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Halakha : préparatifs pour la table du Séder de Pessah
Halakha : préparatifs pour la table du Séder de Pessah

Se préparer à la veillée du Séder en étudiant le texte de la Haggadah constitue une mitsva, afin d’en comprendre toutes les nuances (Sidour Yaavets).

Par ailleurs, « tout homme sachant étudier sera digne de louange s’il s’efforce de chercher dans les ouvrages d’exégèse des détails concernant les miracles et les merveilles qui se déroulèrent lors de la sortie d’Egypte » (Yessod véChorech haAvoda).

Il convient également de faire dormir les enfants la journée précédant le Séder, afin qu’ils soient attentifs aux enseignements de la Haggada. De même, les adultes devront s’efforcer d’être frais et dispos en prévision de la nuit du Séder, pour éviter que la faim ou la fatigue ne les perturbent (Pélé Yoets).

La table et tous les préparatifs devront être disposés convenablement avant la tombée de la nuit, pour que la soirée du Séder puisse débuter aussitôt au retour de la synagogue (Choul’han Aroukh 672).
 

Le plateau du Séder

Le plateau du Séder est un large plat sur lequel on dispose tous les aliments nécessaires pendant la soirée. Différentes coutumes existent quant à l’organisation de ce plateau. On préparera ce plateau avant la veille de la fête, avant le coucher du soleil. D’autres avis préconisent de le préparer au contraire après la tombée de la nuit, au retour de la synagogue.

On disposera trois matsot sur le plateau. Dans les communautés d’Afrique du nord, on a la coutume de poinçonner les matsot du Séder en fonction de leur niveau sur le plateau : un trou pour la première, deux pour la deuxième et trois pour la dernière.
 

Le vin et les coupes

Pour la soirée du Séder, on choisira un vin agréable au palais, rouge de préférence en souvenir du sang des nourrissons que Pharaon tuait et dans lequel il se trempait. Cependant, si un vin blanc est de meilleur qualité que le rouge, on optera pour celui-ci (Choul’han Aroukh). Par ailleurs, si l’on souhaite colorer le vin blanc en y mélangeant du vin rouge, on le fera de préférence avant l’entrée de la fête. Ceux pour qui la consommation de vin est difficile pourront opter pour du jus de raisin.

On disposera devant chacun des convives des coupes non ébréchées, et l’on optera de préférence pour des coupes en argent (Kaf ha’Haïm). On devra rincer ces coupes avant d’en faire usage. Elles devront contenir au minimum un réviit de vin, et l’on ne choisira pas des verres trop grands dans la mesure où selon certains avis, il convient de boire la plus grande partie du verre que l’on utilise, indépendamment de la quantité d’un réviit.

Un réviit correspond à 86 grammes de liquide selon rav ‘Haïm Naé, et à 150 grammes selon le ‘Hazon Ich. Si l’on boit une quantité inférieure à ces mesures, on ne se rend pas quitte de son devoir et on doit donc boire un verre supplémentaire. Des enfants arrivés à « l’âge de l’éducation religieuse » (entre 5 et 7 ans selon les avis) devront avoir leur propre coupe contenant également un réviit.
 

Les herbes amères

Pour les herbes amères, beaucoup utilisent de la laitue. Il faudra néanmoins prendre garde de la nettoyer convenablement et de vérifier soigneusement qu’aucun insecte n’y loge. En effet, certains insectes ont une couleur quasiment identique à celle de la laitue, et seul un examen minutieux permet de les distinguer. Si l’on n’a pas vérifié les feuilles avant l’entrée de la fête, on pourra le faire pendant la fête, en prenant soin cependant d’ôter les éventuels insectes avec des morceaux de laitues. D’autres coutumes font usage de raifort pour les herbes amères. On devra préparer deux quantités de kazaït [mesure que nous développerons plus loin] d’herbes amères par convives.
 

Le karpass et l’eau salée

Pour le karpass, chacun prendra le légume prescrit par sa coutume : du céleri, du persil, de la pomme de terre ou encore du radis. Lorsque la nuit du Séder tombe Chabbat, on devra préparer l’eau salée la veille du Chabbat. Si l’on a oublié, on pourra la préparer en petite quantité, en la préparant de manière inhabituelle (chinouy). Mais lorsque le Séder tombe pendant un jour de semaine, la majorité des décisionnaires s’accordent à dire qu’on peut préparer l’eau salée même pendant la fête (bien que certains avis se montrent plus stricts, exigeant que même pendant un jour de semaine, on verse d’abord l’eau et ensuite le sel).
 

La ‘harosset

Pour la ‘harosset, on a l’habitude d’employer des fruits auxquels le peuple juif fut comparé, tels que la pomme, la figue, la noix, la grenade, les amandes. On ajoute à ce mélange des épices tel que le cumin pour rappeler le mortier qu’utilisaient nos ancêtres en Egypte pour former le ciment. On y ajoutera également du vin rouge ou du vinaigre, de sorte à lui donner une consistance compacte et épaisse à l’image du ciment (Rama). Les juifs originaires d’Irak et de Lybie ont coutume de mélanger au ‘harosset les fruits suspendus dans la Soucca.
 

L’avant-bras et l’œuf

Sur le plateau du Séder, on placera également deux aliments cuits. Le premier – généralement un avant-bras d’agneau ou de volaille – commémore le sacrifice du Pessa’h, et le second – généralement un œuf – est placé en souvenir du sacrifice de ‘Haguiga. Beaucoup de communautés séfarades ont la coutume de faire griller l’avant-bras et de faire simplement cuire l’œuf ; d’autres coutumes font griller ces deux aliments.

L’avant-bras de la volaille correspond à la patte du poulet, mais beaucoup utilisent les ailes du poulet, pour sa forme évoquant l’avant-bras. On veillera à ce que l’os soit tout au moins partiellement recouvert de viande. On le fera griller directement, sans cuisson préalable (Vayégued Moché). On prendra soin de ne pas dire : « Faites griller la viande du Pessa’h » – auquel cas cela reviendrait à sanctifier la viande –, on évoquera donc davantage la « fête » que le « Pessa’h ».
 

Le « kitell »

La coutume ashkénaze veut que l’on porte un « kitell » [longue tunique blanche] pendant la nuit du Séder, en signe de liberté. Cet habit – semblable au linceul mortuaire – rappelle en outre le jour de la mort, et évite ainsi que la joie de la délivrance ne l’emporte sur la raison (Taz). On ne peut pénétrer dans les toilettes avec le kitell (Choul’han Chlomo). Dans les communautés marocaines, certains ont également l’habitude de porter un vêtement blanc la nuit du Séder.
 

Les sucreries

On dispose des amandes et différentes sucreries sur la table du Séder, pour capter l’attention des enfants (Choul’han Aroukh). On a l’habitude de les leur distribuer en début de soirée (Yaavets).
 

Autres accessoires

Selon des coutumes très répandues, on dispose une grande coupe supplémentaire au milieu de la table en l’honneur du prophète Eliyhaou. On préparera également un sac ou une pochette dans laquelle on introduira le morceau de matsa appelé l’Afikoman.

La coutume veut qu’on prépare pour chaque convive un coussin, sur lequel il pourra s’appuyer au cours de la soirée.
 

La nuit du Séder

La nuit du Séder, chacun est tenu d’accomplir cinq différentes mitsvot, deux par ordre de la Torah et trois par décision rabbinique.

- Consommer la matsa : il s’agit d’une mitsva explicitement ordonnée par la Torah
- Raconter la Haggada : la Torah impose à chacun d’évoquer pour lui-même et de raconter à ses enfants le récit de la sortie d’Egypte.
- Consommer les herbes amères : nos Sages instaurèrent que même après la destruction du Temple, on continue à consommer les herbes amères la nuit du Séder.
- Les quatre coupes de vin : nous sommes tenus, par ordre rabbinique, de boire quatre coupes de vin selon les quantités évoquées plus haut.
- Consommer le ‘harosset : nos Sages imposèrent également que l’on consomme du ‘harosset la nuit du Séder.

Ces cinq obligations sont valables pour l’ensemble des convives, aussi bien les femmes que les enfants arrivés à « l’âge de l’éducation » (Choul’han Aroukh).

Torah Box
L'association de diffusion de la Torah dans le monde francophone www.torah-box.com
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