Des responsables israéliens et arabes ont averti en privé l'administration Trump ces derniers jours que le régime iranien n'est peut-être pas encore suffisamment affaibli pour que des frappes militaires américaines portent un coup décisif, a rapporté NBC News mardi.
Le reportage cite un responsable américain, un ancien responsable américain informé des discussions, une source proche des dirigeants israéliens et deux responsables arabes.
Ces responsables ont conseillé au président Donald Trump – qui envisage une action militaire en réponse à la répression meurtrière des manifestants par Téhéran – de s'abstenir pour le moment de frappes à grande échelle. Certains préfèrent attendre que le régime soit davantage fragilisé, soulignant que la stabilité intérieure de l'Iran évolue rapidement et pourrait basculer de façon spectaculaire dans un sens comme dans l'autre.
Ces discussions, impliquant de hauts responsables politiques et militaires américains, mettent en lumière la complexité des enjeux auxquels Trump est confronté pour évaluer les ripostes américaines possibles. Le président, qui devait rencontrer mardi son équipe de sécurité nationale, a averti que l'Iran s'exposerait à une intervention militaire américaine si le régime continuait de tuer des manifestants.
Un responsable arabe a déclaré qu'il y avait « un manque d'enthousiasme dans la région » quant à des frappes américaines pour le moment. Un autre a averti que « toute attaque ou escalade de la part d'Israël ou des États-Unis unirait les Iraniens », faisant référence à l'effet de ralliement national observé après l'attaque américano-israélienne de juin.
Des responsables israéliens ont indiqué à l'administration américaine que, bien qu'ils soutiennent pleinement un changement de régime en Iran, ils craignent qu'une intervention militaire extérieure ne permette pas d'achever le travail entrepris par les manifestants. Ils ont suggéré d'autres actions américaines pour affaiblir davantage le régime et renforcer le mouvement de protestation avant d'envisager des frappes de plus grande envergure.
Parmi les mesures possibles figurent l'amélioration de l'accès aux communications pour les Iraniens afin de contourner le blocage d'Internet imposé par le régime, le renforcement des sanctions économiques, le lancement d'une cyberattaque ou la conduite d'une action militaire ciblée contre certains dirigeants iraniens, ont indiqué les sources.
Un porte-parole de l'ambassade d'Israël à Washington a refusé de commenter.
Un responsable de la Maison Blanche a déclaré : « Le président Trump dispose de toutes les options pour gérer la situation en Iran. Il prend en compte de nombreux avis sur chaque question, mais c'est lui qui décide en dernier ressort. »
Ce responsable a ajouté que Trump « est un homme de parole », citant l'intervention militaire ordonnée contre l'Iran en juin et la récente opération visant à capturer le dirigeant vénézuélien.
Lundi soir, deux responsables du département de la Défense, s'exprimant sur CBS News, ont indiqué que Trump avait été informé d'un large éventail de capacités militaires et clandestines pouvant être utilisées contre l'Iran, allant bien au-delà des frappes aériennes conventionnelles.
Plusieurs sources proches du dossier ont indiqué que l'équipe de sécurité nationale du président se réunirait aujourd'hui à la Maison Blanche pour examiner les options actualisées concernant l'Iran. On ignore pour l'instant si le président assistera à cette réunion.
Un article du New York Times, citant une source américaine de haut rang, a révélé que le Pentagone avait présenté à Trump un large éventail d'options pour une frappe en Iran, y compris la possibilité de cibler certains aspects de son programme nucléaire.
La source a nuancé cette déclaration en précisant que les options les plus probables à ce stade sont clairement identifiées, comme une cyberattaque ou une frappe contre les forces de sécurité intérieure iraniennes.
Mardi, lors d'une interview accordée à CBS News, Trump a averti que les États-Unis étaient prêts à « prendre des mesures très fermes » si l'Iran commençait à pendre des manifestants antigouvernementaux.
Le président a indiqué être conscient qu'un nombre « assez important » de manifestants avaient déjà été tués au cours des deux semaines de troubles. Selon des sources de CBS News, on craint qu'au moins 12 000 personnes, et peut-être même 20 000, soient mortes.
S'adressant plus tard aux journalistes, après sa visite à Detroit, Trump a déclaré : « Je rentre à la Maison-Blanche. Nous allons examiner la situation en Iran dans son ensemble… Nous obtiendrons des chiffres précis concernant les meurtres. »