D'après deux sources proches des discussions, citées mercredi par Politico, de hauts conseillers du président américain Donald Trump seraient favorables à une frappe israélienne contre l'Iran avant toute offensive américaine.
Ces responsables de l'administration Trump estiment, en privé, qu'une attaque israélienne provoquerait des représailles de la part de l'Iran, ce qui contribuerait à rallier une partie de l'électorat américain à une frappe américaine. Cette stratégie politique repose sur l'idée qu'un plus grand nombre d'Américains accepteraient une guerre contre l'Iran si les États-Unis ou l'un de leurs alliés étaient attaqués en premier.
« Au sein et autour de l'administration, on pense que la situation politique serait bien meilleure si les Israéliens agissaient seuls en premier, et que les Iraniens ripostaient, nous donnant ainsi une raison supplémentaire d'agir », a déclaré l'une des sources à Politico. Les deux personnes ont requis l'anonymat pour décrire des conversations privées.
Face à l'amenuise les espoirs diplomatiques à Washington, la question principale est désormais de savoir quand et comment les États-Unis vont agir. Malgré la volonté d'Israël de prendre l'initiative, le scénario le plus probable serait une opération conjointe américano-israélienne, selon les sources.
La porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a répondu à une demande de commentaire en déclarant : « Les médias peuvent spéculer à loisir sur les intentions du président, mais seul le président Trump sait ce qu'il fera ou ne fera pas.» L'ambassade d'Israël à Washington s'est refusée à tout commentaire.
Par ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté, citant des diplomates et des experts, que le programme nucléaire iranien n'a pas progressé de manière significative depuis la guerre de juin, et notamment depuis l'opération Midnight Hammer, au cours de laquelle les États-Unis ont attaqué trois importantes installations nucléaires en Iran.
Ces informations interviennent à la veille de la visite, prévue jeudi, à Genève des principaux négociateurs de Trump : l'envoyé spécial Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, afin de tenter de conclure un accord avec les Iraniens.
Lors de son discours sur l'état de l'Union mardi soir, Trump a évoqué la question iranienne, affirmant que les frappes menées en juin dernier contre les sites nucléaires iraniens avaient « anéanti » le programme nucléaire du pays. Or, l'Iran a depuis tué plus de 32 000 manifestants et tente de relancer son programme nucléaire. Il a également averti que l'Iran développe des missiles capables d'atteindre l'Europe et, à terme, les États-Unis.
« Nous sommes en négociations avec eux. Ils souhaitent conclure un accord, mais nous n'avons pas entendu ces mots clés : “Nous n'aurons jamais l'arme nucléaire”. Je privilégie une solution diplomatique à ce problème. Mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien du terrorisme au monde de se doter de l'arme nucléaire. C'est inacceptable. »
Mercredi, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré que Washington disposait de preuves que l'Iran tentait de reconstituer son programme nucléaire.
Il a par ailleurs souligné que Trump privilégiait une solution diplomatique avec l'Iran, mais qu'il envisageait d'autres options si cette voie échouait.
« Le principe est très simple : l'Iran ne doit pas posséder l'arme nucléaire. S'ils tentent de se doter de l'arme nucléaire, cela nous pose problème. De fait, nous avons constaté des preuves qu'ils ont essayé de le faire. C'est pourquoi le président envoie des négociateurs pour tenter de résoudre ce problème », a déclaré Vance.
Il a ajouté : « Comme le président l'a répété à maintes reprises, il souhaite régler ce problème par la voie diplomatique, mais il dispose bien sûr d'autres options. »
Selon un article de Politico, malgré les efforts diplomatiques, des proches du président pensent, d'après une première source, que « nous allons les bombarder ».
Les cibles militaires les plus probables comprennent les sites nucléaires iraniens – dont certains ont été touchés lors de frappes américaines en juin dernier – et l'infrastructure de missiles balistiques iraniens, qu'Israël considère comme une menace directe pour sa sécurité, toujours selon cet article.
Quant à une frappe contre le régime lui-même, une « frappe de décapitation » reste une option, qui consisterait à cibler le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Cependant, le gouvernement iranien est structuré de manière à assurer une transition du pouvoir sans heurts, grâce à plusieurs niveaux d'autorité, notamment au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Une telle opération pourrait durer des jours, voire des semaines, et ses conséquences seraient imprévisibles, surtout si la force aérienne est le principal instrument utilisé.