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Blog : Torah-Box

Pessa'h : le "restart" d'un peuple

Si le Rambam dit qu’en observant la nature et ses merveilles on peut arriver à la foi, on se demande comment la majorité des scientifiques, docteurs, ou physiciens, qui ne cesse d’étudier la fantastique machine de la Création, peut continuer à nier l’évidence : à savoir qu’il y a une Entité Prodigieuse qui gère et régénère le monde à chaque instant.

Comment un médecin, nuit et jour affairé à l’incroyable organisation du corps humain, son système immunitaire, les centaines de millions d’échanges biochimiques qui s’y déroulent à chaque seconde, le fonctionnement mécanique des organes vitaux comme le cœur, les reins et les poumons, la coordination des membres, la complexité des sentiments qui nous habitent, et pour couronner le tout, l’insondable et abyssal mystère du cerveau, qui avec ses 100 milliards de neurones, cockpit de l’humain, le propulse à des sommets de réflexion et de création inouïs, peut faire dépendre tout cela du… « hasard » ?!

Comme si on vous disait, pour reprendre la célèbre métaphore, que « les Misérables » aurait été écrit en renversant une fiole d’encre par distraction, et que ce chef-d’œuvre de la littérature française, aurait surgi de façon fortuite de ce geste maladroit. Et on ne parle ici que d’un roman…

La réalité d’un D.ieu est difficile à accepter, car la perfection de l’homme est telle, qu’il a le sentiment de s’auto-suffire, d’être totalement autonome et indépendant, et c’est là tout le génie de sa création. 

Croire, c’est baisser la tête devant le Très-Haut, l’Infiniment Plus Haut que nous, et l’humilité n’est pas la caractéristique la plus répandue chez les fils d’Adam.  

Si, comme le dit le Psalmiste, la nature chante à chaque instant la Présence divine, l’Histoire, elle, la dévoile également. Un observateur de bonne foi, peut par l’un où l’autre de ces biais, découvrir partout sur terre les traces de la Providence.

Périple à travers l’Histoire

Si vous dessinez sur une carte les pérégrinations du peuple juif, vous serez surpris de voir, qu’il est là où « ça se passe ».

Est-il attiré par les centres d’activités ?

À moins que ce ne soit lui qui fasse « l'évènement » et qui l’exporte là où il se rend…

Avraham naît en Mésopotamie - et tiens ! comme par hasard -, cette région va être appelée « le berceau de l’humanité ».

Les Juifs vont s’installer en Égypte, gouvernée par les Pharaons de l’époque, et à nouveau, on observe qu’elle est LA civilisation de pointe de la pré-antiquité, dont il nous reste jusqu'à aujourd’hui, 4000 ans plus tard, des reliques fastueuses. 

Nabuchodonosor, Titus, qui respectivement détruiront le Temple et occuperont la Terre Sainte, Assuérus, (vraisemblablement l’empereur Xerxès), Antiochus et Alexandre, les plus grands souverains de Babylonie, Perse, Grèce et de l’empire Romain, règnent là où les Juifs sont.

Le remaniement social et géopolitique du Moyen-Âge se déroule principalement en Europe, où les Juifs se sont établis, et spécialement en France. Dans la région de Troyes et de Provence, on trouve les plus grands exégètes de la Bible et du Talmud, dont Rachi et les Ba'alé Tossefot, ses élèves. C’est le noyau culturel de loin le plus riche d’une époque pour le moins rude et obtuse.

Puis, lorsque les Juifs arrivent en Espagne à partir du 10ème siècle, la péninsule ibérique devient la plus grande puissance mondiale. Chassés par Isabelle et Ferdinand en 1492, ils se dispersent dans le monde, et comme un fait exprès, là où ils se réinstallent, l’histoire palpite, alors que l’Espagne, elle, se fane et se ternit. 

Les plus grands Kabbalistes italiens, du rav Recanati au rav Haïm Lussato couvrent à eux deux l’époque de la Renaissance, âge d’or incontesté de la Botte à tous points de vue. Les Lumières, les Temps Modernes et la révolution industrielle, qui débouchent sur le 20ème siècle, ne tournent qu’autour des zones d’établissement des Juifs, et les historiens débattent sans fin, pour savoir si la Deuxième Guerre mondiale fut déclenchée par les Allemands pour pouvoir effacer le peuple juif définitivement de la carte, ou si le 3ème Reich profita de l’occasion pour perpétrer son plan satanique. Les avis sont partagés. Mais la question juive est immuablement au centre du débat. 

Les grandes migrations juives d’Afrique du Nord en 1950, laissent ces pays assoiffés de nationalisme dans un chaos économique total, alors que la population juive qui se déplace en Europe, lui apporte son talent et sa richesse culturelle. De même pour l’émigration juive de l’Europe de l’Est vers les USA.

Suivre du doigt le tracé du peuple hébreu à travers les siècles, c’est en fait suivre l’évolution de l’humanité, à qui le Juif donne son « sens », vectoriel et essentiel, à la fois. 

Huile et eau

Une des grandes énigmes de l’Histoire, sur laquelle tous les historiens buttent, est celle de l’antisémitisme. Car ce peuple, est ma foi plutôt docile, plutôt arrangeant, plutôt discret (jusqu'à ce qu’on pointe du doigt sa réussite…), plutôt intelligent, plutôt fidèle et reconnaissant à son pays d’accueil, participant à l'effort de guerre et ne cherchant jamais à s’en soustraire, (voir les milliers d’anciens combattants de la Première Guerre mondiale qui ont été déportés dans la Seconde…), plutôt bien élevé, et plutôt utile au développement économique, social et culturel du lieu dans lequel il se trouve. L’immense Primo Levi, italien, chimiste de métier, déporté à Auschwitz, dans la conclusion de l’une des éditions de son chef-d’œuvre « Si c’est un homme », répond aux questions d’étudiants et d’écoliers.

Il peine, malgré tous ses efforts à élucider le mystère de cette haine, à expliquer ce qui a pu justifier une telle explosion de rage, où même des familles inoffensives et honorables, ayant parfois effacé depuis trois générations leurs « stigmates » sémites, ont pu être la cible d’une telle fureur.

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Louis Ferdinand Destouches est peut-être la réponse à Lévi. De son nom d’auteur, Louis Ferdinand Céline, il est l’un des plus grands écrivains français du 20ème siècle et a bouleversé les codes littéraires en utilisant une forme d’écriture nouvelle, burlesque, argotique. Homme cultivé, à l’enfance heureuse, pacifiste dans l’âme, anarchiste et idéaliste, revenu décoré de 14-18 et dégoûté à jamais de la guerre, il devient médecin, prêt à soigner gratuitement des pauvres hères qu’il reçoit dans son cabinet.

Dans un de ses pamphlets en 1938, il écrit ceci :

« Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. […] Dans l'élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n'a jamais été persécuté par les aryens. Il s'est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d'hybride »

— L'École des cadavres, Paris, Denoël, 1938, p. 108

'Amalek n'aurait pas dit mieux.

Il accuse les Juifs d’être les grands faiseurs de guerre, collabore avec les Allemands, et même à la fin de sa vie, vieux loup sale, clochard retenant son pantalon troué avec une ficelle, reclus dans son antre, il continue à esquiver les questions sur ses prises de position d’alors, taisant sa participation active à l’arrestation d’un collègue, médecin juif, dont il briguait le poste.

Il représente l’antisémite viscéral, incompréhensible, irraisonnable. Interviewé en 1959, il lâche de ses lèvres en petites phrases saccadées, affutées comme des aiguilles, que les « sémites ne sont peut-être pas exactement la caste qu’il croyait. » C’est tout ce qu’il peut, et avec beaucoup d’efforts. Il est l’illustration vivante du « Esaü hait Jacob », et même si un Juif lui sauvait la vie, il le détesterait encore. Il rejette de tout son être ce qu'Israël représente : le témoignage d’une Transcendance.

ADN d’un peuple

Comment se fait-il que la fête de Pessa’h dure sept jours, exigeant des préparatifs sans fin, alors que Chavou'ot, marquant le pic de la sortie d’Égypte, La Révélation, le baiser de D.ieu à Son peuple, enfin réuni, où la législation absolue va définitivement être donnée aux enfants des Patriarches, ne dure qu’un jour, et est marquée de façon plus mineure ? La logique voudrait qu’un plat de consistance apparaisse dans le menu de façon plus marquée qu’une entrée, aussi savoureuse soit-elle.

Pessa’h contient de façon embryonnaire, tout l’ADN du Juif. Cette sortie d’Égypte, qui eut lieu il y a plus de 3300 ans, où D.ieu nous extrait “avec des pincettes” d’un esclavage vil, d’une société dépravée, pour devenir Ses serviteurs, est notre case "start". L’aventure va être longue et il va falloir emporter avec soi des réserves qui tiendront jusqu’au bout du voyage, et les préparatifs sont en fonction. Ce pain azyme, c’est le pain de la foi, qui ne va cesser de nous nourrir tout au long de la route. En manger sept jours, c’est un minimum pour tenir une telle épopée. Ce pain nous permettra à chaque époque, à chaque année au mois de Nissan, même presque engloutis au milieu des nations, de nous rappeler que tout est miracle, comme alors : derrière nature et lois physiques, Il est là, derrière les événements historiques, Il est là. Pas étonnant que nos ennemis, qui sont Ses ennemis, feront tout, sans aucune logique, pour tenter d'annihiler les représentants de cet ordre, de ce “Séder”, qui fut la case départ de notre élection. 

Pessa’h Cachère et Saméa'h à tout Israël, et que nous puissions mériter cette année de manger le Korban, tous réunis, à Jérusalem. Amen Véamen.

Membre Juif.org





Dernière mise à jour, il y a 17 minutes