richesse matérielle aussi modeste soit-elle doit être interprétée comme un moyen offert par Hachem pour accomplir notre vocation spirituelle. Elle n’est pas la finalité de notre existence, et ni notre vie ni notre grandeur ne sont évaluées à l’aune de nos biens matériels.

Par ailleurs, être satisfait de sa part, consiste à être heureux et comblé par la partie de nos « besoins » que D.ieu nous a permis de combler, sans penser à tous les autres « besoins » que nous pourrions ressentir, et d’éprouver une grande reconnaissance envers Hachem pour cette bonté.

Enfin, la « part » qui doit nous réjouir doit être celle qui nous reste après nous être acquittés de nos obligations de Tsédaka, et de Ma'asser. Il ne s’agit pas dans la formulation de nos Sages d’être heureux par « la totalité » de nos biens, mais simplement d’être heureux de notre « part », heureux de ce que l’on possède mais, avant tout, heureux parce que nous avons partagé avec nos prochains et parce que nous en avons fait profiter autrui. (Rav Rozenberg sur Tamid 32a)

Précisons, comme le font nos Sages, que la part dont nous devons nous satisfaire n’est pas seulement la richesse matérielle, elle se décline également dans tout ce qui compose la vie d’un homme : son époux ou son épouse, ses enfants, son environnement etc… L’homme a, en effet, vite fait de comparer tous les paramètres de son existence à ceux de ses amis, et de regretter ceux qui ne lui donnent pas entière satisfaction. Ce réflexe est évidemment un leurre suggéré par le Yétser Hara’ (le mauvais penchant) pour maintenir l’homme dans une situation de frustration préjudiciable à son épanouissement spirituel.

Concluons sur cette anecdote qui témoigne comment l’homme peut incarner cette qualité « d’être heureux de sa part » d’une manière authentique. Un jour, Rabbi Zoucha recevait un hôte dans son humble demeure et il l’avait invité à partager son repas. Son invité était fort surpris par les conditions de pauvreté matérielle dans lesquelles vivait ce si grand Rav, il était surpris par l’état de sa maison, par les meubles qui composaient la maison, et même par les couverts et les assiettes très modestes dans lesquels le Rav prenait ses repas. Rabbi Zoucha remarqua que son invité était particulièrement absorbé dans ses réflexions et qu’il regardait avec insistance l’assiette dans laquelle il était servi. Aussi, il s’empressa de lui préciser : « Ecoute, je ne veux surtout pas que tu transgresses le commandement de ne pas "envier" son prochain, si vraiment cette assiette te plait, je te l’offre avec grand plaisir ! »

David, un avocat réputé, découvre dans son cabinet une énorme fuite d’eau. Il appelle en urgence un plombier qui intervient rapidement et en peu de temps parvient à réparer la fuite.

« Ah merci beaucoup, combien je vous dois ? » demande David.

« De rien, ça fera, avec le déplacement, 600 € » avance le plombier.

« 600 € !!! Mais, c’est énorme ! Même moi, en temps qu’avocat, je ne facture pas autant ! » s’exclame David.

« Moi non plus, c’est vrai, je n’ai jamais facturé autant… » reconnait le plombier , « … à l’époque où j’exerçais comme avocat ! »

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 58 minutes