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Alcool et Cacheroute
Alcool et Cacheroute

Ce n'est sans doute pas par hasard si c'est un français qui s'est intéressé à mettre de l'ordre dans le domaine des alcools permis, et des autres.

Le rav Chemouel Semmelman, originaire de Lyon, ouvre depuis vingt ans dans le cadre de Rabbanouth haRachith de Jérusalem tant dans le domaine de la Kacherouth, en particulier des boissons alcoolisées, que celui de l'inscription des mariages.

Il s'est penché sur la question des alcools, parvenant finalement à établir une importante liste de produits permis, identifiant clairement ceux qui sont autorisés et ceux qui sont totalement interdits.

Le public francophone respectueux de la Halakha sera très certainement particulièrement intéressé à découvrir ces listes et à en comprendre le contenu, ainsi que la manière dont elles ont été établies.

 

Nous sommes donc allés rencontrer le rav Semmelman.

 

Mais avant de laisser parler notre interlocuteur, préparons notre dossier. Il serait gênant d'arriver chez lui sans avoir étudié la question chez soi, non ?

 

Précisons que la seule boisson alcoolisée à poser problème est le vin : s'il a pu servir dans le cadre d'un culte païen, il nous est alors interdit d'une manière absolue. Il peut simplement avoir été touché par un non-juif, et alors il est totalement interdit par nos Sages (Chabbath 17b, en particulier pour éviter la possibilité de rapprochement entre les Juifs et les non-juifs, et les mariages mixtes).

 

Toutefois, un vin cuit sera permis même si un non-juif le touche - s'il s'agit d'une vraie cuisson ; la question de savoir si une simple pasteurisation est suffisante dépend d'avis divergents dans les ouvrages des décisionnaires.

 

Aucun autre alcool n'a été interdit. Si toutefois du vin ou de l'alcool de vin ont été utilisés pour fabriquer de l'alcool, ce produit sera tout naturellement interdit pour la communauté juive. Mais si cet alcool de vin est produit sous surveillance, il sera permis même si un non-juif le touche après distillation.

 

C'est l'exemple classique du cognac, qui n'est autre chose que du vin distillé. Il est distillé, pourquoi est-il interdit ? Simplement et clairement parce qu'il n'est distillé qu'une fois devenu vin sous la main du non-juif, et qu'il n'est transformé en alcool fort qu'après cela.

 

Mais la question est bien plus complexe de nos jours : de nombreux produits font l'objet d'ajouts de toutes sortes, en particulier d'alcool d'autres provenances. Or comme de nombreux vins sont finalement transformés en alcool, il y a lieu de craindre que le produit alcoolisé que l'on achète ne soit en fait fabriqué entièrement ou en partie à base d'alcool de vin, surtout quand le produit n'est pas garanti être «pur grain« ou autres.

 

C'est le cas en particulier du whisky d'origine française, que l'on interdit strictement.

 

Ce n'est toutefois pas tout : dans certains produits rentrent également d'autres composants, dont de la glycérine, en général produite, à base de matière animale. Certains rabbanim de l'étranger considèrent toutefois qu'à la suite de la maladie de la vache folle, le risque que l'on ait introduit des produits à base animale est plus restreint qu'auparavant.

 

A partir de ces quelques éléments, nous pouvons rencontrer le rav Semmelman, et mieux comprendre sa démarche.

 

Q : Une fois la liste que vous proposez consultée, on peut effectivement consommer les produits qui y sont indiqués sans hésitation ?

 

R : C'est l'un des aspects surprenants de notre sujet : d'un côté, nous trouvons des Juifs orthodoxes qui ne consomment aucun produit qui n'ait fait l'objet d'une surveillance consciencieuse et appliquée. Ceux-ci exigent qu'un organisme rabbinique des plus sérieux en garantisse la Kacherouth - et ce, même pour des aliments qui, réellement, semblent sans grand problème. Mais ce même public se fie parfois à des traditions anciennes ou à des habitudes répandues dans certaines communautés, ce qui peut le conduire à consommer des produits alcoolisés qui, dans les autres catégories de produits alimentaires, ne seraient jamais acceptés sans surveillance ! Ainsi, comme vous le voyez, les problèmes ne manquent pas !

 

C'est un phénomène social qu'il faudrait analyser, mais ce n'est pas mon propos. Disons simplement qu'en effet, dans le temps, les produits ne comprenaient jamais de mélange : on faisait de la vodka avec uniquement des pommes de terre, du whisky, avec du blé. Sans parler de la "poire William" ou du kirsch. Mais où en sommes-nous de nos jours ? Comme il y a une surproduction de vin, la fabrication d'alcool de cette origine est très développée. En conséquence, l'alcool de vin peut se retrouver partout.

 

M'obligeant à partir du comportement réel des gens, je me suis intéressé à savoir ce qui était permis, et ce qui ne l'était pas. J'ai découvert de la sorte qu'il s'agissait d'un domaine vaste et peu connu, et que de surcroît le public faisait de graves erreurs dans certains cas. Dans d'autres, il se privait de produits sans problème, et les éviter peut dans certaines circonstances mettre les gens dans des situations délicates.

 

Q : Le lecteur concerné ira consulter la liste qui paraît sur votre site. Mais peut-on dire qu'il existe des produits réellement sans problème ?

 

R : Dans la mesure où la loi interdit totalement tout ajout d'un autre alcool dans certains produits, au risque de faire perdre totalement sa renommée au contrevenant, il est admis qu'un alcool comme le rhum des Caraïbes, le gin blanc d'Angleterre, la Tequila blanche pure agave du Mexique soient permis. Il en sera de même pour le Calvados. Toutefois, un responsable de Kacherouth, qui voulait donner son tampon à une certaine production de Calvados, a abandonné cette idée, parce que juste avant de produire de cet alcool, l'entreprise avait produit du cognac. Inutile de préciser que cela posait un grand problème pour le produit suivant. Ceci est un exemple des écueils que l'on peut rencontrer dans ce domaine, sans que l'on puisse le savoir - sauf si la chance veut qu'un surveillant s'en rende compte, mais surveillant il faut.

 

Q : Mais peut-on également trouver dans cette longue liste de produits alcoolisés des alcools réellement placés sous surveillance rabbinique ?

 

R : Oui, le Beth Din rabbinique de Londres - très actif dans le domaine des alcools, sans doute parce qu'il est situé au centre de la production européenne de boissons fortes - assure la surveillance de nombreux produits de grande renommée. Il est en de même pour le «OU» américain [Orthodox Union].

 

D'autres produits sont considérés comme étant tolérés par tel ou tel Beth Din, et c'est sur ces avis que j'ai construit ma liste.

 

Distillerie Mais attention : le fait que l'on peut trouver certains produits sous garantie ne signifie absolument pas que toute la production est valable ! Il existe du Martini, une marque de vermouth italien, sous surveillance, mais on peut trouver des gens qui iront acheter du Martini sans la moindre surveillance, qui est alors totalement interdit - c'est du vin pur et simple !

 

Certains boivent de l'Ouzo, mais seules certaines sortes sont permises, alors que d'autres sont basées sur du vin et sont totalement interdites.

 

Il faut aussi savoir que certaines liqueurs peuvent être 'Halavi ! Dans ce cas, l'alcool qu'elles contiennent est fabriqué à partir de petit lait, ou de sous-produits de fromages. Sans parler de questions de 'Halav 'Akoum (lait non surveillé), ou Guevinath 'Akoum (fromages fabriqués par un non-juif), problèmes plus graves puisqu'alors ces alcools sont alors à proscrire après des repas de viande.

 

D'un autre côté, il est sans doute important de faire savoir à votre public que certains produits ne sont résolument pas Kacher : le Rhum Negrita, le Smirnoff green apple (le Grand rabbinat de Londres permet les autres sortes, mais celui-là est interdit, sans doute du fait de la présence de substance interdite), le Grand Marnier, la Bénédictine B&B, le kirsh fantaisie, la chartreuse sans parler de tous les cognacs et armagnacs tels que le Rémy Martin, le Courvoisier et le Hennessy.

 

Pour expliquer un peu plus la complexité de la chose, citons un exemple qui concerne deux sortes d'anisettes : le Pernod et le Pastis. Le Beth Din de Londres considère que le premier est permis sans problème, mais pas le second. Pourtant la différence de goût est minime. Je me suis trouvé dans un restaurant, et j'ai constaté que le Pernod coûtait quatre fois plus cher que le Pastis, ce qui m'a amené à mener enquête. Le résultat : le Pastis est le produit de la distillation de feuilles d'anis dans un alcool sans goût, alors que le Pernod provient de la distillation directe de feuilles de cette plante, sans alcool ajouté. De ce fait, le premier est de loin moins cher que le second, mais tant que l'on ne sait pas quelle est l'origine de l'alcool utilisé, le produit restera interdit, car la majeure partie des alcools provient du vin. Ajoutons que le Pernod n'a droit à cette appellation que s'il est fabriqué selon la forme traditionnelle.

 

Q : Vous avez laissé le whisky pour la fine bouche.

 

R : Oh, le whisky ! Certains sont totalement interdits, d'autres sont tout à fait valables, et entre les deux.

 

Mais le whisky a ses lettres de noblesse dans la Halakha : depuis de longues années, les plus grands décisionnaires contemporains (rav Moché Feinstein et rav Yits'haq Weiss) se sont penchés sur sa qualité sur le plan de la Halakha, et une grande discussion a éclaté dans ce domaine. La question : peut-on boire un alcool qui a été vieilli dans des fûts de vin ? Avec comme questions sous-jacentes celles de savoir si ces tonneaux ont été achetés parce qu'il n'y avait rien d'autre, ou parce qu'ils étaient les moins chers - ou alors est-ce qu'on les prend parce que l'on veut avoir implicitement le goût de vin dans l'alcool qui sera contenu dans ces fûts ? Se greffent sur cela les discussions des décisionnaires classiques (Choul'han 'Aroukh Y. D. § 114) lorsque du vin a été mélangé à de l'eau - auquel cas le pourcentage permis est de 1/6, soit 16,66 %. Dans ce cas de figure, la question sera de savoir si un tel mélange est permis également quand un vin se mélange à d'autres boissons, ou, dans notre cas si le bois du tonneau dans lequel est contenu le goût de vin représente un volume de moins de 1/6 par rapport au reste du whisky qui se trouve dans le fût.

 

La conclusion de rav Moché Feinstein est de permettre le whisky malgré la présence d'un goût de vin. Le rav Weiss craint que la raison pour laquelle les distillateurs de whisky prennent des fûts de vin est qu'ils tiennent à ce que leur production ait ce goût, ce qui rend leur production totalement interdite (même à 1/1000) ! Toutefois, il arrive à une conclusion permissive pour une autre raison, exigeant toutefois qu'il n'y ait pas plus que 1/6 de produits interdits.

 

L'affaire se complique cependant du fait que de nos jours, pour les whiskys »single malt« (basés sur une seule sorte de grain) hauts de gamme, on utilise une technique de double maturation, qui consiste à remettre le whisky vieilli quelques trois ans dans des fûts sans problèmes halakhiques dans des tonneaux de vin, uniquement dans le but de leur faire acquérir cet arrière-goût de vin, ce qui complique leur identité sur le plan de la Halakha et pose problème même d'après le Dayan Weiss.

 

Mais attention : tout ceci n'est valable que pour les whiskys d'origine écossaise. Ailleurs, les critères de fabrication du whisky ne sont pas stricts, et tout est possible. Pour la petite histoire, un des Dayanim de France m'a raconté qu'au Japon, une distillerie d'alcools a décidé de fabriquer du whisky sous licence étrangère: les mois suivants, il n'était plus possible de trouver en Europe d'alcool de vin sur le marché.

 

Q : Et que signifie "blended" dans le cas du whisky ?

 

R : Cette appellation concerne les grandes marques de whisky que tout le monde connaît : Johnnie Walker Red Label, J&B, Chivas, quand 90 % des whiskys sont "blended". Il s'agit simplement de mélanges de quelque 40 sortes de single malt. Or on n'a aucune idée de l'identité des single malt qui compose ces blendeds, ni quant aux fûts dans lesquels ils ont été vieillis, et il faut s'en tenir à des estimations à leur égard. Sans rentrer dans le pourquoi des choses, je suis arrivé à la conclusion que les plus jeunes whiskys sont permis, ceux d'environ 15- 18 ans le sont moins, et les plus vieux sont plus problématiques.

 

Ajoutons encore un élément : dans une distillerie, on peut avoir plusieurs whisky en provenance de futs sans problèmes, mais on ne peut pas encore pour autant conclure que toute la marque soit permise. En effet, certains whiskies sont permis, d'autres exclus. Une partie des Bowmore peut répondre aux critères de permissivité de manière bien large ce qui n'est plus le cas avec un Bowmore 12, 15 ou 25 !

 

Alors, que conclure ? Nous l'ignorons, mais espérons avoir permis au lecteur de mieux comprendre ce sujet, oh combien important dans notre communauté, et de l'avoir convaincu qu'il faut demander à son rav comment se conduire !

10 commentaires
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Envoyé par Cecile_004 - le Dimanche 13 Décembre 2009 à 12:06
C´est bon, tu nous as saoulé lol Rigole
Envoyé par Elie_010 - le Dimanche 13 Décembre 2009 à 12:19
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Envoyé par Cecile_004 - le Mardi 15 Décembre 2009 à 14:01
Voyons Cecile, c´etait de l´humour, j´y ai même mis un lol au cas ou, tu parlais d´alcool alors.. bon ok Embarrassé
Envoyé par Elie_010 - le Mardi 15 Décembre 2009 à 14:47
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Envoyé par Cecile_004 - le Mercredi 16 Décembre 2009 à 10:37
Merci, Bonne fête de Hanouka Cecile
Envoyé par Elie_010 - le Mercredi 16 Décembre 2009 à 11:08
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Envoyé par Cecile_004 - le Mercredi 16 Décembre 2009 à 14:34
Non pas à lier. Rigole
Envoyé par Elie_010 - le Mercredi 16 Décembre 2009 à 15:10
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Envoyé par Cecile_004 - le Vendredi 18 Décembre 2009 à 16:48
À quand un quatrieme, pour le nez, qu´on en finisse avec leurs singeries? Embarrassé
Envoyé par Elie_010 - le Samedi 19 Décembre 2009 à 20:08
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Dernière mise à jour, il y a 36 minutes