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Diplomatie : Israël & le Moyen-Orient

Avec Wikileaks, la surveillance change de camp

«Wikileaks se bat pour rester en ligne»: ce titre du Financial
Times est symptomatique de la réaction provoquée par la mise
en ligne de milliers de comptes-rendus émanant des ambassades
américaines. «Une attaque», ont aussitôt déclaré les dirigeants
américains, embarrassés de voir ainsi mis à nu, disponibles pour
l'immense public du net, et pour celui des grands journaux qui en
ont fait leur miel, leurs analyses, leurs contacts, leurs appréciations
politiques et personnelles; bref, leur vision du reste du monde.

Intéressant. C'est par Wikileaks que l'on apprend comment des
dirigeants chinois ont décidé de fermer l'accès à Google. Ils avaient
tout simplement trouvé leur nom sur le moteur de recherche et les critiques qui
allaient avec. Faut-il en sourire' C'est désormais Wikileaks qui
cherche à se maintenir en ligne alors que, sous la pression, les
serveurs les uns après les autres lui ferment la porte. Wikileaks.org
a d'ailleurs été rendu invisible pendant plusieurs heures. Pas
totalement certes, mais à la condition de faire le détour par une
adresse beaucoup moins accessible. Censure, censure, quand tu
nous tiens!

La société de Fahrenheit 451?

L'événement en tous cas est, en lui-même, un marqueur de notre
époque révolutionnaire dans l'ordre de la communication. Et il
est difficile d'en prendre la mesure autrement qu'en posant des
questions. Car, d'un côté, on a envie et besoin de savoir, on a le
droit de savoir; de l'autre, la marche vers une société de totale
transparence est plus dangereuse pour les individus que pour les Etats: elle nous conduit tout droit à l'univers décrit par François
Truffaut dans son film Fahrenheit 451 tiré du roman de Ray Bradbury. Invivable!

Pour le moment, de quoi s'agit-il' De documents volés, transmis à
la presse. Ce n'est pas la première fois, notamment dans l'histoire
politique américaine. Ainsi des «papiers du Pentagone» qui,
au tournant des années 70, avaient instruit l'opinion américaine
sur les réalités de la guerre du Vietnam. Documents dérobés,
détournés. Il n'est donc pas anormal que la justice, à un moment
ou à un autre, en soit saisie (la Cour suprême n'a d'ailleurs jamais
tranché sur ces «papiers du Pentagone»). Surtout, les documents
transmis à Julian Assange par un jeune officier du renseignement
américain, chargé en Irak de «briefer» d'autres militaires sur
le contexte politique et diplomatique de la guerre, ne sont pas
classés «top secret». Ils sont simplement classés «secret». La
différence est énorme. Car des documents «secret» sont en fait
accessibles à des milliers, voire des dizaines de milliers (on parle

d'un million) de fonctionnaires fédéraux et de militaires américains.
Cela veut donc dire que les secrets de l'Amérique sont bien gardés.
Notamment les écoutes réalisées pour des services spécialisés
par le réseau mondial «Echelon». Au-delà de la gourmandise du
moment, n'ayons donc pas d'illusions!

Des confirmations plus que des révélations

Le contenu de ces fuites mises en ligne n'a, en effet, guère apporté
de «révélations» ni d'informations. Mais plutôt des confirmations.
Ainsi, par exemple, est-il écrit noir sur blanc que Silvio Berlusconi est
davantage préoccupé de faire du business pour lui-même, avec son
ami Vladimir Poutine, que du gouvernement ou de la diplomatie de
l'Italie; et d'ailleurs, il fait dépendre l'un et l'autre de la prospérité
de ses affaires, laquelle est favorisée par Poutine. Autre exemple:
les pays de l'arc sunnite, et notamment l'Arabie Saoudite, craignent
comme la peste le régime des Mollahs iraniens et veulent à toute
force empêcher de les voir se doter d'armes nucléaires. Ils ont
donc, sur ce dossier, les mêmes intérêts que les Etats-Unis et
Israël.

Ou bien encore, confirmation que le premier ministre turc, Recep
Tayyip Erdogan, suit bien une feuille de route islamiste radicale de
nature à transformer progressivement la Turquie en alliée de l'Iran
et de la Syrie et non plus des Etats-Unis et d'Israël. Etc'

On pourrait ajouter, pour l'anecdote, l'indécision d'Angela Merkel
ou le caractère «autoritaire» de Nicolas Sarkozy. Pour l'essentiel,
il n'y a rien qui n'ait été déjà décelé par les analystes et le plus
souvent couvert par la presse.

Enfin, Julian Assange, l'homme par qui le scandale arrive, est
décrit par ceux qui l'ont rencontré comme un «anarchiste»
nihiliste. En tous cas, son comportement le montre agressif envers
les élites en général, soucieux de cibler les Etats-Unis en particulier.
Son problème, ce n'est ni l'islamo-fascisme iranien, ni la dictature
du PC chinois, ni d'ailleurs aucune dictature. Non. Son problème,
c'est le système démocratique, le seul d'ailleurs qui permette
véritablement des fuites sur une large échelle.

Une «glasnost» de l'ère numérique

A partir de tous ces éléments, on peut continuer longtemps
de balancer (sans jeu de mots). Et dire, à la manière de The
Economist: oui, le secret est bien une prérogative indispensable
pour toute diplomatie qui se veut efficace. Mais ce même secret
sert aussi à dissimuler, sous la noblesse apparente de la diplomatie,
les méfaits et les turpitudes des pouvoirs en place. Exemple:
Hubert Védrine, qui évidemment choisit bien son terrain, nous
explique que, sans secret, aucun processus de paix ne pourra
jamais voir le jour au Proche-Orient. Le seul processus qui ait

d'ailleurs fonctionné et qui a tenu dix ans était celui qu'Israéliens
et Palestiniens avaient négocié à Oslo, en 1993. Dans une région
où la moindre rumeur peut provoquer la guerre et l'emballement
des opinions, l'exemple d'Hubert Védrine est imparable.

A l'inverse,
que lit-on dans le Guardian à partir des fuites de Wikileaks' Que
malgré la signature en 2008 d'un traité international interdisant les
sinistres «sous-munitions» (armes qui provoquent, lorsqu'elles
explosent, des blessures effrayantes et qui sont responsables du
plus grand nombre de mutilations des populations civiles, lors des
conflits les plus récents), les Etats-Unis stockent ces armes non pas sur leur territoire mais sur celui de la Grande Bretagne!

On peut aussi chercher appui dans l'Histoire. Car il y a un
précédent: c'est la «glasnost», décrétée dans l'Union soviétique
de Gorbatchev et qui a puissamment contribué à l'implosion de ce
système totalitaire et à l'éclosion des libertés.

Et c'est cette transparence-là qui est bien visée dès lors que
Poutine cherche à rétablir en Russie, et a rétabli, un régime à
tendance autoritaire: il s'est donc employé à contrôler les médias,
à restreindre l'activité des journalistes (dont un certain nombre ont été assassinés). On voit donc bien que l'on peut inscrire
l'épisode Wikileaks dans un mouvement plus général qui n'est
jamais que la pression démocratique et dont l'objectif est de
faire en sorte que les citoyens puissent savoir autant que ceux
qui nous gouvernent. Cette pression existe dès lors qu'existe
une démocratie. La nouveauté est qu'elle était jusqu'à présent
appliquée à la vie politique interne des démocraties; et que,
au fond, l'épisode Wikileaks transpose cette tension au niveau
international, c'est-à-dire à un niveau qui tend à fonctionner au
contraire en circuit fermé. Ce qui est nouveau aussi est que l'âge
de l'internet permet que cette tension et cette pression s'exercent à
partir d'initiatives individuelles.

Des fuites utilisées par les oppositions

On peut, à l'inverse, craindre un backlash. Il est d'ailleurs
à l'?uvre puisque tout est fait pour obtenir des serveurs qu'ils
tournent le dos à Wikileaks, tandis qu'en France c'est Eric Besson,
décidemment toujours aux avants postes, qui voudrait interdire
au site d'être hébergé dans l'Hexagone. On peut aussi observer, dans
ce registre, que le raidissement des pouvoirs vient sans doute du
fait que toutes ces fuites sont utilisées par les oppositions locales.
Ainsi, elles viennent à point nommé en Italie et permettent de
trancher le débat entre la presse d'un côté et Berlusconi de l'autre,
qui accusait les journalistes de mensonges. Un tel discrédit hors
des frontières, raconté par les représentants américains en Italie

à leur gouvernement, est évidemment de nature à encourager
l'opinion, dans un pays profondément attaché à la relation avec
les Etats-Unis, à se détourner de l'actuel chef du gouvernement.

L'effet backlash est d'ailleurs caricatural. Qui ne se souvient des
encouragements permanents
apportés par les Etats-Unis aux
innovations technologiques' La doctrine américaine faisait de
l'internet un moyen de donner la parole au peuple, en Iran comme
en Chine, et d'y faire ainsi progresser la démocratie. Les Etats-
Unis n'ont pas cessé de demander que l'Iran et la Chine mettent
un terme à la censure de l'internet et aux poursuites engagées
contre les internautes. Les voilà, à leur tour, qui donnent le contre
exemple en décourageant les hébergeurs qui voudraient continuer
de diffuser Wikileaks.

La diplomatie américaine s'en sort bien

Et pourtant, les Etats-Unis ne s'en sortent pas si mal: la lecture
des fuites nous convainc que la diplomatie américaine fonctionne
bien, qu'elle est très fortement alimentée et que sa pensée est
structurée. En revanche, les alliés des Etats-Unis s'en sortent
mal. Car leur est donnée à voir la réalité du regard américain:
distant et, sans surprise, parfaitement cynique et condescendant.
Il n'est que de voir comment sont traités ceux qui se considèrent
comme les meilleurs alliés des Etats-Unis, les dirigeants d'hier, et plus encore ceux d'aujourd'hui, de la Grande
Bretagne.

On pourrait ainsi continuer d'avancer le pour et le contre, mais
on ne peut pas nier la révolution technologique en cours et les
occasions qu'elle donne à la pression démocratique de s'exercer
davantage. On ne peut pas nier non plus qu'il soit désormais plus
difficile de contrôler ce que nous lisons, ce que nous consultons,
ce par quoi nous nous informons, même si tout cela est, dans
le même mouvement, accessible aux pouvoirs, qui par nature,
cherchent toujours à étendre le champ de leur propre contrôle.
Constatons simplement, et si ce n'était que cela ce serait une
bonne nouvelle, que la surveillance peut changer de camp. Hier
exercée par les pouvoirs sur les citoyens, de plus en plus exercée
par ces mêmes citoyens grâce à des technologies qui donnent
des moyens de défier les pouvoirs. Une question demeure néanmoins,
comme l'a exprimé le politologue Ghassan Salamé au cours de l'émission de
France Culture «La Rumeur du monde»: «Où s'arrête le droit de
savoir, où commence le vandalisme anti-élite'».

Jean-Marie Colombani

Photo: Page d'accueil du site Wikileaks et photo de son fondateur Julian Assange   Pascal Lauener / Reuters

86 commentaires
אלא שבכל דור ודור עומדים עלינו לכלותנו

et pourtant Am Israël 'Hai !

http://www.planetdan.net/pics/misc/ahmad.swf

Envoyé par Phil_003 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 09:48
Si c'est pas un coup du Mossad, je me les ....
Envoyé par Moshé_007 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 16:26
oue que dla gueule Netanyaou!!! les politics israeliens avant les elections ils jouent tous les gros bras et apres ils baissent leurs frocs et distribue la terre d'Israel aux arabes
Envoyé par Dardour - le Mardi 30 Novembre 2010 à 16:26
j'ai lu toute la suite:edifiant,cela signifie que l'homme juif en tant que tel n'existe pas, que la thora n'existe pas,quele juif peut habité une terre d'islam mais soumis a ses dirigeants,je pourrai remplir des pages ainsi;dans ce que je lis je ne vois aucune possibilité de faire la paix avec les arabes,il disent meme que l'espagne et l'italie retourneront un jour dans l'islam, moi c'est touyjours ce que j'ai compris,un sol foulé par des musulmans devient terre d'islam,il serai bon de faire unimmense asile de fous et de les mettre dedans ce sera une terre d'islam et ils ne nous emmerderont plus,quand je lis ce qu'il s'est passé a lille avec m.aubry qui s'est fait chahuté car elle etait contre le boycott des denrées israeliennes,le bouchon a sauté il faut stoppé cette escalade de derives islamiques;
Envoyé par Elie_043 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 18:35
-et Ose dire ce la Wikileak's ce quel mise sur le Net Tout les Noms,Grad,adresses,photos,de soldats de Tsahal ce qui-ils a combattu a Gaza, Opèration Plomb Durcie,sous le nommination; -"les Assassins de Gaza War"-!!
Envoyé par Bar-oni - le Mardi 30 Novembre 2010 à 18:35
aucun pays, aucune nation, aucun état ne peut s'honorer d'être ami d'Israël, "Ami" cela veut dire qu'ils ne sont en rien en osmose avec Israël, sauf que ce qui uni ces "amis"entre eux , ce n'est que l'instinct de destruction du seul peuple au monde qui porte le nom de peuple de la PAIX Tous les documents produits pas wikileaks, qu'ils soient détournés , comme ils disent, qu'ils soient soigneusement orchestrés pour attirer l'attention, qu'ils soient volontairement jetés en pâture par la CIA elle même, cette diffusion démontre qu'ils sont destinés a combattre encore et toujours Israël, par le feu , par le sang, par l'argent, par le pétrole, par tous les moyens. Ils ont tentes de nous pervertir en nous envoyant leurs femmes, en nous envoyant les croisades, en nous envoyant l'inquisition, en nous envoyant la SHOAH, pour laquelle sis les européens et le Pape PIE XII se sont tus, on peut aussi constater que du cote des Arabes, aucun ne nous a envoyé seulement un sourire de compassion. Tous pourris? et essaient de faire accroire que nous sommes le seul peuple a monde a tenir depuis cinq mille ans , a continuer de vivre , d'exister, . Les juifs quels qu'ils soient ne peuvent jamais jamais jamais faire confiance a un goy même 120 ans après qu'il soit enterre. PIE XII n'est pas loin d'être béatifié par le pape actuel, Cela pour accréditer la thèse que Pie XII était bonne , contre Israël. La Turquie qui se disait "ami " d'Israël, la France, qui a toujours affirmé être un pays de
Envoyé par Johan_003 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 22:09
tolerance, et "Ami d'Israel, l'angleterre qui a pretendu vouloir sauver les juifs du Nazisme, quand il ne s'agissait que de defendre seulement leur peu ( pour ce qu'elle vaut ) l'Amerique qui a toujours pretendu soutenir Israel, alors qu'en realité , elle a besojn de l'electorat juif demeurant dans ce continent , pour se faire valoir , et les exemples sont encore plus nombreux.
En definitive, ISRAEL et TOUS LES JUIFS, ne peuvent faire confiance a aucun gouvernement a aucune Nation, a aucun pays, la seule confiance que nous pouvons avoir est celle que nous mettons envers D. notre sauveur, notre soutien, notre rocher. Il faut leur laisser a leurs Idolateries, ils ne sont pas de notre monde. Nous commettre avec eux c'est comme si un Roi s'accoquinait avec les voleurs de grands chemins.
Envoyé par Johan_003 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 22:15
et considérér que nous ne pouvons compter que sur D et nous même. A nous de nous aider, et D nous aidera.
Envoyé par Johan_003 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 22:17
Johan

c'est pas important si tu passes ton temps à te contredire, mais au moins va apprendre à parler puis revient nous voir, le conflit au proche orient est entre juifs et arabes, tu pars grave en vrille avec tes c....ries sur les goys.
Envoyé par Elie_010 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 22:38
Ce commentaire a été modéré.
Envoyé par Johan_003 - le Mardi 30 Novembre 2010 à 22:59
Membre Juif.org





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